mercredi 28 juillet 2010

Encore un autre petit nouveau - Polemos

Un petit billet pour présenter un blog découvert récemment mais déjà ancien.



Il s'agit de Polemos, blog tenu par un ancien élève de l'École de Guerre Économique (EGE) nommé Nicolas Mazzucchi. Ce dernier traite des affrontements contemporains qu'ils soient de nature économique, militaire ou autres.

Publiant fréquemment des chroniques aussi bien sur l'actualité que sur l'histoire, ce blog d'un excellent niveau est à ajouter à vos liens favoris.

jeudi 15 juillet 2010

Un autre petit nouveau - Etude tactique

Et un de plus dans la blogosphère géostratégique...

Bienvenue au blog Étude tactique tenu par un jeune étudiant en russe à l'INALCO, les célèbres langues'o.

Il aborde à l'heure d'aujourd'hui plusieurs exemples historiques de batailles (Mogadiscio, Péléponés, etc.) et quelques concepts incontournables (surprise, friction, etc.).

Sans aucun doute prometteur et donc à encourager pour que l'auteur puisse gagner un peu plus en régularité...

lundi 12 juillet 2010

Un petit nouveau - Optronique et Défense (+MAJ)

MAJ1 : des nouveautés annoncées et des mises à jour : suivez le guide.

Déjà présenté par EGEA, Pour Convaincre, Mon blog Défense ou encore Theatrum Belli, un nouveau blog sur les questions de défense est né il y a peu.


Crédits : Safran.

Optronique et Défense est tenu par un jeune ingénieur qui s'y connait et qui allie des connaissances techniques pointues dans le domaine bien précis (optique + électronique) et leur application au domaine militaire.

A consulter pour suivre les futures technologies, les potentiels actuels, etc.


vendredi 9 juillet 2010

Pause stratégique

Ce blog passe à partir d'aujourd'hui en vitesse estivale avec un rythme aléatoire de nouvelles publications. La possibilité de bénéficier d'une connexion internet stable n'étant pas garantie partout où je me rendrais cet été.

Et j'allais oublier. Mars Attaque a fêté le 23 juin son deuxième anniversaire! Le petit bébé a bien grandi depuis sa création avec 220 billets au compteur, il est vrai pas tous passionnants, et a gagné une réelle reconnaissance parmi ses pairs.

Être et durer!

Et bonnes vacances/permissions à tous les lecteurs!

jeudi 8 juillet 2010

Je ne comprends plus rien...

Une visite sur Small Wars Journal et j'attrape un coup de sang en étant confronté à un nouvel exemple de la médiocrité de l'influence militaire française... Alors que l'on n'arrête pas de nous seriner sur l'opportunité offerte par le poste à l'Allied Command for Transformation (ACT), etc.

Sur ce site, toujours informé il est possible de télécharger depuis aujourd'hui la version anglaise de la doctrine de contre-rébellion rédigé par le Centre de Doctrine et d'Emploi des Forces (CDEF) en janvier 2009. Elle est intitulé "Doctrine for counterinsurgency at tactical level".

Cool! Les anglophones et internautes du monde entier peuvent lire cette prose, la doctrine française issue des grands maitres à penser rayonne à nouveau, la lecture critique par d'autres intellectuels servira à s'adapter, etc.

Là où cela blesse, c'est que ce manuel n'est toujours pas disponible sur aucun site officiel français : CICDE, CID, CESAT, CDEF, etc. Pire, je ne sais pas quel raison politique (sans doute issue de l'Algérie d'il y a plus de 40 ans) empêche qu'il soit distribué hors d'un cercle d'initiés.

Et pourtant, rien de révolutionnaire là-dedans. Le FM 3-24 est une source importante d'inspiration comme quelques figures historiques bien connus (Lyautey, Galula, Bigeard, etc.).

Si ce manuel doit sortir qu'il ne sorte pas en catimini, presque par inadvertance suite à une décision sans doute pas concertée.

Le rayonnement français est vraiment d'un autre âge, archaïque par ses moyens comme par ses ambitions! Vivons heureux, vivons cachés mais surtout tentons de survivre...

La dissuasion par la déclassification?

Les forces de défense israéliennes (IDF) ont rendu public aujourd'hui des documents auparavant classifiés. Des cartes détaillées du sud-Liban, des animations 3D des rues d'un village frontalier, des vidéos prises par un drone ainsi que des photos légendées sont mises en ligne sur le site officiel du porte-parole militaire.

