dimanche 15 décembre 2013

Centrafrique : pourquoi ne pas envoyer la Gendarmerie nationale ? (+ MAJ 1 + 2)

Quelles sont les raisons qui empêcheraient le déploiement d'éléments de la Gendarmerie nationale, en particulier d'escadrons de gendarmes mobiles (EGM), dans le cadre de l'opération Sangaris ? 


La réponse apportée à la grave crise à Bangui et dans de larges territoires de la République centrafricaine (RCA) gagnerait à être complétée par des acteurs autres que ceux des trois armées. La France tirerait des bénéfices certains de la spécificité de cette autre composante des forces armées.

Des gendarmes déjà présents...

Ce déploiement de gendarmes se ferait en plus de celui déjà effectif de : 
  • la prévôté (police judiciaire au sein des armées présente dès lors qu'une force interarmées est déployée en opérations extérieures) ;
  • des éléments en charge de la protection des intérêts français (de l'ambassade de France à Bangui et de certaines autres emprises) ;
  • des gendarmes de la coopération technique et structurelle auprès de la gendarmerie et de la police centrafricaine dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité (RSS). 

mardi 10 décembre 2013

Publication - 45 ans d’opérations militaires françaises en RCA (CDEF)

La dernière livraison de la Lettre du RETEX du CDEF (téléchargeable ici en PDF) est consacrée à un retour sur 45 années d’opérations militaires françaises en Centrafrique, alors que se déroule l’opération Sangaris. Par rapport à l'article rédigé sur Mars Attaque il y a quelques semaines, des ajouts ont été effectués, notamment sur les événements les plus récents qu'a connu la RCA.
 
http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/content/download/4953/68228/file/08_45_ans_en_RCA.pdf
 
Via un format court (de 5 à 8 pages), les "Lettre du Retex" (cf. ici) sont des notes exploratoires et réactives, puisant dans les sciences et les expériences les plus diverses pour éclairer l’actualité tactique. Le CDEF (Centre de doctrine d'emploi des forces) est un organisme rattaché auprès du chef d'état-major de l'armée de Terre qui vise à assurer la cohérence du corpus doctrinal de l'armée de Terre.
 
 
Merci au colonel Goya (La Voie de l'Epée) de m'avoir offert l'opportunité de cette publication, surtout pour un organisme auprès duquel j'ai passé, il y a quelques temps, 2 enrichissantes années.
 
Je présente mes condoléances aux familles et aux camarades des 2 militaires tués au combat ce matin. Je ne peux qu'inviter les lecteurs à rester mobilisé lors de l'annonce des dispositions pour l'hommage national qui sera leur sera rendu, notamment en cas d'invitation à venir se recueillir au passage de leur convoi sur le pont Alexandre III (Paris). Nous ne vous oublions pas !
 
 

L'un,  le marsouin de 1ère classe Antoine Le Quinio, avait 22, l'autre, le marsouin de 1ère classe Nicolas Vokaer, avait 23 ans. Ils avaient moins de 3 ans de service et déjà 2 à 3 MCD (missions de courte durée) et OPEX (opérations extérieures) au compteur. Aujourd'hui, ils sont morts pour la France au combat. Retenons cette image d'une belle jeunesse française !

samedi 7 décembre 2013

La coopération militaire française avec l'Afrique : un changement dans la continuité ? (+ MAJ)

Hier, lors de son allocution en ouverture du Sommet de l’Elysée sur la paix et la sécurité en Afrique, le président de la République (cf. le verbatim) a longuement évoqué les apports de la coopération militaire française (et dans une moindre part, européenne) en Afrique. Certains, découvrant sans doute ce qui est fait depuis des décennies dans ce cadre, n’ont pas manqué d’évoquer la rupture que le discours présidentiel apporté. Sachons raison garder, et revenons brièvement sur le changement dans la continuité que ses orientations apportent.
 
 

Café AGS : guerre et environnement, avec Jean-Michel Valantin (le 12/12/13 - Paris 7ème)


lundi 2 décembre 2013

Kidal - Attention danger : retour de l'inefficience ? (+ MAJ)

Si il est extrêmement restrictif de ne retenir que ce qui se passe à Kidal pour juger de la situation dans le Nord du Mali, force est de constater que cette localité concentre les attentions, influençant le regard porté sur la rémission pleine d'embûches du Mali. Espace-symbôle par excellence, Kidal est le lieu où une partie des militaires, notamment français, pourraient renouer avec des missions caractérisées par l'inefficience, l'outil militaire ne pouvant se substituer à l'absence d'avancées visibles dans d'autres domaines.


