samedi 24 février 2024

Patrimoine - Il faut sauver l'obusier de la Cour d'Honneur de l'Hotel des Invalides

Avant le CAESAR en 155 mm ou le canon modèle 1897 en 75 mm, la France est à l'origine de quelques références de tout premier ordre dans le domaine de l'artillerie, véritable savoir-faire français historique.

C’est le cas avec l’obusier en bronze, dit "à la Villantroys", dont les performances à l’époque, au tournant des années 1800, en font une arme particulièrement impressionnante avec des tirs d’obus de 35 kg environ, à plus de 4.500 mètres.

Deux exemplaires (un en 9 pouces et un en 11 pouces) sont aujourd’hui exposés dans la Cour d’Honneur de l’Hôtel des Invalides. Une importante opération de restauration pour l’un d’entre eux, celui en 9 pouces, est nécessaire, pour ce vénérable obusier qui a bien souffert du poids des années, des intempéries et de l’environnement urbain.

Ces obusiers, fondus à l’Arsenal de Douai en 1810, ont servi aux premiers tests de ces systèmes révolutionnaires lors des deux premières campagnes d'essais menées suite aux travaux du colonel de Pierre-Alain de Villantroys sur l’augmentation des performances des bouches à feux, travaux qui avaient été remarqués par l’Empereur Napoléon Bonaparte lui-même.

En 1814, lors de la Campagne de France, les troupes prussiennes les récupèrent à l’École d’artillerie de la Fère (dans l’Aisne) où ils étaient, n’étant pas arrivés assez vite pour servir au siège de Cadix où ils étaient prévus, et n'ayant pas été installés en défense des côtes françaises, autre emploi envisagé un temps. Après un déplacement mouvementé jusqu’en Prusse, ils les exposent comme trophées de guerre non loin du Palais des Rois de Prusse à Berlin.

Après la prise de Berlin en mai 1945 par les troupes soviétiques, ils sont rendus à la France en 1946 par un général soviétique, alors Commandant du Grand Berlin. Des graffitis en cyrillique sont visibles sur l’obusier de 9 pouces, gravés par des militaires ukrainiens et russes, témoins de ces années de présence en Allemagne.

Cette pièce unique est aujourd’hui au cœur d’une campagne de restauration sous l’égide de la Fondation de la Sauvegarde de l’Art français, via un projet mené par deux étudiants de Sciences Po Paris, Alice Bigeard et Clara Demarty, bien décidées à trouver les fonds nécessaires : de l’ordre de 9.945€.

Cela permettra de faire intervenir sur les parties en bronze, en alliage et en bois un artisan français aux doigts de fées et à la rare expérience, restauratrice spécialiste des parties métalliques. Un métier peu connu et pourtant indispensable, comme l’Hôtel des Invalides est capable d’avoir pour maintenir ses collections si spéciales du Musée de l'Armée.

Que vous soyez un particulier ou une entreprise, n’hésitez pas à soutenir ce beau projet porté par une jeune génération d’étudiants, pour la sauvegarde du patrimoine français industriel, militaire et historique !

Les dons sont évidemment défiscalisés.

Paiement à faire par chèque à l’ordre de La Sauvegarde de l’Art français, et en y joignant le bulletin de don trouvable à cette adresse. La Fondation pour la Sauvegarde de l’Art français enverra un reçu fiscal dès la réception du paiement

Et si vous avez de bonnes idées pour des personnes qui pourraient être intéressées, n’hésitez pas à le mettre en commentaire, nous transmettrons...

vendredi 26 janvier 2024

Publication - "Innovation : le futur Lanceur Modulaire Polyvalent de Naval Group" (revue DefTech - n°8-2024)

Dans le dernier numéro de la revue DefTech, revue des innovations technologiques pour la défense et la sécurité, je publie un article de présentation suite à la récente présentation du Lanceur Modulaire Polyvalent (LMP) de Naval Group. Le numéro est actuellement en kiosque. Bonne lecture.
 
Bien qu'écrit avant la forte montée des tensions connue au large du Yémen, l'article est de fait bien au cœur des réflexions technico-opérationelles actuelles sur les réponses à apporter à un spectre de menaces, très diverses, qui interroge sur la soutenabilité des solutions disponibles.

"Etre capable d’accueillir facilement différents moyens d’auto-défense à courte et moyenne portée, allant des leurres aux missiles anti-aériens, en passant par des grenades anti-sous-marines, des roquettes, des munitions téléopérées ou autres, pour pouvoir prendre en compte, jusqu’à 8 km environ, des cibles aussi variées que des drones, des torpilles, des embarcations rapides, des cibles à terre, etc. La recherche du plus petit dénominateur commun à tous ces attendus a conduit Naval Group à développer un système unique de lancement qui, grâce à l’utilisation de modules standardisés de munitions, doit permettre de répondre au mieux à cette problématique complexe. Il s’agit, via le Lanceur modulaire polyvalent (LMP), et sur certaines gammes de munitions, de proposer une approche innovante, allant au-delà du seul système, par rapport à celle plus traditionnelle en vigueur jusque-là de « un lanceur par type d’armes ».

