jeudi 23 juillet 2015

Lecture - Comprendre l'arme du Génie (par Christophe Lafaye)

Il y avait déjà eu des publications sur les capacités de la cavalerie (voir ici et ) ou sur les hélicoptères et les hommes de l'ALAT (voir ici et ), il semble y en avoir une récente sur les capacités de l'artillerie (une prochaine lecture ?). Toutes ces publications, chacune dans leur style - très différent, permettaient de mieux comprendre ce que sont les armes, au sens de subdivisions par spécialités de l'armée de Terre française.


Aujourd'hui, un vide est comblé avec la publication du numéro d'Histoire et Stratégie sur l'arme du Génie de 1945 à nos jours, rédigé par Christophe Lafaye, officier de réserve et doctorant (militaire et chercheur, donc ! Si si, ils en existent bien, et ils produisent en plus !), que vous avez déjà pu lire ici au sujet des sapeurs français au combat en Afghanistan.

Si le Génie ne détient peut-être pas le titre de l'arme la plus méconnue des armées, force est de constater que l'ensemble de ses capacités (et elles sont nombreuses, comme le montre la lecture de la revue) ne sont pas forcément toutes connues, que cela soit celles liées au combat (déminage, franchissement...), à la sécurité (unités d'instruction et d'intervention de la sécurité civile, pompiers de Paris...), ou aux infrastructures.

jeudi 16 juillet 2015

Parrainage et jumelage - De l'intérêt des Autres...

Les efforts internes pour accroître l’efficacité des armées françaises tendent à atteindre un optimum au regard des circonstances actuelles (budget consacrable, rythme opérationnel, idées nouvelles, etc.). Les risques encourus avec ces réformes sont dans de nombreux cas supérieurs aux avantages possibles. Il serait donc nécessaire de développer, ou du moins étudier avec plus d'attention les opportunités offertes par l’autre levier, la croissance externe, pour poursuivre dans le champ lexical financier.

Des relais de croissance au service de la finalité opérationnelle

Il ne s’agit pas pour les armées d’acquérir stricto sensu d’autres armées étrangères (ou d’autres services de sécurité, par exemple) dans le cadre d’une OPA organisationnelle agressive. Cela consisterait plutôt à renforcer les relations avec d’autres acteurs de nature politique (littéralement, des parties prenantes de la vie de la cité) et d’autres unités étrangères, qu’elles aient d’ailleurs des caractéristiques proches de celles des armées françaises ou plus éloignées (dès lors qu’elles peuvent être complémentaires).

Il serait évidemment inexact de présenter de telles recherches de partenariats comme de réelles nouveautés. Ils sont néanmoins aujourd'hui, à première vue et à de rares exceptions, parfois sans cohérence d’ensemble, reposant plus sur des initiatives locales de commandants d’unité (et donc plus sensibles aux mutations et aux accointances personnelles), ou alors empreintes du poids de l’Histoire et ne dépassant pas le cadre, intéressant mais non suffisant, de la mémoire partagée et de l'héritage commun.

Concrètement cette croissance externe passe soit par le parrainage qui est le rapport privilégié établi entre une collectivité territoriale (commune, département, région, etc.), plutôt française mais pas forcément, et une unité (bâtiment, régiment, escadron, etc.), soit par le jumelage qui est le lien noué entre unités de différentes armées (au sein des armées françaises, comme entre le BPC Mistral et le 1er REC) ou (ce qui est plus intéressant dans le cadre de ces quelques lignes) avec des unités de pays différents dans le cadre d’accords de coopération.

jeudi 2 juillet 2015

Irak - Parce qu'il est loin de n'y avoir que des aviateurs dans l'opération Chammal (addendum) (+MAJ)

Depuis près de 6 mois, des militaires français issus d’unités conventionnelles entraînent, forment et conseillent des militaires irakiens (et/ou kurdes) directement sur le territoire irakien, principalement dans les environs de Bagdad et d’Erbil. Trois mois après la rédaction d’un premier point sur ce volet particulier de l’opération Chammal (cf. ici et ), où en sont-ils ?
 
Contrairement à d’autres pays européens qui n’hésitent pas à mettre en avant l’action de leurs formateurs (Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, même l’Allemagne…), ne limitant pas la couverture des opérations aux seules frappes aériennes et missions de renseignement, les autorités militaires françaises n’accordent pas d’autorisation de reportages sur le sujet (pourtant plusieurs fois demandées par des journalistes). Les informations restent donc parcellaires.
 

Pourtant, avec le départ mi-avril du Golfe Persique du groupe aéronaval autour du porte-avions Charles De Gaulle, et avant son très probable retour dans la zone (probablement avant la fin de l’année), les formateurs présents sur le sol irakien (hors forces spéciales, rarement comptabilisées) représentent, en étant de l’ordre de 130 militaires (et potentiellement jusqu'à 200), presque 20% des effectifs de l’opération Chammal. Un nombre de personnels issus de l'armée de Terre, loin d’être anodin.

Cet effort place la France dans le milieu de la liste des contributeurs, derrière les Etats-Unis avec 3.350 militaires déployés (instructeurs et responsables de la Force Protection) ou les pays ayant envoyés quelques 200 à 300 militaires comme l’Australie, la Grande-Bretagne (275) ou l’Espagne, au même niveau que ceux qui sont entre 100 et 200 comme le Danemark, l’Italie, la Nouvelle-Zélande ou le Canada, et devant ceux qui sont moins d’une centaine comme l’Allemagne, la Belgique (30) ou la Norvège.