vendredi 14 juin 2019

L’embuscade de Tongo Tongo (Niger) vue côté français

Le 4 octobre 2017, une patrouille américano-nigérienne tombe dans une embuscade à Tongo Tongo (au Sud du Niger). Le bilan est lourd : 4 membres des forces spéciales américaines sont tués et 2 sont blessés sur les 11 américains présents (+1 interprète local), 5 militaires nigériens sont également tués et près de 8 sont blessés sur la trentaine présente. Dès le 17 octobre, une vaste enquête est lancée par le commandement américain en charge de la zone, AFRICOM, pour en comprendre les causes et les responsabilités, ainsi que déterminer les enseignements (une vingtaine au final) et les voies d’amélioration pour éviter que cela ne se reproduise.

Plusieurs versions de rapports d’enquête sont rédigées, et certaines sont en partie publiées : une première en mai 2018, et plus récemment début juin 2019, après une réouverture de l’enquête centrée sur les responsabilités, les récompenses et les sanctions nécessaires. Ces rapports sont publiés sans les sources primaires malheureusement (photos, entretiens, transcrits radios, annexes, etc.), contrairement à d’autres rapports similaires réalisés précédemment. Ils sont en grande partie "redacted", c’est-à-dire en cachant les informations les plus sensibles. Ils n’en sont pas moins intéressants, notamment pour tout ce qui concerne l’intervention des militaires français, venus au secours de cette patrouille prise sous le feu.
Pour mener ce travail, les enquêteurs ont menés une série d’entretiens qui les ont conduits notamment dans des implantations françaises de la zone : Niamey (Niger), N’Djamena (Tchad) ou Ouagadougou (Burkina Faso). Parmi les 143 témoins et acteurs interrogés, il est indiqué que les enquêteurs ont interrogé ou reçu les témoignages de pilotes de Mirage 2000, du JFAC (structure de commandement et de conduite des opérations aériennes de la zone, basée à Lyon-Mont-Verdun) et d’autres acteurs français non précisés. Plongée dans les lignes qui suivent dans une masse d’acronymes et de terminologie militaire (pas loin de 10 pages de glossaire pour 176 pages de rapport) pour tenter d’éclaircir le volet français. Notons que les horaires sont donnés en heure locale au Niger (GMT +1).

Cadre général : Ordre, contre-ordre, (tragique) désordre

Pour fixer le cadre, des éléments de l’Operational Detachment-Alpha 3212 du 2nd Battalion, 3d Special Forces Group compose, avec quelques renforts, la Team Ouallam (Ouallam étant le lieu où ils sont basés). Une patrouille formée avec leurs partenaires nigériens (qu’ils s’emploient à former, conseiller et accompagner sur le terrain) appuie une opération de contre-terrorisme contre un chef ennemi (lié à l’État islamique dans le Grand Sahara). L’effort principal devait être mené par une autre unité nigéro-américaine de forces spéciales (dite Team Arlit). Une succession d’événements fait que la mission est modifiée (les hélicoptères Super Huey de la Team Arlit devant rebrousser chemin), et la Team Ouallam est désignée comme l’unité menante de la mission qui se déroule vers Tiloa (Sud du Niger).

Entre les différents niveaux de commandement (AOB Niger - Advanced Operations Base à Niamey, Niger, SOCCE - LCB ou Special Operations Command and Control Element à N’Djamena, Tchad et SOCFWD-NWA - Special Operations Command Forward - North and West Africa, basé à Baumholder, Allemagne), le partage des informations sur cette réorientation est loin d’être optimal (un des grands pans de l’enquête). SOCCE-LCB, qui jouera un rôle ensuite, est le point focal pour la coordination et la synchronisation des opérations américaines conventionnelles et spéciales sur place. Pour sa part, une AOB est un élément léger qui sert de base pour le soutien et les communications.


Si un campement abandonné (objectif North) est bien trouvé le 3 octobre, le chef recherché s’est envolé. Les moyens ISR de renseignement - des drones non armées, ils ne seront armés que plus tard dans la zone - ne sont pas capables alors de le relocaliser. La Team Ouallam décide alors de regagner son camp de base le matin du 4. Le retour se fait sans couverture de drones, l’Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance Tactical Controller (ITC) ré-orientant à partir de 08H15 le drone vers une possible piste du chef recherché. Pour que leurs partenaires nigériens prennent leur repas et recomplétent leurs stocks d’eau, la patrouille s’arrête dans un premier village. Faute d’eau disponible, ils poussent jusqu’au village de Tongo Tongo, qui lui disposerait d’un puits. Village qu’ils quittent à 11h30 après avoir discuté avec les autorités locales (lors d’un KLE ou Key Leader Engagement).