 Crédits : Naval Group.

Lors de ses récents Naval Innovation Days 2023, Naval Group a présenté plusieurs innovations, dont ce LMP, qui permettra, une fois le développement finalisé, de faciliter à bord des navires l’emport et l’usage de plusieurs types de munitions pour différents domaines de lutte : sous la mer et au-dessus de la surface. Et cela grâce à sa modularité et sa flexibilité. Son développement en cours doit permettre de valider les hypothèses envisageant des gains de temps dans les phases de rechargement facilitées (en mer et à quai, à la main par 1 à 2 personnes selon les emplacements et le poids des modules de munitions), des gains de coûts en acquisition et en maintenance en standardisant les lanceurs aujourd’hui différents, des gains d’emport de munitions à bord en ayant des munitions packagées de manière similaire donc plus facilement entreposables, des gains opérationnels via des configurations permettant un panachage appropriée en munitions selon les situations tactiques, etc."

La suite dans le numéro...

jeudi 2 novembre 2023

Accélérer sur la réalisation de démonstrateurs - L’exemple du Quad de Renseignement Furtif (QRF)

Au sein des armées, l’innovation n’est pas un but en soi, mais bien une réponse à une finalité opérationnelle. Ainsi il ne s’agit pas d’innover pour innover mais bien d’innover au profit des forces, qui doivent voir les résultats bien concrets des budgets engagés actuellement, notamment via un important mouvement de passage à l’échelle dès lors que les systèmes "innovants" répondent aux besoins. Et pour cela, une des pistes est de s’appuyer sur une politique ambitieuse de démonstrateurs permettant de réaliser de réelles évaluations opérationnelles utiles en termes d’enseignements. Le Quad de Renseignement Furtif (QRF) en est un exemple, alors que les réalisations concrètes dans le domaine peuvent encore parfois manquer, malgré le niveau d’investissement engagé (notamment budgétaire) dans le vaste mouvement d’innovation lancé par l’ensemble des organismes du ministère des Armées depuis quelques années. 
 

Le QRF est un quad de la marque Polaris modèle MV850 modifié avec une propulsion hybride série (avec Range Extenders de rechargement). C’est-à-dire avec une architecture de propulsion où le moteur électrique entraine les essieux, et où le (ou les) moteur thermique entraine un générateur (et non les essieux) alimentant lui même le moteur électrique. Cette hybridation-série permet de garantir 200 km d’autonomie en tout-terrain, dont 30 km environ en électrique, donc en discrétion, et sans modification des vitesses de déplacement (jusqu’à 80 km/h en étant bridé) et des capacités de franchissement. Lorsqu’il est allumé en mode full-électrique (via une simple sélection du mode de propulsion modifiable instantanément), et en étant collé au quad, quasi aucun ronronnement est perceptible. La signature thermique (donc la discrétion par rapport à différents capteurs adverses) est également réduite avec ce mode moins marquant. Le bruit, évidemment notamment de nuit, étant le principal bémol de ce type de vecteur d'intérêt car compact, pouvant porter lourd et étant moins sollicitant en pilotage que les motos, par exemple.

Les modifications réalisées se font avec très peu de perte de charge utile (moins de 20 kg en moins - du fait des batteries - sur les 300 kg d'emport possible par rapport à la version thermique), sur un quad déjà militarisé de 600 kg en ordre de combat, c’est-à-dire avec un châssis renforcé sur les parties basses, des suspensions renforcées par des tiges métalliques pour moins les solliciter du fait de la charge emportée, un treuil... Ce travail de renforcement est réalisé par le distributeur français RPM Défense, point de contact central pour ces produits en France, notamment pour les sujets de maintenance lourde et de fourniture des pièces détachées, et qui jongle avec les priorités parfois capricieuses du fournisseur central quant aux délais d’approvisionnement…

Comme le présente le chef du projet de démonstrateur, "dans un premier temps, nous avons décidé de conserver le châssis actuel ce qui permet de comparer objectivement le QRF avec le quad de dotation. Les équipes des start-up mancelles Furion Motorcycles et Ian Motion l'ont ensuite transformé en 4x4 permanent électrique. Grâce à la batterie intégrée, il permet une approche et une exfiltration furtives sur les plans acoustique et thermique. Afin de disposer d'une autonomie suffisante, le véhicule a ensuite été doté de deux générateurs thermiques qui permettent de recharger la batterie et d'obtenir une autonomie totale de 200 km".
 
Il s’agit ici donc d'une innovation d’usage avec l’assemblage "innovant" de technologies déjà existantes, souvent issues du monde civil : des batteries (issues de la Formule E) qui se rechargent en une dizaine d’heures sauf si les moteurs à combustion, issus du monde du karting, rechargent aussi ces batteries (via des groupes auxiliaires de puissance) et permettent d’atteindre l’autonomie demandée. Au final, l'architecture retenue est évolutive et "n'importe quelle source d'électricité pourrait remplacer les deux petits générateurs à essence", pour permettre de conserver les avantages de la motorisation électrique : furtivité acoustique, couple, fiabilité, MCO réduit... Sans que cela soit premier, et en étant "basé sur le châssis en dotation, la généralisation [possible] de ce kit de rétrofit pourrait permettre de recycler les quads thermiques classiques au moment de leur retrait de service tout en permettant une baisse substantielle de la consommation d’énergie fossile".
 