Kidal, l'exemple d'un espace symbole

Située au Nord du Mali dans le massif de l’Adrar des Ifoghas, presque à équidistance entre le cercle de Gao et la frontière avec l’Algérie, la ville de Kidal est un de ces "espaces-symboles" qui cristallisent l’attention politique et médiatique des audiences locales, nationales et internationales (cf. sur Géographie de la ville en guerre). C'est un "espace-scène" de la violence symbolique où chaque acteur se donne à voir, comme l'explique Bénédicte Tratnjek.

samedi 23 novembre 2013

Vers une opération militaire française en RCA qui n’est pas une première (+MAJ 1, 2 et 3)

Alors qu’une opération militaire est en passe d’être très prochainement déclenchée par la France (et ses partenaires) en République centrafricaine (RCA), retour sur quelques-unes des précédentes opérations menées dans ce pays d’Afrique centrale ces quatre dernières décennies. Loin d’être un panorama complet, cette rapide rétrospective est surtout centrée sur quelques unes des problématiques rencontrées par les forces armées françaises durant ces opérations, qui, pour certaines, peuvent apporter des éclairages sur les fins et les moyens de l'opération Sangaris très prochainement lancée. 


Séance de tirs avec des parachutistes camerounais de la MICOPAX (RCA)

Le 15 août 1960 (soit quelques jours après la proclamation de l’indépendance), la France et la RCA signent un accord de défense, relativement contraignant. A l’origine, cet accord est quadripartite, incluant la RDC jusqu’en 1972 et le Tchad jusqu’en 1976. En 1966, un accord de coopération militaire et technique avec la RCA complète ce premier accord, en étant plus centré sur la montée en puissance des Forces armées centrafricaines (FACA). Depuis cette date, la RCA invoque plusieurs fois la clause d’assistance en cas d’agression extérieure contenue dans l’accord pour demander l'aide de la France. 

Cela conduit la France à intervenir à plusieurs reprises, en plus d’assurer de manière quasi-permanente la formation et l’entrainement des FACA, notamment de la Sécurité présidentielle (devenue depuis Garde présidentielle). Pour le volet opérationnel de cette assistance, des DIO (Détachements d’instruction opérationnels) assurent l’instruction, tandis que des DAO (Détachements d’assistance opérationnels) soutiennent les différentes unités des FACA lors de certaines opérations.
 

mercredi 20 novembre 2013

250.000 Bleuets de France distribués en 2013 contre 50.000 en 2012 : bravo et merci ! Maintenant, Noël !

La campagne 2013 du Bleuet de France lors du 11 Novembre a été un beau succès. Ainsi, 250.000 bleuets (remis en l'échange de dons) ont été distribués en France en 2013, contre 50.000 en 2012.
 
Ce fût possible grâce à la mobilisation d'un grand nombre, responsables politiques et militaires, sportifs professionnels et aussi citoyens qui ont participé à cette œuvre de solidarité et de mémoire.
 
 
Le nombre d'unités des armées ayant participé à cette action caritative a été multiplié par 10 entre 2012 et 2013. Bel engagement !
 
Comme il est rappelé du côté de l'École de Guerre (très mobilisée pour cette campagne), c'est bien, mais l'année prochaine, grâce à tous, l'objectif à atteindre est 1 million de bleuets. Et c'est possible !
 
A réitérer donc, et à tenir dans la durée pour être ambassadeur du Bleuet de France tout au long de l'année afin de préparer l'année prochaine. Les anciens combattants et leur famille le méritent.
 
 
J'en profite pour vous signaler le lancement, comme chaque année depuis quelques temps, de l'opération Nuntius Belli de Noël 2013.
 
Organisée par le site Theatrum Belli, elle permet de faire parvenir aux militaires en opérations extérieures un courrier à Noël.
 
Rendez-vous ici (à droite) ! Ne les oublions pas, ils comptent sur nous !

samedi 16 novembre 2013

Philippines - La France est-elle une puissance en Asie-Pacifique ?