Cliquez pour agrandir une carte récapitulative des événements de juillet 2006.

Ces documents (pas tous de bonne qualité) sont censés apporter des preuves tangibles de l'activité de la milice Hezbollah : armement, réseaux logistiques, construction de bunkers, de tunnels, pas de tirs de roquettes, etc. Tout est scrupuleusement pointé, annoté et commenté. Le village d'Al-Khiam à 10 km de la frontière servant de modèle illustratif.

S'appuyant pour une fois sur la résolution n°1701 de l'ONU (qu'Israël viole pourtant comme le prouve la vidéo du drone qui ne devrait pas être au-dessus du Liban...) et quatre ans après la guerre de Juillet au sud-Liban, Israël veut ainsi prouver que les causes profondes de tensions ne sont pas réglées : le Hezbollah, son arsenal et ses fortifications sont une menace.

Le Hezbollah n'est sans doute pas effrayé par la publication de tels documents (aussi précis sont-ils). La milice a appris à agir malgré la couverture des drones et toutes formes de surveillance du renseignement se drapant dans des communiqués niant les allégations israéliennes. Quatre années sont suffisantes pour remettre en état un système défensif.

Ces messages sont sans doute destinés à l'opinion internationale afin d'apporter des preuves des menaces que subit Israël. Action ponctuelle ou début d'une campagne de communication planifiée : le futur nous le dira. Quoiqu'il en soit les voyants ne sont pas au verts le long du Litani et la FINUL, entre le marteau et l'enclume, n'est pas dans la position la plus agréable!

samedi 3 juillet 2010

IFRI : Les armées britanniques - Un modèle en crise

Le prolifique laboratoire de recherche sur la défense (LRD) de l'Institut Français de Relations Internationales (IFRI) met à disposition son dernier Focus stratégique du mois de juillet.

Il est consacré à l'évolution récente de la défense britannique dont le déclassement futur semble inéluctable. En effet, entre autres à cause des opérations Tellic et Herrick en Irak et en Afghanistan, les budgets des armées britanniques sont plus que contraints, les demandes pour faire face au présent amputant des fonds prévus pour l'avenir. De plus, la crise économique et ses conséquences (LA véritable rupture stratégique imprévisible) ne facilitent en rien l'équilibre budgétaire recherché.

A l'heure de choix déterminants quant au futur de la défense britannique et à la définition des risques/menaces, il est intéressant de se replonger dans l'histoire de ce modèle spécifique pour bien comprendre les enjeux. De même, des enseignements peuvent être tirés de cette complète étude de cas par rapport à l'implosion d'autres modèles d'armées occidentales.
Le Royaume-Uni est entré dans l'ère de l'après 11 septembre avec un modèle d'armée repensé à la fin des années 1990 en fonction de deux grands axes de réflexion. L'absence de menace conventionnelle majeure paraissait justifier l'abandon des « gros bataillons » et des investissements importants consacrés à la défense, tandis que les nouvelles technologies suscitaient l'espoir que des unités interarmées polyvalentes et projetables, mises en synergie par des réseaux d'information, pourraient emporter la victoire sur tout le spectre conflictuel. Ce modèle est remis en question à partir de 2005 par l'enlisement et l'usure des armées britanniques dans deux conflits simultanés où elles peinent à produire des résultats positifs. La crise financière de 2008 et le coût de la guerre achèvent le processus, au point que le modèle de défense du Royaume-Uni n'est désormais plus "durable". La nouvelle Strategic Defense Review, attendue dans les prochains mois, va devoir concrétiser des choix difficiles, dans un contexte financier particulièrement contraint.
Je remercie d'ailleurs chaleureusement son auteur, le chef de bataillon Pierre Chareyron, qui a eu la gentillesse de me transmettre personnellement cette étude en avant-première!

mardi 29 juin 2010

Quand l'armée américaine déménage...

Pour la logistique militaire américaine, réduire la voilure en Irak est une tâche aussi ardue que de rassembler une force internationale d’invasion à des milliers de kilomètres des États-Unis, suivre la rapidité des avancées fulgurantes lors du lancement de l’opération Iraqi Freedom en mars 2003 ou répondre aux besoins quotidiens durant sept années d'occupation marquées par l’emploi massif de « bombes de fortune » sur les axes routiers.

Aujourd'hui, la machine de guerre américaine lève le camp avec hommes, véhicules, armes et bagages.