Au-delà des aspects techniques de l’hybridation, il s’agit aussi de souligner l’aspect processus de l’innovation, avec, comme le rappelle le chef de projet, "le rôle non minime de l’Agence de l’innovation de Défense (AID) qui a cru en l’idée de créer un lit de rétrofit hybride-série, a financé le projet [ndlr : pour quelques centaines de milliers d’€] sous la forme d'un projet d'accélération de l'innovation (PAI), et qui a créé un support contractuel souple (et solide à la fois) avec Furion Motorcycles [en tête de file]".

Bien moins de 18 mois seront nécessaires entre l'idée remontée par des militaires du 2ème régiment de Hussards (RH), unité spécialisée en renseignement humain déjà utilisatrice de ce modèle en thermique mais voulant l'améliorer, et la livraison du démonstrateur au régiment début 2024. L'idée a été remontée à la Section Technique de l'armée de Terre (STAT) via le réseau animé au sein des unités par le bureau coordination de l’innovation de l’État-major de l’armée de Terre (EMAT). Dans ce temps-là, et une fois le besoin opérationnel précisé, les études d’architecture ont pu être menées (entre hybridation parallèle - avec un essieu propulsé en thermique et un essieu propulsé en électrique - et hybridation série). Il en a été de même avec l’identification des partenaires industriels, avec des entreprises françaises (Furion Motorcycles et Ian Motion) issues du monde de la moto hybride et de la compétition automobile du cluster Le Mans Tech. Le sourcing a été réalisée, notamment les batteries lithium-fer-phosphate (LFP), réputées moins inflammables, et qui peuvent de plus "être fabriquée en Europe voire en France et qui sont plus facilement recyclables", par rapport aux batteries nickel-manganèse-cobalt (NMC).

Les développements ont été réalisés, ainsi que les essais industriels et techniques, permettant de fiabiliser l’ensemble. Les essais ont pu être réalisés avec l’appui du 2ème régiment d'Infanterie de marine (RIMa), situé dans la Sarthe, via la mise à disposition de son camp de manœuvre, situé non loin des entreprises impliquées. Étaient aussi impliqués les groupements innovation et mobilité - agencement de l'espace terrestre de la STAT, et le BattleLabTerre (BLT), fer de lance de la politique exploratoire technologies/usages de l’armée de Terre.

Les essais opérationnels, selon les cas d'usages du 2è RH, unité spécialisée dans le renseignement humain (avec ou sans contact), seront donc réalisés début 2024. Les spécialistes quads du régiment (qui ne sont plus réunis au sein d'un unique escadron spécialisé, comme auparavant, mais au sein des différents escadrons de recherche pour une meilleure diffusion de la compétence) sont impliqués à un rythme déjà mensuel au projet pour apporter leur éclairage opérationnel, et seront encore plus sollicités pour tirer les enseignements positifs comme éventuellement négatifs des futurs essais. Les forces spéciales françaises regardent également de près les avancées du projet, pour d'éventuels rétrofits de leurs propres machines...
 

Des patrouilles de recherche de ce régiment étaient encore engagées lors de la phase 4 du récent exercice Orion 2023 avec ce type de vecteurs propulsés en thermique. Avec pour certains, des remorques pour emporter plus de logistique (de l'ordre d'une centaine de kilos supplémentaires  en eau, rations, batteries…), permettant la discrétion des infiltrations profondes et la tenue dans la durée (plus de 11 jours consécutifs) des patrouilles. 1 pilote et 1 équipier (servant une arme collective d'auto-défense sur bras articulé, type Minimi) forment traditionnellement les équipages de ces quads. En plus de la fin de la livraison du batch d'une cinquantaine de quads au régiment, des véhicules mères ou nourrices pourraient prochainement rejoindre le régiment pour encore faciliter la tenue dans la durée, notamment lors des missions dans les zones avant des grandes unités (50-500km) et dans la profondeur du dispositif ennemi, avec le rattachement au Commandement des actions dans  la profondeur et du renseignement (CAPR).
 
De plus, atout de l'hybridation, "le QRF génère suffisamment d’énergie pour explorer les capacités d’emport d’équipements tels que des systèmes d’information opérationnelle et de communication, des drones… ou l’alimentation électrique d’un poste de commandement restreint ou d’une cellule de mise en œuvre" précise l'armée de Terre. Des dernières améliorations techniques sont encore en cours sur certains éléments de motorisation du démonstrateur, et sur l’équipement du démonstrateur, avec l’ajout de plaques d'interface universel (type X-Shut) pour un terminal du système d'information du combat Scorpion (SICS) ou des systèmes de navigation (type P3TS, par exemple, pour la synchronisation multi-constellations de la géo-localisation). 