La patrouille combinée, composée de 8 véhicules type 4x4 non blindés, est prise à partie à quelques centaines de mètres du village vers 11h40 par une force ennemie, supérieure en nombre, puisqu’elle se révèlera être composée de 50 à 75 combattants, selon les enregistrements des drones. C’est alors le premier engagement de cet élément depuis leur arrivée dans la zone le mois d’avant.

Les interminables premières heures, seuls

11H30 : départ du village en convoi.

11H40 : premiers coups de feu. La Team Ouallam transmet à la radio "Troops in Contact" (TIC) sur un réseau surveillé par l’AOB, SOCCE et SOCFWD-NWA. Ils fournissent alors leurs coordonnées GPS.

11H40 - 13H00 : après avoir tenté plusieurs fois de manœuvrer, contre-attaquer, fixer et déborder leurs adversaires, le convoi est coupé en plusieurs éléments. Une partie réembarque pour trouver une position plus favorable, avant d’être bloqué par le terrain boueux et à nouveau prise à partie par des adversaires présentées comme "nombreux, organisés, disciplinés, et lourdement armés".

12H33 : Pensant être submergés et ne pas pouvoir gérer par eux-mêmes, l’unité recontacte alors pour la première fois (53 minutes après le premier tir) leur hierarchié, et demande une assistance. Le rapport note alors que "Communication between the team on the ground and U.S. forces at different commands became increasingly confused and disjointed".

Il est fait écho par certaines sources, de presse, de l’envoi du signal "Broken Arrow", qui conduit, en cas de situation critique, et avant d’être submergé, à se préparer aux derniers combats, et à détruire une partie de ses équipements radios pour ne pas qu'ils tombent aux mains de l’adversaire (ce qui a pu compromettre les communications sol-air, comme nous le verrons plus tard).

13H00 : la partie du convoi encore en vie rejoint la position dite Alamo, formant ce qu’il pense être un dernier carré de défense. Le chef du détachement communiquera alors à plusieurs reprises à l’AOB une demande d’évacuation sanitaire (9-Line MEDEVAC Request) et l’état de son équipe. Le 9-Line est un message normé OTAN qui permet de transmettre les 9 informations nécessaires à l’évacuation d’un blessé : localisation, nombre de blessés, états, mesures d’identification au sol, etc.

13H00 - 15H54 : les survivants tiennent cette position défensive d’Alamo.

13H09 : un 1er drone américain, non armée, en mission ailleurs, est réorienté et commence à survoler le lieu des combats.

L’opérateur du drone peut à distance établir une communication avec l’équipe au sol. A partir de ce moment-là, une conversation sous forme de tchat dit "Microsoft Internet Relay Chat" (“mIRC chat”) réunit les opérateurs des moyens ISR, l’AOB et les autres postes de commandement.

13H11 : un 2nd drone, qui a décollé de Niamey suite à l’annonce du TIC, orbite au-dessus de la zone.

La cavalerie (française) arrive

+/- 12H33 : l’opération Barkhane est prévenue de la demande d’assistance (13H00 selon certaines sources françaises, soit plus d’une heure après le début de l’accrochage). L’alerte est passée par SOCCE qui dispose d’un officier de liaison co-localisé au sein de la TF Barkhane à N’Djamena.

+/- 13H08 : 2 Mirage, un 2000D (selon les images des drones fournies) et un 2000C, d’alerte à Niamey, décollent en direction du lieu des combats situés à 110 miles (soit environ 30 minutes après l’alerte).

Peu de temps avant, et premier élément ami sur la zone, un hélicoptère Gazelle nigérien (qui avait décollé à 12H53) arrive. Il se met en retrait à une vingtaine de kilomètres du lieu d’affrontement, en force de réaction rapide, à la demande des Mirage français qui souhaitent ainsi faciliter la déconfliction de l’espace aérien (gérer les espaces d’évolution de chacun).

13H20 : 1er show of force réalisé (soir 12 minutes après le décollage et 47 minutes après la notification), un passage à basse altitude et haute vitesse pour effrayer les adversaires, comme un avertissement avant d’éventuels tirs. Il est réalisé avant d’avoir pu établir une quelconque communication avec le sol.

13H25 : 2nd show of force réalisé.

La Team Ouallam tente de communiquer avec les appareils français ("callsign redacted") pour demander du soutien aérien (close-air support), mais, et sans que cela soit explicité pourquoi, "they were unable to establish communications", conclut laconiquement le rapport. Cette impossibilité de communiquer empêche les pilotes français d’assurer "une identification positive" et de déterminer la position précise des survivants, ce qui, selon les règles d’engagement en vigueur pour les militaires français, empêche de délivrer de l’armement en étant certain de ne pas toucher les forces amies. Et pourtant comme le soulignera le chef d’état-major américain, le général Dunford, les Mirage comme les autres appareils avaient l’autorisation de conduire des frappes en soutien de forces américaines.