Il y a déjà plus d’une semaine, le "super typhon" Haiyan touchait les Philippines, avant d’atteindre, avec une puissance moindre, le Vietnam puis la Chine. Faisons l'économie de la contextualisation car la presse a massivement investi le sujet, tant il n'existe aucune autre affaire (hormis, depuis hier soir, la défaite de l'équipe de France de football en Ukraine, grande cause nationale du moment qui vaut bien une course aux reportages).


De la réaction française à cette catastrophe qui a lieu à quelques milliers de kilomètres d’un bout de terre français, il n’y aura que peu d’échos. Normal. Il y a bien peu de choses à dire sur la diplomatie humanitaire française. Ou plutôt si. Il y a une grande question à poser : existe-t-il encore une diplomatie humanitaire en France ? Définie comme une diplomatie mobilisatrice autour de causes humanitaires, autour de causes humanitaires, elle vise à faciliter l’accès aux victimes, faire accepter les différents acteurs de l’aide, coordonner sur le terrain cette aide, etc.

mardi 12 novembre 2013

Quai d'Orsay : mais en fait, ils sont terriblement humains au Quai, non ?

Article garanti sans spoiler
 
Alors que les 2 tomes de la bande-dessinée "Quai d'Orsay" avaient trouvé leur public à leur sortie en 2010 et 2011, ces dernières semaines, les commentateurs étaient pourtant prudents, voir légèrement sceptiques, à l'annonce d'une adaptation au cinéma. "Mouais", "J'attends de voir", "Encore une adaptation", etc.
 
Au final, le résultat, sans être phénoménal (des changements de rythme parfois un peu surprenants), est vraiment pas mal. Ce film sur les hommes et les femmes qui sont acteurs de cette diplomatie n'a aucune prétention, et c'est louable, à être une profonde réflexion sur le pouvoir. C'est bien une comédie à regarder comme telle et dont l'humour promet quelques bons moments.


 

mardi 29 octobre 2013

Inventorions l'inventaire de Yvan Stefanovitch sur la Défense française

Il est parfois heureux qu'un regard neuf décortique un sujet donné, bousculant par son approche les critiques émises par des spécialistes qui ne se renouvellent pas. Cela est d'autant plus vrai pour la Défense. Du fait même de sa raison d'être (faire face aux risques et menaces affectant la Nation), de son importance pour la communauté nationale, et de sa part dans le budget (plus de 13% du budget général de l'État en comptant les pensions, c’est à dire 41,27 Md€ sur 299,32 Md€ en 2013. En dépit de sa diminution constante tant en valeur qu’en volume, ce budget représente un réel effort dont il est légitime d’analyser l’utilisation.
 
 
C'est ce que propose dans son dernier ouvrage, avec un beau blindé M1 Abrams américain en couverture,  YvanStefanovitch, journaliste d'investigation ayant déjà passé au crible d’autres institutions (le Sénat, les régions, etc.). Néanmoins, un regard critique s'impose vis-à-vis de ce "devoir d'inventaire". Il n'est pas question ici de défendre l'indéfendable et d'annoncer, à tort, l'absence de gabegies dans la gestion des précieux deniers du  budget de la Défense. Les dérapages financiers de certains programmes d’armement, les interminables réformes menées en confondant vitesse et précipitation ou le calvaire connu par certains avec le logiciel Louvois doivent plutôt conduire à un regard exigeant.

dimanche 27 octobre 2013

L'oeuvre du Bleuet de France : solidarité et devoir de mémoire

Cette année encore, l'Ecole de Guerre (organisme pour préparer les officiers supérieurs des trois armées et de la Gendarmerie Nationale à tenir des postes de hautes responsabilités) participe à la relance de l'oeuvre du Bleuet de France. Une journée de grande collecte nationale aura lieu le 9 novembre pour cette oeuvre datant, sous cette forme, de 1934.