En cas de satisfaction des besoins opérationnels (notamment en termes de mobilité, de furtivité et de durabilité à l'usage), "reste à travailler avec tous les acteurs pour définir un kit industrialisable et envisager un possible passage à l'échelle", comme le précise le chef de projet de ce démonstrateur. Cela permettra alors de boucler la boucle du développement agile d’une réponse à un besoin opérationnel de discrétion pour les infiltrations et les exfiltrations.

lundi 9 octobre 2023

Innovation et Naval Group - Ne pas mollir sur la démarche exploratoire pour prendre la vague des systèmes dronisés et autonomes

Naval Group a récemment pu présenter quelques-uns de ses efforts d’innovation sur le segment des drones et des systèmes autonomes lors des Naval Innovation Days 2023. Adoptant sur ce segment une logique plus incrémentale que de rupture, et misant beaucoup sur la conduite actuelle de nombreuses expérimentations, ces efforts doivent permettre à Naval Group de devenir le leader européen des drones et systèmes autonomes navals de défense à l’horizon de son actuel Plan stratégique (qui court jusqu’en 2031). Une direction de type Produits et Services dédiée, appelée Drones, Systèmes autonomes et Armes sous-marins, doit aider à structurer cette ambition (d’un niveau relativement élevé à ce jour). Un centre d’expertise en cours de montée en puissance dans le Sud de La France offrira les outils au service de cette ambition : capacités de prototypage rapide, capacités d'ouverture sur les partenaires extérieures, mise à disposition de zones d’essais…
 

Pour mener son effort, Naval Group peut s’appuyer sur plusieurs projets de recherche, comme le PEA (Programme d’étude amont) Espadon lancé en 2010 avec la Direction Générale de l’Armement (DGA) pour un démonstrateur de drone de surface (dont le démonstrateur Sterenn Du, actuellement à Lorient, a été repris par Naval Group il y a quelques mois pour poursuivre les expérimentations). C’est aussi le cas de la longue expérience acquise sur les briques d’autonomie des torpilles, comme celles intégrées sur la torpille F21. Pour poursuivre encore plus ces expérimentations, Naval Group dispose d’une large gamme de démonstrateurs multi-milieux (sous-marins, de surface et aériens) : le Démonstrateur de drone océanique (DDO type XL UUV) développé sur fonds propres, un démonstrateur au format torpille, les UAV tactiques (comme le VSR 700 dont il devrait être très prochainement question quand à ces essais d'intégration sur des frégates), les drones de surface (anciennement basés sur des bateaux pneumatiques dronisés, demain de plus en plus avec des carènes pensées pour), etc. De quoi répondre par ces efforts à quelques questions sur les formats préférentiels des drones pour chaque type de missions, les apports de la spécialisation ou des drones multi-missions, les contraintes et opportunités de la mise en œuvre de l’armement, les avantages et les inconvénients de la mise en œuvre depuis les airs (récemment un drone de surface, non développé par Naval Group pour le coup, a été largué depuis un hélicoptère NH-90 de la Marine nationale pour expérimentation), depuis la terre, depuis un navire porte-drones ou un navire non-dédié, etc.

mardi 12 septembre 2023

De quelques évolutions de l'armée de Terre dite de combat...

Quelques points (évidemment non exhaustifs) transparaissent peu à peu sur des évolutions capacitaires significatives à venir de l’armée de Terre de demain (dite "de combat"), pour densifier la bulle aéroterrestre (en termes de létalité, de transparence, et de protection).


Par exemple, à terme, il est recherché 3 gammes différentes de munitions télé opérées (MTO / MUNTOP) :
  • MUNTOP - AD (appui direct) pour la zone 0-30 km, soit celle de la brigade interarmes (BIA), dans la zone du radar Murin, du Griffon VOA d'observation, du Griffon MEPAC de mortier embarqué, du drone SMDR... ;
  • MUNTOP - AE (action d’ensemble) dans la zone 0-80 km, soit celle de la division (dans la zone des tirs de Caesar, ou de la roquette LRU, qu'elle soit non souveraine, aujourd'hui, ou demain potentiellement souverraine...) ;
  • Puis, à terme, MUNTOP - FLP (feux longue portée), dans la zone des 0-150 km.

mardi 18 juillet 2023

Publication - Une maintenance de haute densité (revue DefTech - n°6-2023)

Dans le dernier numéro de la revue DefTech, revue des innovations technologiques pour la défense et la sécurité, qui a repris un rythme de croisière très dynamique depuis quelques mois maintenant, je publie un article sur quelques questions pour la maintenance dans d'éventuelles phases de haute intensité. Le numéro est actuellement en kiosque. Bonne lecture.

Comment faire face à des flux de matériels cassés à rendre à nouveau disponibles dans des proportions jusque-là peu connues ? Si les défis sont nombreux pour monter progressivement vers les exigences d’une éventuelle haute intensité, les acteurs de la maintenance se mettent en ordre de bataille.

Un changement d’échelle de la casse

Exercise Warfighter 2021, Orion 2023, Warfighter 2025, Orion 2026… Ces grands exercices participent à un renforcement de toutes les fonctions opérationnelles, dans un premier temps de manière qualitative, pour viser des entraînements de « haut de spectre », puis dans un second temps de manière quantitative, en multipliant les activités de la préparation opérationnelle. Avec des enjeux nombreux pour la maintenance, à la fois pour les armées et les acteurs industriels y participant.