13h30 : la demande d’évacuation sanitaire est alors considérée comme pleinement formulée.

13H35 : une autre plateforme ISR est en vol au-dessus de la position Alamo, et, pour le coup, établit la communication avec les 2 Mirage en vol.

Il faut imaginer durant ce laps de temps, particulièrement long, les échanges radios (avec latence pour les échanges montants-descendants), et sans doute via des relais intermédiaires, entre les opérateurs des drones américains et les pilotes français pour tenter d’identifier formellement les positions (coordonnées, à la vue, etc.). Une éternité pour les pilotes et co-pilotes qui tournent au-dessus de la zone, et qui doivent gérer sans nul doute une certaine frustration de ne pouvoir plus agir.

Les hélicoptères rentrent dans la danse tragique

14H44 : les hélicoptères en charge de l’évacuation sanitaire décollent de Gao (Mali), soit 1H environ après la demande d’évacuation.

Il s’agit de 2 modules EVASAN composés d’hélicoptères de transport (type Puma ou Couguar) qui emportent en plus du pilote, co-pilote et mécanicien de bord, une équipe médicale composée d’un docteur et d’un infirmier, et d’une équipe de protection (fournie généralement par le groupement de commandos de montagne - GCM) pour sécuriser la zone de poser. Selon certaines sources de presse (non confirmées par le rapport), ces hélicoptères embarquent également quelques éléments américains (Green Berets).

14H58 : 3ème show of force, cette fois-ci au-dessus de la posiiton Alamo, enfin bien identifié. L’ennemi rompt "rapidement" le contact, de peur sans doute que la prochaine action soit une frappe, et quitte la zone, selon les images des drones.

15H19 : 4ème et dernier show of force.

Si 4 shows of force seront réalisés, les membres de la Team Ouallam se souviennent de 2 à 3 passages, notamment les derniers qui seront plus proches de leur position, alors que les premiers ont lieu au-dessus des positions de l’accrochage initial, déjà quittées.

15H54 : l’équipe entend la présence d’hélicoptères français, qui ne semble pas voir la patrouille, ce qui conduit des éléments de l’équipe à sortir des couverts où ils étaient pour se faire identifier.

Les premiers briefings du Pentagone révèlent la présence d’hélicoptères d’attaque Tigre "in the vicinity" à ce moment-là (qui seront complètement absents des rapports finaux). Le fait qu’ils soient peut-être fournis par les forces spéciales (qui en disposent alors) pourrait expliquer pourquoi ils ont ensuite disparus des rapports (seuls les moyens conventionnels français restants mentionnés).

Faute de moyens de communication adéquats avec l’équipe au sol, les hélicoptères cherchent pendant 40 minutes à identifier formellement la position Alamo.

+/- 16H30 : les hélicoptères français en charge de l’évacuation sont dans la zone.

Pendant ce temps-là, pour se faire repérer et identifier positivement, un militaire américain sort des bosquets où il est caché et agite le drapeau américain qu’il porte, "traditionnellement" roulé sur son gilet de combat.

Sortir de l'enfer...

+/- 16H30 : un convoi nigérien présent depuis quelques temps (mais attendant des consignes) et ayant lui aussi répondu à l’appel à l’aide, arrive dans la zone. Selon une version non décrite dans le rapport, un Tigre aurait alors procédé à des tirs de semonce pour écarter deux hommes qui se trouvaient en lisière d’arbres, les Forces armées Nigériennes (FAN) tirent à leur tour contre des hommes au sol avec leurs armes lourdes (DShK). L’échange dure 48 secondes, avant qu’il ne soit arrêté après une identification des survivants en face. Aucun nouveau blessé n’est signalé. Les FAN déjà au sol permettront ensuite de sécuriser la zone de poser.


16H55 : les hélicoptères de transport français se posent non loin de la position Alamo. Sans être très explicite, le rapport note que "Task Force BARKHANE’s ability to effect a landing on an uncertain landing zone was based on their standard […] package", laissant beaucoup de blancs et de questions sur ces procédures (et leurs inconvénients/avantages) à se poser dans des zones non sécurisées.

Les équipes de protection (au nombre "redacted") opèrent avec les FAN du convoi de secours. Pendant qu’un périmètre de sécurité est formé et la zone reconnue, les hélicoptères redécollent, pour ne pas rester au sol, vulnérables. Le commandant français s’entretient alors avec les membres de l'équipe pour évaluer la situation, et les forces françaises s’occupent des blessés, et les conditionnent pour leur évacuation.

Les membres de l'équipe OUALLAM discutent d'un plan pour revenir en arrière et conduire des recherches des militaires manquants, après avoir échangé des stocks de munitions avec les militaires français. Néanmoins, les militaires français indiquent qu’ils ne sont là que pour évacuer le personnel et qu'ils ne resteraient pas au sol. Le chef d’équipe américain estime donc qu’avec 4 membres valides, il est mal équipé pour rester sur le terrain.