L'ampleur du transfert engendré par la simultanéité d’un double mouvement, passage en Irak à une force de moins de 50 000 hommes pour août 2010 et l’envoi en Afghanistan de 33 000 hommes, est comparée à l’effort logistique de la Seconde Guerre mondiale. D’ailleurs, la manœuvre logistique actuelle est baptisée Nickel II en mémoire de la volte-face de la 3ème Armée du général Patton. En trois jours, en décembre 1944, l'homme de fer fait pivoter l'ensemble de ses troupes du Nord vers l’Est pour participer à la contre-attaque suite à l'offensive dans les Ardennes.

Après un recensement minutieux des stocks et une étude des coûts de transport par parcs, trois options sont possibles pour chaque équipement. Certains sont directement transférés en Afghanistan, d’autres sont envoyés aux États-Unis pour servir aux entraînements et les derniers restent sur place. En une année (sur un retrait promis en 16 mois par le président Obama...), 35% des équipements devant quittés l’Irak l’ont réellement fait.

Cet effort titanesque impliquerait le mouvement de trois millions de pièces d’équipements, la fermeture en Irak de 350 postes avancés, le transfert de 88 000 containers et de 41 000 véhicules (dont de nombreux véhicules MRAP d’un modèle trop lourd pour être employés sur les routes afghanes ou alors pas assez robuste pour le relief). De plus, de nombreux véhicules rejoignent les stocks de l’armée et de la police irakienne : leur coût de transfert vers une destination hors d'Irak étant supérieur à leur valeur unitaire.

Dans ce chassé-croisé, la priorité numéro un est bien de soutenir l’effort de guerre en Afghanistan. Aux hommes envoyés en Afghanistan s’ajoutent les 5 000 véhicules nécessaires à leur mission, l’envoi de la dernière génération de véhiculés protégés, le MRAP appelé M-ATV à un rythme de 500 par mois, de ballons dirigeables pour une surveillance longue durée d’une zone, etc. Et tout cela par des voies d'acheminement saturées…

En Irak, la quasi-totalité des équipements transitent via le Koweït, véritable plaque tournante aéroportuaire et possible nœud vulnérable. La flotte militaire américaine de 18 navires roll-on/roll-off est grandement mise à contribution, en plus de navires privés affrétés pour l'occasion. Enfin, les sociétés militaires privées spécialisées dans le transport, le soutien, la maintenance, etc. participent à ce grand déménagement. Si l’empreinte au sol des militaires américains se réduit (passage à une force à l'été 2010 de moins de 50 000 militaires américains), celle des civils sous contrat avec le ministère de la Défense ne suit pas proportionnellement cette décroissance.

Pour la logistique de l'armée américaine, s’en aller n’est définitivement pas plus simple que d’y aller ou d’y être.

vendredi 25 juin 2010

Rappel - Colloque : La logistique, fonction opérationnelle oubliée?

On me signale dans l'oreillette, qu'il reste encore des places disponibles pour assister au colloque sur la logistique comme possible fonction opérationnelle oubliée. Il se tiendra le mardi 29 juin 2010 à l'École Militaire (Paris-7ème), amphithéâtre Lacoste.

L'Alliance Géostratégique et le club Participation et Progrès vous attendent pour un riche programme (1ère table ronde, 2nde table ronde, et les suivantes...).

L’entrée est toujours libre et il est toujours demandé de s'inscrire simplement auprès d’AGS :
alliancegeostrategique@gmail.com

En espérant vous voir nombreux lors de cet événement pour parler d'un aspect peu traité et néanmoins fondamental des opérations militaires.

Il permettra en plus à certains de connaître ceux qui se cachent derrière des pseudos, noms d'auteur, et autres mails anonymes, etc.

mercredi 23 juin 2010

L’USMC et Charles Darwin + MAJ

Un article du Los Angeles Times daté du 21 juin 2010 revient sur les réflexions ayant actuellement cours quant au futur du Corps des Marines des États-Unis, cette composante interarmées intégrée des forces armées. Évoluer ou disparaître ?La mission génétique de l’USMC est d’être un corps expéditionnaire tourné vers le combat terrestre après un déploiement depuis la mer et sous couverture aérienne. Il s’y entraîne toujours, comme le démontre l’exercice décrit, mais de manière moins régulière.