En mettant sous tension de manière réelle ou simulée les différentes composantes des armées, ces exercices apportent de précieux retours d’expérience. Notamment pour mettre à jour les abaques en termes d’efforts de maintenance nécessaire dans le cadre de tels scénarios, avant, pendant et après. C’est une de leurs participations à une « phase 5 », pour reprendre le découpage de l’exercice Orion (planification, engagement d’urgence, travail interministériel, et engagement majeur) : celle de la formalisation des enseignements et de leur prise en compte dans le cadre d’un cycle d’adaptation. Sans que cela soit de totales redécouvertes, ces exercices font en effet toucher du doigt les différences entre les situations connues jusqu’alors, déjà marquées par les intenses phases (parfois cumulatives) de régénération des matériels post Afghanistan et post Sahel, et les situations qui pourraient être connues dans le cadre d’affrontements qui seraient de haute ou de longue intensité, donc plus destructeurs et plus contraignants. A la fois pour les forces, mais aussi pour l’ensemble de l’écosystème les soutenant, au contact sur « le front » comme en « zone arrière ». Pour la maintenance terrestre, par exemple, il s’agit de savoir comment passer de la régénération actuellement prévue en quatre ans environ pour 700 véhicules de retour de l’opération Barkhane (selon les chiffres de fin 2022 publiés dans le cadre des discussions pour le projet de loi de finances 2023) à un volume de véhicules qui pourrait être équivalent en nombre, en fonction du niveau de pertes et de dégâts, mais qui devrait être traité par contre en un mois seulement ? Il faudrait en effet réinjecter le plus rapidement possible les équipements aux unités engagées dans une longue opération d’ampleur, soit une prouesse en tant que telle qui devrait être réitérée plusieurs mois de suite. Tel est le défi auquel doit progressivement se préparer l’ensemble des acteurs du soutien des flottes en service ou prochainement en service sur un périmètre de l’ordre de plus de 20.000 équipements actuellement.

La suite dans le numéro...

lundi 12 juin 2023

Drones - Une trame de drones compléte qui prend de la consistance au sein de l'armée de Terre

Les premiers drones Patroller de Safran (au nombre de 3) sont bien arrivés au sein du 61e régiment d'Artillerie (RA), régiment référent drones/renseignement de l’armée de Terre.

Une petite dizaine de vols a déjà été réalisée depuis la base de Chaumont-Semoutiers, dont certains pour la phase 4 du récent exercice Orion 2023. Et progressivement, le rythme devrait s’accélérer.

La prise en main est en cours par les Diables Noirs du 61è RA pour la partie pilotage comme pour la partie maintenance, sous supervision de l'industriel présent au sein du régiment. Avec la montée en compétences d'un noyau de militaires formés, avant la diffusion de la compétence à toutes les quatre batteries drones du régiment. Avec déjà des infrastructures nécessaires bien visibles pour aller plus loin (hangars bâchés, bâtiments en dur, etc.) au sein de ce régiment hébergé en Haute-Marne sur une ancienne base aérienne de l'OTAN à l’architecture si caractéristique.

La prononciation officielle de l'entrée en service est attendue d'ici quelques mois (en 2024 plutôt à priori). Avec des qualifications encore à réaliser petit à petit pour l'extension du domaine de vol du système : avec des conditions météo plus variées et complexes, un emploi sur terrain sommaire (c’est-à-dire en-dehors d'une plateforme aéroportuaire), des durées de vol plus longues, etc.

dimanche 28 mai 2023

Colloque drones et renseignement - Samedi 10 Juin et Dimanche 11 juin à Semoutiers (Chaumont)

Le 61e régiment d'artillerie, le régiment référent "drones" de l'armée de Terre, l'Amicale du 61è et des 6è et 7è régiments d'Artillerie et la Délégation régionale Grand Est des Jeunes IHEDN organisent ensemble des rencontres inédites sur les drones et le renseignement.
 
Elles auront lieu durant le week-end du 10 au 11 juin à Chaumont (52469, Semoutiers-Montsaon), dans le quartier du 61è RA. Avec stands d'exposition et de démonstration, et tables rondes de réflexions.

 
Nous pourrons nous y retrouver avec plaisir. Notamment autour de la table ronde n°3 du samedi 10 juin sur "État, drones et industrie : le temps du mariage de raison". 
 
 
Plus d'une trentaine d'industriels du secteur seront normalement présents lors de ces premières journées.
 
A suivre...

jeudi 25 mai 2023

Conférence - Innovation et systèmes terrestres du futur pour les soldats

Une récente conférence organisée par le COGES a permis d’aborder le sujet de l’innovation, « des ateliers aux tranchées », dans le secteur terrestre. Un secteur parfois vu, à tort, comme relativement conservateur dans le domaine. Et pourtant. Que cela soit dans la manière d’innover (comme « acte de management »), d’innover dans les produits ou les services, ou dans les concepts. 


Crédits : COGES.