17H15/35 : les hélicoptères se posent à nouveau, la zone étant claire. Les Français chargent un blessé américain avec un blessé nigérien dans un hélicoptère, et le reste de l’équipe et un soldat nigérien dans l’autre. Les hélicoptères redécollent, 31 minutes après avoir touché terre. Et regagnent Niamey. Durant le vol retour, le personnel médical français fournira des soins médicaux d’urgence aux blessés. A l’arrivée, l’équipe est recomplétée en matériel et nourrie, avant de rejoindre le poste de commandement américain pour réfléchir à la suite des opérations.

18H53 : les Mirage quittent la zone après 5H30 de présence, et plusieurs ravitaillements en vol.

L’opération de recherche franco-nigéro-américaine

16H41 : le poste de commandement en Allemagne lance une opération de Personnel Recovery, alors que des militaires américains sont encore manquants.

18H00 : SOCCE - LCB approuve le déploiement de la Team Arlit (alors repliée à Niamey) sur la zone. Il décolle à bord des 2 Super Hey. L’équipe sera soutenue par 3 drones et 1 appareil de renseignement.

A Arlit (Aguelal), des forces françaises (conventionnelles et spéciales) sont également stationnées, et peuvent avoir participé, notamment pour le volet spécial, aux opérations, sans être mentionnés.

18h25 : les 3 premiers corps américains sont trouvés par les forces nigériennes au sol.

19H00 : la Team ARLIT est sur zone et commence les recherches.

21H00 : l’équipe poursuit les recherches, et trouve plusieurs traces des combats.

Sans précision sur le volume de forces française concerné, le porte-parole de l’Etat-Major des Armées indiquera que" L'opération nigérienne est en cours, Barkhane a été sollicitée".

02H16 : l’équipe ARLIT rejoint les membres des FAN sur place et indique être à court d’eau, de nourriture et de batteries (notamment pour leurs jumelles de vision nocturne). L’AOB Niger envoie un Super Puma, de location, les ravitailler et les exfiltrer de la zone pour qu’ils rejoignent le camp de base à Ouallam (en 2 rotations), ce qui est chose faite à 05h40. Ce mouvement laisse alors uniquement les FAN sur place, dans un bivouac situé à quelques kilomètres du lieu de l’embuscade. Depuis les airs, par contre, les recherches se poursuivent pour localiser le militaire manquant. SOCAFRICA détermine qu’en absence de renseignement précis sur la présence ou non d’ennemis, il y a trop de risques à laisser les forces américaines sur zone avec les forces françaises (à la composition non précisée). Le corps du dernier américain sera finalement retrouvé par des habitants le 6 octobre.

Finalement, plus le temps passe, plus dans les rapports, l'apport des forces partenaires est légitimement moins le point focal. Et moins leur action est au centre des analyses et description des faits (en plus de, sans doute, d'une volonté de ses forces partenaires de moins en moins apparaître, voir de demander à ce que des parties soient "redacted", par soucis de discrétion).

De la (pas toujours simple) coordination franco-américaine

Dans la bande sahélo-saharienne, la coopération franco-américaine reposait alors sur des protocoles d’accords bilatéraux (US & FRENCH PR Personnel Receovery Memorandum Of Understanding - MoU), déclinés en procédures opérationnelles, notamment d’échanges d’informations, dont la mise en œuvre est facilitée par la présence d’officiers de liaison (LNO : Liaison Officer). Les opérations dans la zone sont décrites comme : "African led, French assisted, and U.S. supported".

Deux points conduisent à ce que de larges extraits sur ces questions ne soient pas publiés : la sensibilité politique, avec notamment la présence de partenaires (dont la France) qu’il ne serait pas convenable de désigner comme en cause en n’assumant pas ses propres erreurs, et le fait qu’une partie des moyens impliqués le sont par les forces spéciales françaises (hélicoptères notamment, et hommes au sol). Par exemple, “See Annex 5 for additional details on the French response and PR efforts”, sans que cette annexe ne soit disponible. Néanmoins, il est possible de tirer un peu le fil de la pelote.

La réarticulation de la mission en cours de route n’a pas conduit au partage d’informations avec les partenaires. Un concept d’opérations (CONOPS) explicite le déroulé de la mission et l’articulation des moyens disponibles ainsi que les procédures de mises à disposition, notamment les moyens de partenaires (français, nigériens…). En plus d’être en grande partie un copier-coller de précédentes missions, il n’a pas été modifié en cours de mission, par facilité et pour éviter d’avoir à être validé par un niveau hiérarchique trop élevé. Notamment des autorités supérieures à l’AOB Niger qui sont pourtant à même de partager et prévenir les partenaires présents dans la zone. Ainsi, selon le rapport, la présence de la patrouille n’est donc pas connue des militaires français.

