Rédaction garantie sans alcool ni psychotrope...
Pour l’observateur attentif des rapports de force à venir, les derniers murmures de couloirs et annonces officielles à effet atomique inquiètent autant qu’elles interpellent. La conclusion coule de source, aussi tranquillement que le tumultueux fleuve Yangtse : préparons l’interopérabilité du futur, apprenons le mandarin !

En effet, et jusqu’à la prochaine décision concernant la variable d’ajustement favorite des écorcheurs de budgets, le contrat opérationnel français est à un niveau sensiblement équivalent à celui du partenaire d’infortune, la perfide Albion. Et je suis prêt à mettre quelques yuans surévalués dans des paris portant sur les réductions à venir d’autres armées européennes. Il est si simple de faire passer l'amère pilule surtout si le voisin fait de même.
Les indigestes documents de référence nous font miroiter le chiffre de 30 000 hommes pour une opération sans préavis et sans relève. Or quant on sait qu’avec 8 700 personnels en opérations pour octobre 2010, la chaudière militaire française est à deux doigts d’exploser, il y a tout de même une sacrée distorsion entre les effets d’annonce et le monde réel. La friction capacitaire aurait pu dire Clausewitz.
Et le rôle de bon samaritain de service des États-Unis ? Ne pas y compter. Dans dix ans, le recrutement de GI’s arrivant encore à rentrer dans un « petit » treillis XXL sera encore plus complexe à réaliser qu’aujourd’hui. Au rythme où va leur modèle de société de consommation, heureusement qu’il y a l’appoint à venir des exosquelettes et des mules robotisées.
Ainsi, pas plus tard qu’en 2020, c’est auprès du général chinois Liu Xi-Jiang, commandant la Force Intérimaire des Nations-Unies au Tadjikistan (FINUT) et la 13ème Division d’Infanterie Mécanisée de l’Armée Populaire de Libération que les galonnés/étoilés européens iront prendre leurs consignes.
Quel bonheur que d’influencer la prise de décision au sein de l’état-major de l’opération Restore Fuel ! Profil bas de rigueur quand Pékin aura décidé de taper du poing sur la table et sur la tête des tireurs à l’AK-47 (de fabrication chinoise d’ailleurs) sévissant dans la région et empêchant que le pétrole d’Asie Centrale arrive jusqu’à sa façade maritime.
En effet, avec une masse critique, aussi impressionnante qu’hétéroclite, les petits porteurs européens auront difficilement une voix au chapitre du conseil d’administration du concert des nations. Il sera difficile de se faire entendre au siège pékinois du futur G1 (par analogie avec le G2, G8, G20, G140, etc.).
Vous me pensez utopique ? Sans doute croyez-vous au discours politco-hippie que nous lisons dans le Petit Livre Blanc sur la Défense de la Chine. Dans quelques années, l’envoi de navires de guerre au large de la Somalie sera analysé comme un des premiers indices de la projection de la puissance chinoise, mantra qui en 2020 sera une banalité géopolitique.
Utopique que l’APL envoie deux à trois fois plus d’hommes que les armées européennes dans la FINUT ? Elle est déjà capable d’aligner pour des simples exercices à ses marges plusieurs milliers d’hommes sous la bannière de l’OCS. Alors quand ses intérêts vitaux et son approvisionnement en énergies seront menacés, les gros bataillons seront de sortie.
Combien de temps encore avant d’avoir à dire au général Xi-Jiang : à vos ordres ? Fort peu au rythme des décisions. Courbette de circonstance, signature avec des pictogrammes, bafouille mandarine et rire jaune sont à apprendre. Avant même de juger si c’est une bonne ou une mauvaise chose, il va déjà falloir s’y faire.