Ainsi, les méthodologies ne sont pas éloignées de ce qui peut se voir ailleurs : la méthode agile (pas uniquement sur le software, mais aussi sur le hardware), les FabLabs et autres espaces de créativité via du design thinking, cette approche méthodologique dont l'objectif est d'innover ou de résoudre un problème identifié. Avec, par exemple, des réalisations concrètes conjointes pour Nexter avec les forces armées et la Direction générale de l’armement (DGA) sur le programme Dragon pour imaginer conjointement la défense Nucléaire Radiologique Biologique et Chimique (NRBC) à horizon 20 ans. Ou encore quant à l’artillerie du futur, pour des réflexions en interne Nexter. Cela a été aussi le cas avec des sprints, de quelques semaines à quelques mois, menés pour le développement de la munition de 120 mm SHARD (de type APFSDS - Armor-Piercing Fin Stabilized Discarding Sabot) dont une des données était de venir très directement concurrencer le produit d’un autre industriel. Pour cela, il était indispensable de pouvoir faire des essais de tirs en réel très rapidement, de pouvoir faire tourner des modèles numériques en s’appuyant sur les données retenues, et d’atteindre ainsi 80-90% des attentes du cahier des charges le plus vite possible. Le tout en gagnant environ 30% sur les cycles de développement jusque-là observés. La munition a été qualifiée en fin 2022, via de nouvelles campagnes de tirs autorisées sur un champ de tir situé au Portugal, détenu en propre, qui permet de réaliser des essais de manière plus souple, quoique sécurisés.


Crédits : Nexter.

Pour Arquus, l’innovation participative est particulièrement développée en interne sur la manière de produire, via les ICP (ou « idées concrètes de progrès ») soumises par les employés directement, avant de pouvoir les développer puis les appliquer. En trouvant ainsi une réelle motivation à le faire. C’est le cas sur des processus améliorés, des nouveaux outils de travail, etc. Comme le présente à une autre occasion, un responsable, cela se fait notamment via la démarche Lean Kaizen, centrée sur les améliorations jour après jour des processus, en mettant les opérateurs au cœur de la démarche. Par exemple, sur le site de Limoges, spécialisé dans la production de véhicules neufs, un important travail d’information partagée au sein des équipes a été réalisé, via la multiplication de tableaux de bord de suivi, les briefings matinaux, la mise en place d’écrans TVs sur les postes des lignes de production pour suivre des tutoriels vidéos à proximité de la réalisation des tâches, etc. 800 chantiers Kaizen ont été ouverts sur les différents sites Arquus depuis 2018, notamment dans l’optimisation des postes de travail. En plus de processus de remontées d’idées, des ateliers Kaizen dédiés ont été installées dans les différents bâtiments des sites de production pour permettre aux opérateurs d’innover eux-mêmes (avec mise à disposition d’outils et de matériaux), pour la réalisation de prototypes qui peuvent ensuite être généralisés. C’est le cas par exemple pour des chariots d’outillage (avec les emplacements pour les Equipements de protection individuelle (EPI), les outils, le support de tablette, les tableaux de bord…) développés dans certains bâtiments et ensuite industrialisés pour l’ensemble de certains sites.

dimanche 7 mai 2023

De la diffusion de "l’esprit des capacités"

Le débat qui se tient actuellement autour de la Loi de Programmation Militaire 20224-2030 montre plus que jamais le besoin d’une évolution forte sur comment est mené en France le débat sur les questions de défense. Cela doit permettre de sortir d’une approche trop souvent arithmétique, à base de moins et de plus dans des comparaisons chiffrées mêlant malhabilement des torchons du 20ème siècle et des serviettes du 21ème siècle, en s’appuyant sur des trop rares tableaux incomplets (quand ils ne sont pas inexacts).
 

Ce débat est mené, il est vrai, dans un (trop) petit monde d’initiés. Il montre aussi, par effet de bord, la fragilité des connaissances employées (ou disponibles) pour le conduire à quelques trop rares (et notables) exceptions. Il s'agit donc de collectivement réussir à élever le niveau. Les torts sont partagés entre une culture capacitaire et opérationnelle sans doute moins diffusée qu’auparavant. Pour expliquer cela, pas besoin de refaire un grand retour en arrière sur la suspension de la conscription ou autres grands flashbacks historiques. Le rôle des autorités (politiques, civiles, militaires...) ou autres parties prenantes (industriels, associations, chercheurs, experts…) est aussi notable, faisant parfois tout pour se concentrer sur d’autres sujets (leurs champs restreints d'expertise), par paresse (un peu), par facilité, par choix assumés, par  "cachotterie" politique ou par gêne d'affronter une certaine vérité dérangeante. Des raisons sans doute plus fréquentes que celles parfois pointées de pure sécurité opérationnelle vis-à-vis de partenaires ou d’adversaires, il est vrai, de plus en plus curieux ou pressants, rendant ces excuses pas non plus totalement illégitimes.
 