Le rapport est sans appel quand il indique : “The acting AOB Niger commander failed to coordinate for emergency CASEVAC and personnel recovery support with French and Nigerien partner forces prior to operations, even though they were identified in the CONOPS “PACE” (Primary, Alternate, Contingency, Emergency) plan”. Si le premier CONOPS de la mission initiale liste les moyens français (en plus de moyens nigériens et de moyens civils dans le cadre d’un contrat passé par AFRICOM avec Berry Aviation) dans les plans d’évacuation, il ne semble pas que cela soit allé plus loin : "Team OUALLAM and AOB Niger did not conduct pre-mission coordination with French forces".

La présence d’officiers de liaison au sein de la Force Barkhane (et sans doute au moins un membre des forces spéciales US, mentionné, au sein aussi du poste de commandement des forces spéciales françaises, même si cette partie est "redacted") permettra de lancer les processus de coordination et de déclencher l’envoi de moyens : "Their ability to communicate with the French based on an established relationship provided Team OUALLAM with the necessary support from French Air Forces that ultimately saved lives".

Au sol, le manque de protocoles de communication air-sol (même en cas d’urgence), la possible destruction de certains moyens de communication par l’équipe et l’absence de moyens d’identification font perdre de précieuses minutes : "Although Team OUALLAM could hear French helicopters circling above, they soon learned the French pilots could not locate the team. […] As French aircraft circled above, the team left their Alamo position, moving by foot towards a suitable Helicopter Landing Zone (HLZ) to their northwest. The team remained in contact with U.S. forces [XXX] (personal AN/PRC-152s communication systems) through the ISR platform and attempted to communicate with French aircraft. They formed a hasty security perimeter as they attempted to wave down the circling aircraft”.

En conséquence, le rapport recommande plusieurs points sur ces aspects de coordination préalable et de communication, notamment que SOCAFRICA mette en place des procédures garantissant une pré-coordination suffisante dès lors que les forces partenaires sont listées dans les concepts d’opérations. Que SOCAFRICA continue à développer des relations avec les forces françaises pour pouvoir les inclure dans la planification initiale autant que possible. Dans la planification, la présence des forces non co-localisées avec les forces américaines doit autant que possible remonter vers les commandements hauts pour partager les points de situation, et s’assurer que les informations fournies aux officiers de liaison sont à jour. Cela permettra aux forces partenaires de savoir ce qui est attendu d’eux. Enfin, alors que les équipages américains n’avaient jamais interagis jusque-là avec les forces françaises (Mirage ou moyens ISR français, de type non préçisé), il est préçisé que : "A familiarity with French capabilities and an understanding of communications procedures (reinforced through exercises) would have significantly enhanced U.S.-French ISR support or possible […] on 4 October 2017".

Autant d’avis partagés par les militaires français, "la coordination pourrait être meilleure" indiquait un militaire français au Monde peu de temps après. Le commandement de Barkhane de l’époque disant pour sa part avoir "bien l’intention de travailler davantage avec les Américains". Ainsi, comme le dit le rapport : "Despite the lack of coordination, the partner forces responded. This type of quick response cannot be left to chance”.

L’épais brouillard de guerre

Deux points enfin méritent d’être relevés pour montrer toute la difficulté de ce genre d’opérations.

Durant les opérations d’évacuation puis de recherche (MEDEVAC + PERSONNEL RECOVERY), le rapport note que des signaux de détresse émis par les moyens d’identification (« beacons », « SHOUT Nano hits » ou « comms hits ») sont signalés, causant de la confusion, en plus de se révéler faux. Il est noté que "As Team ARLIT moved through the TIC site, French helicopters from [origine non préçisée] were flying overhead. The French aircraft used [système non préçisé] to pinpoint the location of (XXX] to Team ARLIT’s ground forces”. Plusieurs faux échos sont relevés et conduisent à mener des operations de levers de doute : “At one point, French pilots believed they had the location of where a SHOUT Nano beacon was transmitting. The Rescue & Search team nearest the […] scoured the ground around the […] and only discovered a single FAN helmet”. Au final, aucun signal n’est reçu de l’unique système SHOUT Nano-Iridium (un moyen de tracking basé sur du satellite, dit moyen FFT - Friendly Force Tracker) en état de marche, sur 3, de l’équipe Oualam. Le rapport conclut que ni la technologie ni les capacités de ces équipements ne sont bien compris en-dehors de certaines cellules en charge des missions PR. Cette incompréhension a causé de la confusion, et de mauvaises déçisions : “The confusion also resulted in ISR platforms being directed to different locations, at least once by ISR platform, to investigate these reports”. Cela conduit aussi à déployer des moyens pour réaliser des reconnaissances au sol ou depuis les airs : "French personnel and equipment were unnecessarily placed at risk based on those inaccurate reports".