En effet, depuis la Guerre de Corée, les Marines ont mené peu d’actions de vive force de la mer vers la terre et au mieux, d’une ampleur limitée (en particulier au Vietnam). Rien de comparable avec septembre 1950 et le débarquement sur les arrières de l’ennemi à Inchon.


Vue du débarquement d'Inchon le 15 septembre 1950 (crédit AP).

Les Marines ont connu la région d’Anbar en Irak et du Helmand en Afghanistan pour de la contre-insurrection, le Liban pour de l’évacuation de ressortissants, etc. Si le modèle massif d’Iwo Jima n’a plus été rejoué, des opérations réduites ont été menées avec une composante amphibie, comme à Haïti pour l’opération humanitaire après le récent séisme.

Comme l’a énoncé le secrétaire à la Défense, Robert Gates, le coût actuel d’une telle opération ferait qu’elle ne serait pas forcément employée. Des organisations comme le Hezbollah, des états comme la Chine, ont des systèmes anti-navires longue portée employables pour interdire l’accès aux cotes.

Ainsi, trop hasardeuse, ces opérations sont-elles appelées à mourir ? Faut-il maintenir ses compétences de peur de les perdre et même si elles ne sont pas employées actuellement ? La plus grande dureté des futurs combats, prédite par nombre d'observateurs, fera-t-elle que de telles opérations soient à nouveau possibles qu'importe le prix ?

Autant de questions auxquelles les Marines tentent de répondre. Entité à part justifiant son existence par un positionnement dans une niche, l’USMC se doit doublement de s’adapter pour survivre comme institution. Poursuivre à représenter une plus value (la double intégration aéroterrestre et aéromaritime, par exemple), tout en répondant aux défis du moment.

MAJ : le Los Angeles Times a donné à un lieutenant-colonel des Marines un droit de réponse. Il y développe le concept de "crisis responce force" pour des objectifs médians (tenir des points, des camps, être une force d'intervention d'urgence, missions humanitaires, etc.). C'est pour lui, un des futurs de l'USMC.

mardi 22 juin 2010

Vanité des vanités, tout est vanité

Le rédacteur de Mars Attaque est très heureux (et pas peu fier) de vous annoncer la naissance du petit premier. Un bel article de trois pages paru dans le Hors-série de DSI spécial Eurosatory traitant de l’avenir des blindés.

L’article intitulé "les opérations de bréchage : de l'enfer normand à l'enfer afghan" s’intéresse au franchissement de vive force d’obstacles battus par les feux du Débarquement en Normandie jusqu’aux monstres britanniques et américains opérant en Afghanistan.

Pour du plus théorique et de la sainte prospective, ne manquez surtout pas l’entretien avec le général Vincent Desportes. Avant d’être le commandant du CDEF puis le directeur du CID, il a surtout été un officier de cavalerie.

Et suivez aussi le camarade Benoist Bihan dans ces réflexions sur le concept de Véhicule de Combat d’Infanterie (VCI) et sur la réorganisation des forces blindées de demain. Il a une excellente capacité à « Penser autrement »

lundi 21 juin 2010

Le Helmand, « green zone » et green de golf

Mieux que la Déroute du Monde en Afrique du Sud et après le water-polo afghano-américain, c’est bien de green de golf dont il sera question, et en Afghanistan. Les analyses d’une information anodine permettent réellement de couvrir tout le champ du possible…

Si un caillouteux parcours 9 trous situé à l’est de Kaboul a ré ouvert en 2004, ce n’est que récemment que certains GI’s et Marines américains profitent d’infrastructures plus précaires pour s’adonner à cette activité dans le sud afghan.

En effet, la chaîne américaine CBS rapporte que des amateurs américains de golf ayant des proches déployés en Afghanistan ont décidé d’y envoyer les balles usagées de leurs clubs respectifs pour que les militaires puissent taper dans la petite balle blanche.

Le militaire voit dans la pratique du golf une activité de détente qui permet de s’extraire du quotidien stressant des patrouilles ponctuées par les explosions d’IED.

Le citoyen engagé défend cette initiative, simple à réaliser et lien qui unit la société à son armée. Ces balles sont l’équivalent pour les adultes des dessins d’enfants envoyés à Noël.

L’écologiste dénoncera les conséquences néfastes de multiples balles qui, se décomposant, relâchent des produits toxiques dans l’écosystème, en particulier dans le fleuve.

Le sportif aventurier du dimanche prévoit d’organiser le premier Open de Golf du Helmand et se dit que le golf est vraiment un sport d’homme : c’est même pratiqué par les Marines.