Liée grandement à la stratégie des moyens, l’approche capacitaire et la diffusion continue de son importance, la défense d'une forme "d'esprit des capacités" (au sein de l'esprit de défense), doit pourtant regagner des lettres de noblesse. Et cela, malgré la patience nécessaire pour en dépasser le côté frustrant ou ardu, et atteindre une certaine maîtrise (toujours relative, et jamais pleine et entière tant le champ est vaste). Cela est nécessaire pour aller au-delà de grands débats peu opérants sur certaines fins poursuivies (avec des débats en plus parfois  mal menés, comme dans la dernière Revue Nationale Stratégique), ou sur certaines approches face aux évolutions d'un monde qui change (et qui continuera à changer, ce qui est assez dingue...). Il s’agit de ne plus se contenter d’approximations ou de simplismes présentés à longueur d'articles, de posts de blog, de tweets ou de commentaires. Toutes ces fausses bonnes idées simples qu’une plongée en profondeur dans la complexité d’un système de forces devrait faire rapidement disparaitre ou évoluer. Cela doit permettre de plus de mieux se concentrer sur pouvoir vs. vouloir, et se concentrer sur d'autres priorités atteignables.
 
Il faut donc sans cesse réexpliquer la complexité d’une approche où un système (et non un matériel ou un équipement) est d’abord un tout, avec porteur central, charges utiles de senseurs, capteurs et effecteurs, réseaux internes, ou encore interfaces numériques/physiques, nécessaires à une approche combinatoire, celle qui aujourd’hui fait la différence comparée à la simple accumulation ou juxtaposition de moyens. Que ce système est lui-même issu d’un système de production complexe, avec un contexte particulier de développement (scientifique, idéologique, doctrinale…), une sous-traitance en cascades, des chaines d’approvisionnement courtes ou étendues, des stocks et des flux,  des délais, des acteurs régis par des logiques économiques, avec des sujets de RH qualifiées, etc. Qu’il est aussi pris dans un système de soutien, avec des infrastructures, des outillages, des pièces de rechange, des systèmes d’information et de logistique, des moyens de tests, de la documentation et une réglementation… Avec des coûts financiers plus ou moins anticipables et identifiables pour chacun de ces éléments.
 
Ou encore réexpliquer patiemment les initiales DORESE (qui peuvent avoir des variantes, selon la précision recherchée) de la capacité opérationnelle, pour prendre en compte la doctrine (le pourquoi et le comment ?), l’organisation (quelles structures interagissent ?), la RH (quel volume et quelle formation ? LE point clé à tous les plans les plus ambitieux...), l’entraînement (quels fréquences ? quels moyens et espaces dédiés ?), le soutien (quels infrastructures ? quels plans de maintenance ? quelle logistique ?...) et l’équipement (quel environnement ? quelle interopérabilité et quelles interfaces ?...). 
 
Sans un effort pédagogique déjà fait en partie par certains et qui mériterait d’être poursuivi (par les exemples disponibles, l’accès aux données, les conférences, les auditions, les discours, les rapports parlementaires, etc.), le risque est sinon grand de manquer à la fois l’idée générale et le détail qui compte au moment donné sur le terrain, lors de la finalité opérationnelle. C'est aussi risquer de rendre finalement bien caduc et inopérant l’ensemble des efforts engagés de persuasion, de mobilisation et de juste évolution de l'ensemble. Cela serait aussi continuer à comparer numériquement des capacités qui n’ont pas grand-chose à voir du fait d’évolutions des spécifications et de l'environnement. Ces évolutions, est-ce un mal, est-ce un bien ? Est-ce nécessaire ? Optionnel ? A modifier ? A faire évoluer ? Le débat doit évidemment apporter aussi ces réponses, mais toujours dans un cadre fini (temporel, financier, social, politique, humain…) aux complexes interactions. 
 
Mais cela passe déjà par la nécessité de prendre en compte l’intérêt de comparer ce qui est comparable, de le faire pour comprendre et évaluer les avantages et les inconvénients des choix et des renoncements. D'éviter sans doute de parler de transformation d’un modèle de forces, en mode marketing, quand il s’agit sans doute plus encore de poursuite de réparation d’un modèle, en mode pessimiste, ou plus surement de mise en cohérence de ce modéle, en mode optimiste. La cohérence n’étant pas un vilain mot dès lors qu’il s’agit d'être capable de produire réellement des effets attendus, au prix de justes efforts de recomplétement et de points d'efforts prioritaires. Des mesures peu vendeuses peut-être, mais nécessaires. Il s’agit aussi par cela de ne pas créer des niveaux d’expectation sur-élevés par rapport aux perceptions et attendus, et donc d'éviter de créer des frustrations, néfastes pour un tout un tas de raisons, notamment quand à la confiance mise dans les responsables, pensant parfois plutôt bien faire. 
 