Second point, la gestion des réseaux et la discipline des transmissions n’a pas toujours conduit à une situation claire, notamment dans l’usage du tchat collaboratif dit Microsoft Internet Relay Chat (parfois dit Military Internet Relay Chat), capable de faire parler via des courts messages opérateur de drone (parfois à plusieurs milliers de kilomètres, et troupes au sol, en incluant dans la boucle d'autres opérateurs (comme des appareils de renseignement) : "The benefits of mIRC can also be its flaw. To the extent mIRC allows for flattened communications and shared understanding". Mais un mauvais usage peut conduire à ajouter de la confusion : "improper use of the mIRC battle management tool reduced situational awareness, caused confusion, and resulted in a disjointed crisis response. The battle management tool used during the TIC was mIRC, an Internet Relay Chat client for Windows that is a fully functional chat utility. It is used […] to develop shared understanding of the battlefield across the entire battlespace. The main mIRC channel window used during the TIC […] was created by the ISR Tactical Controllers (ITCs) in the SOCAFRICA JSOAC soon after the TIC was declared. This soon became the de facto Operations mIRC channel and at times had [X] members monitoring and commenting in the channel. […] There was no control or oversight […] Misinformation flourished and delayed attempts at gaining situational awareness. Legacy mIRC handles caused confusion”. Ainsi plusieurs rapports erronés de pertes circuleront, ou des comptes rendus sur le déroulé des opérations avec des nombres inexacts de personnels évacués par les hélicoptères français.

Reconnaissance américaine appuyée

Le 23 février 2018, lors de la remise d’une première version de l’enquête, le général Thomas D. Waldhauser, U.S. Marine Corps, Commander, U.S. Africa Command, indique clairement : “I want to recognize the unhesitating response to this attack by our French and Nigerien partners whose actions most certainly saved U.S. and Nigerien lives. […] The French and Nigerien aerial and ground response was instrumental in saving the lives of the remaining team members”. Le qualificatif “instrumental” étant repris à plusieurs reprises. Le rapport indique plus loin : “The French support efforts on 4 October 2017 were immediate and effective”.

Lors de leurs auditions, chaque membre survivant de la Team Ouallam indiquera clairement que les show of force des Mirage français leur ont sauvé la vie. Pour sa part, un militaire nigérien indiquera “They were running away from the planes. The enemy actually went back to the woods to hide from the planes. I saw them with my own eyes”.


Une vidéo récapitulative réalisée par le Pentagone explique que 15 appareils et 53 militaires français ont participé aux opérations. Au mieux, 7 appareils sont décrits dans le rapport : 2 Mirage, 2 Tigre, 2 hélicoptères de Transport, 1 moyen ISR. Et moins de la moitié des militaires peuvent être identifiés : 15 des équipages, une 15aine également pour l’équipe d’évacuation, un nombre indéterminé pour l’équipe de recherche. Les autres moyens pouvant être des unités spéciales (voir autres), ainsi que des moyens logistiques indirectement concernés, non décrits dans le rapport.

Le rapport arrive à la conclusion que les morts et les blessés le sont tous avant que les moyens français n’arrivent sur les lieux, voir pour la majorité avant que le chef de patrouille n’exprime explicitement une demande d’appui et d’évacuation. De plus, US AFRICOM conclut que, pour les militaires morts, les blessures subies étaient toutes mortelles sur le coup ou à très court terme, sans que le manque de capacité d’évacuation médicale disponible immédiatement ne puisse changer le cours des choses. Quant aux blessés américains : “Both Soldiers wounded in action sustained injuries that were managed expeditiously by members of the Team before being evacuated by partner forces […] PR/CASEVAC assets available in Niger were able to evacuate wounded Soldiers in sufficient time to receive emergency care”.

Pour tout cela, dans la première version du rapport publié en mai 2018, l’état-major AFRICOM indique qu’il évaluera le rapport d’investigation et fera des recommandations pour reconnaître au mieux le comportement individuel et collectif de militaires et unités françaises (et nigériennes), qui pourraient être récompensés pour leurs actions en soutien des forces américaines. A ce jour, et sans que cela permette de conclure que cela n’été pas été le cas (discrétement), aucune trace ne permet de rapporter des décorations ou lettres de félicitations pour ses forces partenaires.

