Qu’est ce que le Projet de loi actualisant la programmation
militaire pour les années 2024 à 2030 en cours de discussion ?
Il est un symbole de la difficulté à construire une réponse juste suffisante face au contexte rencontré actuellement et envisageable à court et
moyen-terme, dans la manière de faire face aux menaces et aux risques. Le
modèle de forces (c’est-à-dire les équilibres entre les capacités conduisant à
une certaine manière de les employer), construit et projeté, reste anti-agile.
Anti-agile plus que non-agile, tant sa rigidité empêche cette adaptabilité dans
un rythme assez rapide par rapport aux évolutions rencontrées.
Contraignant les choix opérationnels (en offrant des
palettes réduites d’options opérationnelles durables), recherchant un
optimum peu atteignable du fait des ressources disponibles et sans cesse repoussé
(tout en étant fondé sur unee manière de faire de riches, car
ultra-technologique) et fossilisant les évolutions envisageables (sur toute le
spectre des capacités : le budgétaire, l’administratif, l’industriel, l’opérationnel…),
il empêche en grande partie la sincérisation de la recherche juste de la
cohérence, en gâchant les maigres marges de manœuvre dégagées.Dans un contexte bien particulier : hausse des coûts des facteurs (énergie, inflation, etc.), report de charges, manœuvre sur les ressources exceptionnelles, surcoûts OPEX, etc.
Il met à mal aussi la sincérisation de la stratégie déclaratoire,
notamment des discours politiques, face aux urgences du monde. Si il y a
réellement urgence, à court ou moyen terme, certaines décisions de lancement de grands programmes 2030+ ou d’études semblent en totale décalage avec cette urgence, tout en
représentant un usage non optimal des ressources.