C’est peut-être à ce prix d'effort pédagogique quant à "l'esprit des capacités" que le débat gagnera en précision et en qualité. Ce débat est appelé de leurs vœux par bien des acteurs, sur un mode de quasi ritournelle, alors qu’ils ne donnent pas toujours dans le même temps les moyens suffisants de le mener, par manque d’informations surtout, d’échanges et de temps parfois. Cette maturité du débat stratégique sur les moyens (comme celui sur les fins), nous le devons à la fois pour ceux qui exécutent cette politique de défense, parfois au péril de leur vie, mais surtout pour tous ceux au nom de qui cette politique de défense est menée. Le niveau des moyens accordés et employés, et les conséquences de leur emploi, l’exigent.

mercredi 19 avril 2023

Vidéos suite à l'exposition "Forces spéciales" au Musée de l'Armée (Invalides)

La chaîne Youtube du Musée de l'Armée a mis en ligne plusieurs heures d'entretiens réalisés dans le cadre de la récente exposition sur les Forces Spéciales. Morceaux choisis entre histoires, moyens, innovation…

Noël comme femme d'un équipier du 13è RDP (régiment de Dragons parachutistes) déployé en opérations Madame. Mon plus grand respect (certains et certaines souriront - ou grimaceront - à l'évocation du portable mis en mode sonnerie qu'importe les situations, et mis à portée de main même sous la douche, pour ne pas rater un coup de fil)

Le témoignage, poignant, de la veuve du commando marine Loic Le Page mort au combat en 2006 en Afghanistan. Petite claque.

Au retour "On décore des militaires pour des faits de guerre, mais je pense qu'il ne faut pas oublier nos femmes".



30 ans du COS

Quand le respect des accords de Dayton en Bosnie (et le retrait d'une division serbe) se joue après des jours de négociations lors d'un concours de tir au pistolet entre un officier français et un général serbe (après quelques verres de slivovitz pour corser l’affaire...)

Un "record" qui teindrait encore (depuis 1974) réalisé conjointement par un membre du commando Hubert et un Navy Seals américain, en échange en France, d'une plongée de 7km en 4H10

Quand lors de l'évacuation de ressortissants français (et européens) à Brazzaville (Congo) en 1997, il a aussi fallu pour les forces spéciales aller chercher les bébés gorilles du zoo local, abandonnés à leur sort, alors que la ville était à feu et à sang...

En aout 1991, lors de l'exfiltration du général Aoun au Liban, le plus compliqué d’une mission complexe menée par les commandos-marine a peut-être été de réussir à convaincre le général d'enfiler un ciré pour l'exfiltration qui s’est faite en hors-bord...

vendredi 3 février 2023

UNIVEM - Amoureux de mécanique et passeurs de mémoire cherchent locaux !

Le véhicule de commandement, Dodge Command Car, qui a réellement vu le Général Leclerc rentrer dans Paris à l'été 1944, le seul exemplaire roulant en France de char de conception américaine Sherman entièrement rénové à l'extérieur... et à l'intérieur (avec moteur d'origine), le véhicule prototype n°1 Renault 1984 du programme de Véhicule Blindé Léger (VBL) bien connu de l'armée de Terre (le choix se portant au final sur le véhicule Panhard), une grue roulante Borckway Quickway dont il ne reste que 3 exemplaires en Europe...


Autant de pièces rares présentes au sein de la plus grande collection privée française de véhicules historiques liés à la 2ème Division Blindée (Division Leclerc) ou aux armées américaines et britanniques de la Seconde Guerre mondiale. Véhicules conservés et entretenus avec passion par les quelques 160 cotisants de l'association UNIVEM (Union Nationale des Collectionneurs de Véhicules Militaires), association loi 1901 crée en 1993, et reconnue d'intérêt général.

Hébergée depuis 2005, après avoir quittée les anciens locaux AMX d'ISsy-Les-Moulineaux, via une autorisation d'occupation temporaire (AOT) au sein d'hangars de la Section Technique de l'armée de Terre (STAT) sur le Plateau de Satory, son avenir s'est assombri du fait de difficultés administratives, notamment liées au plan d'urbanisme prévu sur le Plateau de Satory (arrivée prochaine du métro Ligne 18, évolution de l'A86 toute proche, modernisation possible des emprises de la STAT...).

Alors que plusieurs solutions étudiées n'ont pas débouchées récemment (nouveaux locaux au sein de la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres - SIMMT, du 121ème régiment du Train de Montlhéry...), l'association pourrait se retrouver prochainement sans toîts pour héberger ses pièces de collection, et sans pouvoir continuer son travail important de mémoire et de transmission.


L'association participe en effet avec ses véhicules à de très nombreux événements commémoratifs, reconstitutions, films, expositions (avec un prêt d'une Jeep SAS pour l'exposition récente sur les forces spéciales au Musée de l'armée aux Invalides), liens entre générations (via les efforts des plus anciens pour transmettre les secrets de la mécanique ,parfois un peu capricieuse sur ces véhicules, aux plus jeunes adhérents), etc. Ce qui serait fort dommage tant est grande leur disponibilité et leur passion, prouvées rencontre après rencontre avec le public.

Ainsi, l'association et sa soixantaine de véhicules sont à la recherche urgente de locaux (d'environ 1.500 m2 minimum), potentiellement de locaux privés, dans l'Ouest de la région parisienne, et jusqu'à un axe Paris-Normandie. En l'absence de mécènes, possiblement avec un loyer (modéré, évidemment, du fait de l'absence de subventions reçues par une association entièrement auto-financée). Toute piste sera étudiée, donc n'hésitez surtout pas à contacter ces amoureux de l'Histoire vivante et incarnée !

Et n'hésitez pas à les soutenir également via la signature d'une pétition.