24 commentaires:

Anonyme a dit…

Fini Tongo Tongo, les forces spéciales américaines vont opérer près de la zone des trois frontières:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/04/19/afrique-21080.html

Anonyme a dit…

Trump aura mis le bazar dans tous les domaines et mis le Pentagone en PLS plusieurs fois pendant son mandat:
https://www.lepoint.fr/afrique/terrorisme-pourquoi-l-armee-americaine-veut-elle-se-retirer-d-afrique-13-01-2020-2357548_3826.php

L'AFRICOM va déménager:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/07/31/l-africom-demenage-et-toujours-pas-en-afrique-21363.html

Quand à l'avenir de la base américaine élevée à grands frais d'Agadez, il est en ballottage:
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/08/14/un-drone-americain-s-ecrase-dans-le-nord-du-niger_6048936_3212.html

Anonyme a dit…

Pour les fans de forces spéciales américaines:
http://atavist.mg.co.za/inside-the-secret-world-of-us-commandos-in-africa

Anonyme a dit…

La revendication de cette action a pris deux ans:
https://www.actuniger.com/societe/15136-tongo-tongo-le-groupe-etat-islamique-au-sahara-eigs-revendique-l-attaque-contre-une-patrouille-de-l-armee.html

Depuis il y a eu d'autres méfaits:
https://www.jeuneafrique.com/798540/politique/niger-le-groupe-etat-islamique-dans-le-grand-sahara-revendique-lattaque-qui-a-tue-18-soldats/

https://www.france24.com/fr/20200918-meurtre-d-humanitaires-au-niger-l-afrique-est-désormais-l-épicentre-du-jihad


Le terrorisme étant un mode d'action qui bénéficie hélas aussi d'un transfert de spécialistes et de transmission de savoir-faire:
https://infoguerre.fr/2020/09/transferts-de-savoir-faire-domaine-terroriste/

Anonyme a dit…

Vivement novembre 2020, que l'on soit fixé:
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20200927-l-engagement-américain-sahel-reste-intact-assure-washington

Anonyme a dit…

Le modèle américain qui consiste à s'inspirer du privé et à tout contractualiser même pour la guerre va très loin:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/09/01/950-millions-de-dollars-pour-former-3500-operateurs-des-forc-21402.html

Anonyme a dit…

La jonction entre les différentes franchises islamistes a eu lieu:
https://www.lemonde.fr/blog/filiu/2020/09/27/lorganisation-etat-islamique-a-loffensive-en-afrique/

Les États-Unis s'appuie dans cette partie du jeu sur deux États: l'Algérie et le Soudan.
https://www.lefigaro.fr/international/pourquoi-le-scenario-du-soudan-differe-de-celui-de-l-algerie-20190412

Passons rapidement sur l'Algérie qui se rearme en même temps que le Maroc et qui est dans le camp turc pour la crise libyenne:
https://www.lorientlejour.com/article/1234303/tunis-et-alger-reclament-a-nouveau-une-solution-politique-en-libye.html

Le Soudan fait partie des 7 pays à déstabiliser dans le plan de "regime change" établi par les néo-conservateurs américains qui a commencé par l'Irak en 2003:
https://www.jeuneafrique.com/845957/economie/le-soudan-etrangle-par-sa-dette-et-par-les-etats-unis/

Il ne faut pas croire que quelques femmes sur un marché ont réussi à deboulonner Omar al- Beshir, ce sont les militaires qui s'en sont chargés et la suite et en faveur des demandes américaines:
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20200505-soudan-nouvel-ambassadeur-nommé-états-unis

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/09/25/attentats-contre-des-ambassades-des-etats-unis-en-afrique-le-soudan-dit-avoir-reuni-les-indemnites_6053558_3212.html

Dont une qui a du mal à passer dans la population:
https://orientxxi.info/magazine/soudan-israel-etats-unis-le-grand-jeu-de-la-normalisation,4104

En Somalie, autre guerre sans fin, les États-Unis se disputent le leadership des militaires avecla Turquie, elle-même en bisbille avec l'influence des Émirats arabes unis dans ce pays éclaité.

Au Mozambique, c'est autre chose...
https://t.co/WmROijSSsN?amp=1

Anonyme a dit…

Pour la dispute du leadership entre américains et turcs sur l'armée somalienne:
https://www.africaintelligence.fr/afrique-est-et-australe_politique/2020/09/08/bras-de-fer-americano-turc-sur-la-formation-des-bataillons-somaliens,109604220-ar1

Un pays qui exporte des mercenaires en Libye du côté du GNA, soutenu par la Turquie et le Qatar:
https://atalayar.com/fr/content/le-qatar-et-la-turquie-pourraient-recruter-plus-de-5-000-somaliens-pour-combattre-dans-la

Complétés par ceux recrutés en Syrie:
https://www.lemonde.fr/blog/filiu/2020/06/07/guerre-de-mercenaires-entre-la-russie-et-la-turquie-en-libye/

Apparemment un bon produit, puisqu'ils sont également utilisés pour le Haut-Karabakh:
http://www.opex360.com/2020/09/28/la-turquie-est-soupconnee-davoir-envoir-envoye-des-combattants-syriens-en-azerbaidjan/