Cette oeuvre vise à améliorer les conditions de vie des anciens combattants des différentes "générations de feu" (la 1ère génération était ceux de 14-18, la 2ème pour ceux de 39-45, d’Indochine et de Corée, la 3ème pour les anciens d’Algérie et la 4ème pour les opérations extérieures récentes) et de leurs familles (veuves et pupilles de la Nation), ainsi que d'éveiller les consciences des jeunes générations

Après une année 2012 qui a permis à quelques 31.000 bénévoles de collecter un peu plus de 1 million d'€ de dons qui ont permis de venir en aide à 10.064 personnes et d’organiser plus de cinq cents événements mémoriels pour les jeunes générations partout en France. L'objectif de cette année est évidemment de faire plus grâce à vous.

jeudi 24 octobre 2013

Humour - La rédaction du dernier Livre blanc et l'industrie européenne de Défense

Ce sont les vacances et les permissions (du moins pour certains...), il est donc permis de proposer de la saine détente à ses lecteurs. Merci à ST pour ces trouvailles issues de la série Kamelott qui permettent de mieux comprendre de manière didactique et en quelques minutes les relations entre politiques, militaires et industriels en France.

1/ Comment se sont déroulées les discussions autour des moyens du modèle d'armée 2025 lors de la rédaction du récent Livre blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale ? Vous reconnaissez dans cette vidéo certains membres du cabinet du ministre de la Défense, des militaires de l'Etat-major des armées ainsi que certains représentants des industries de l'armement... ;-)




vendredi 18 octobre 2013

Opération Serval au Mali : l'homme, instrument premier du combat...

A la suite du reportage d'Envoyé Spécial (France 2 - cf. ici pour le revoir en Replay), retour sur un article publié en mars 2013 sur l'Alliance Géostratégique qui tentait d'apporter quelques clés de compréhension sur des images alors fournis par le ministère de la Défense sans commentaires.
 
Il a été principalement rédigé par le colonel Michel Goya (La voie de l'épée), votre serviteur ne se contenant d'apporter que quelques compléments plus généraux de contexte. Vous noterez que les images commentées ci-dessous ont d'ailleurs été reprises dans le reportage de France 2.
 

"Alors que l’opération Serval au Mali est en cours, la communication du Ministère de la Défense et les moyens de capture vidéos et de transmissions modernes permettent au public d’avoir accès très rapidement à des informations provenant directement du terrain. Par exemple, notre allié Abou Djaffar usait d’une telle vidéo dans un article, par ailleurs passionnant, pour appuyer ses propos.
 
Deux autres alliés, Cidris et Electrosphère, profitant de cette prose sage mais parfois si délicieusement acide, en profitèrent pour visionner la vidéo. S’ensuivit un débat autour d’une question commune : Que voit-on ? Que se passe-t-il ? En effet, comme vous le savez bien, Cidris et Electrosphère développent leurs meilleurs qualités bien au chaud dans un bon fauteuil, clavier et souris à la main devant leur Linux préféré mais pas nécessairement le FAMAS à la main dans les zones désertiques du Mali.
 
Nous gageons que cette ignorance vaut également pour une bonne partie du public qui, n’étant pas militaire, ou peu familier avec les méthodes et les spécificités du combat d’infanterie, peut ignorer l’action et n’y voir qu’un groupe de soldats « tirant sur tout ce qui bouge ». Ce type de commentaire, qui semble ignorer la notion même de mise en perspective, n’est pas rare sur les sites de vidéos.
 
Fort heureusement, AGS est une somme de connaissances inexploitées et l’auteur de la Voie de l’Epée a bien voulu nous donner les clés des actions et évènements observés, et répondre à nos questions :
  • Comment les militaires savent-ils où tirer ?
  • Comment repèrent-ils les ennemis ?
  • Comment se protègent-ils ? Comment opèrent-ils ?
  • Comment le chef du groupe de combat définit-il les mouvements et déplacements qu’il explique dans le véhicule ?

jeudi 17 octobre 2013

Les guerres de demain, dans Politique étrangère (3/2013)

Politique étrangère, la plus ancienne revue française de débats et d'analyses sur les grandes questions internationales (depuis 1936 tout de même...) confirme son aptitude à rester jeune en regardant vers l'avenir via un  important dossier central sur la guerre de demain, et notamment les drones, dans sa dernière livraison.
 
 
Les premières contributions reviennent sur l'avenir de la guerre, notamment via une approche statistique poussée où se conjuguent chiffres et constats pour conclure que les conflits armés entre États sont globalement en baisse, mais que la violence n'a pas pour autant disparu et sera notre présent (Dominique David), la guerre changeant de visage et se "désétatisant" (Charles-Philippe David). Les constats offrent des perspectives sur un certain nombre de points : le modèle de l'Etat, la paix à atteindre, etc.