Anonyme a dit…

Les États-Unis accélèrent en Afrique:
https://www.lefigaro.fr/flash-actu/le-chef-du-pentagone-se-rend-au-maghreb-pour-evoquer-la-cooperation-antidjihadiste-20200928

Le Maroc poursuit notamment avec eux la mise à niveau de ses matériels, en miroir avec l'Algérie:
https://www.bladi.net/armement-maroc-achats,74324.html

Les foucades du locataire de la maison Blanche ne donnent des migraines qu'à ses subordonnés, pas aux entreprises US:
https://warontherocks.com/2020/09/making-the-u-s-militarys-counter-terrorism-mission-sustainable/

Anonyme a dit…

Au passage, ils ramassent des contrats:
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/10/01/le-chef-du-pentagone-signe-a-tunis-un-accord-de-cooperation-militaire_6054336_3212.html

Anonyme a dit…

"Mets de l'huile, dans la vie, il faut que ça glisse" (la coopération, comme les contrats):
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/10/03/afrique-les-huiles-du-pentagone-debarquent-21495.html

Anonyme a dit…

Côté américain, lerapport envoie du lourd:
https://www.cnas.org/publications/reports/working-case-study-congresss-oversight-of-the-tongo-tongo-niger-ambush

La privatisation de la guerre a des effets sur les méthodes l'armée américaine:
https://warroom.armywarcollege.edu/articles/security-cooperation/

Un tour d'esprit qui ne cherche pas à gagner ni les coeurs, ni les esprits quelque soit le fuseau horaire:
https://taskandpurpose.com/opinion/blackwater-mercenary-iraq-war

Anonyme a dit…

Il ne faut pas sous-estimer la valeur des opérateurs US, une embuscade tendue par l'ennemi est un cauchemar pour ceux qui la subisse.

Le savoir-faire déployé notamment pour la libération de l'otage au Nigéria montre le haut niveau de ses hommes:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/10/31/un-otage-us-libere-par-des-commandos-des-navy-seal.html

Anonyme a dit…

Avec les moyens ISR des États-Unis, il y a une efficacité accrue au Sahel:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/11/05/coup-de-vent-ou-de-torchon-en-bss-avec-l-ops-bourrasque-21590.html

Anonyme a dit…

On dirait que ça redevient tendu survla hiérarchie des moyens FS à Washington:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/12/04/quoi-de-neuf-du-cote-des-us-special-operations-forces-21679.html

Anonyme a dit…

Des opérations sans que l'etat-major ne soit au courant, ça arrive beaucoup apparemment chez les américains.

On en parle que lorsque cela se passe mal (souvenirs avec un pays dont on parle un peu en ce moment):
https://theatrum-belli.com/chronique-culturelle-du-9-decembre/

Anonyme a dit…

L'entraînement des green berets est revisité vers des conflits haute intensité:
https://www.thedrive.com/the-war-zone/37923/the-army-is-training-specialized-companies-of-green-berets-to-crack-hard-targets

Anonyme a dit…

Dans toutesles grandes organisations humaines, on retrouve les mêmes problèmatiques:
https://warontherocks.com/2020/12/the-marines-and-americas-special-operators-more-collaboration-required/

Anonyme a dit…

La zone de Tongo-Tongo est encore plus dangereuse aujourd'hui:
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210102-niger-des-dizaines-de-villageois-tués-dans-deux-attaques-jihadistes

Anonyme a dit…

Plus que les morts, ce sont les déplacés qui font partie des buts de guerre des djihadistes: plus ils sont nombreux et plus le mécontentement augmente:
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210110-niger-des-milliers-de-déplacés-après-les-massacres-dans-la-région-de-tillabéri

Plus le mécontentement augmente, plus les GAT recrutent...

Anonyme a dit…

Une zone bien plus dangereuse que les trois frontières:
https://mobile.twitter.com/julesdhl/status/1356653814598803461

L'année 2020 a été très violente, malgré les cartons faits sur les GAT:
https://mobile.twitter.com/julesdhl/status/1354467516320460804

Pour le moment, on attend de voir ce que décide Washington pour ses activités militaires en Afrique:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/01/29/sahel-21841.html

Anonyme a dit…

Les forces spéciales comme réponse à toutes les problématiques, ça rappelle quelque chose...
https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2021/04/how-special-ops-became-the-solution-to-everything/618080/

Anonyme a dit…

Toujours bizarre les rapports des opérateurs des forces spéciales avec la régulière, ou l'inverse:
https://mobile.twitter.com/evil_SDOC/status/1379750626758946816

Anonyme a dit…

Les forces spéciales US sont présentes dans la region des trois frontières, mais viennent de plus en plus souvent nous visiter:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/04/19/de-rota-espagne-a-niamey-niger-22057.html