Le culturaliste se dit que l’usage du golf en Afghanistan est un marqueur de transposition culturelle, l’hybridation d’une « American way of life-Afghan local color ».

L’anti-capitaliste s’insurgera contre la pratique d’un sport de bourgeois auprès des pauvres paysans afghans, prolétaires locaux dominés par le haut patronat militaire yankee.

À toutes ces analyses réellement lues sur Internet s’ajoute la vôtre qui est sans doute encore différente…

samedi 19 juin 2010

Le futur réseau ferré afghan au cœur d’enjeux stratégiques

Le premier tronçon ferroviaire de l’histoire de l’Afghanistan a été inauguré à la fin du mois de mai. Un convoi comprenant 27 containers de marchandises, parti le 14 mai de Riga en Lettonie, est arrivé le 9 juin à la frontière entre l’Afghanistan et l’Ouzbékistan après un passage par la Russie. Ces premiers 75 kilomètres de rails en territoire afghan sont avant tout symboliques. Mais un signe positif dans une avalanche de mauvaises nouvelles.

La ligne doit relier à terme la frontière ouzbèke avec la ville de Mazar-e Sharif. Les retombées attendues sont importantes, en particulier pour la logistique des 140 000 militaires de la coalition. En effet, le coût du transport par voie ferroviaire revient à 10% de celui par air. De plus, cette ligne désengorge les voies d’approvisionnement passant par les cols saturés et dangereux de la frontière afghano-pakistanaise.

Les différents dirigeants de l’Afghanistan, en particulier les monarques, ont toujours refusé la construction de voies ferroviaires dans leur pays. Ils voyaient ces infrastructures comme un moyen d’être asservi à l’une ou l’autre des puissances (Russie ou Grande-Bretagne) qui se disputaient alors ces régions d’Asie Centrale. Aujourd’hui, les projets se multiplient.

Les possibles ingérences étrangères ont-elles pour autant disparu? En plus de cette ligne financée à 97% par la Banque Asiatique de Développement, une ligne Herat-la frontière iranienne doit prochainement ouvrir en plein territoire indien du sud afghan. Enfin, au moins deux projets sont en cours d’études par des firmes minières chinoises, tout en s’attirant les foudres de la diplomatie indienne…

L’arrivée à maturité de nouveaux moyens de transports a été un marqueur de modernité lors de la Seconde Révolution Industrielle (mi-19ème siècle - veille de la Première Guerre mondiale). Ainsi, en Grande-Bretagne, la première ligne ferrée est inaugurée en septembre 1825 pour le transport du charbon et en 1830, la première ligne régulière de transport de passagers relie Manchester à Liverpool. La révolution ferroviaire ne fait que commencer.

Le très malhabile secrétaire de la Défense britannique, Liam Fox, ne pourra plus dire que l’Afghanistan “n’est qu’un pays troublé du 13ème siècle”. Avec son réseau ferré, l’Afghanistan rentre au minimum dans le 19ème siècle…

Article publié simultanément sur l'Alliance Géostratégique.

vendredi 18 juin 2010

Des gardes suisses à Blackwater

Après un numéro 1 sur "Les crises en Afghanistan depuis le XIXème siècle", actes d'une journée d'études malheureusement non disponibles sur Internet, l'Institut de Recherche Stratégique de l'École Militaire met en ligne le volume 1 du numéro 2 des "Études de l'IRSEM".

Intitulé "Des Gardes suisses à Blackwater - Mercenaires et auxiliaires d'hier et aujourd'hui", cette imposante monographie apporte des clés de compréhension d'un phénomène qui ne peut plus être ignoré : les acteurs de la violence à l'œuvre au cours des oppositions armées ne sont plus uniquement des combattants et des non-combattants enrégimentés.

Sous la direction de Jean-Jacques Roche, l'un des grands noms français sur ce sujet, les auteurs dressent un panorama du phénomène dans une approche historique. Les idées reçues sont battues en brèche, les différents aspects (juridiques, économiques, politiques) sont traités et de nombreuses questions trouvent ici des réponses étayées.
Depuis le conflit irakien, l’étude des origines du mercenariat apparaît comme une priorité pour répondre aux interrogations suscitées par la généralisation massive du recours aux sociétés militaires privées.
Jean-Jacques Roche propose à travers les pages de ce rapport de se plonger dans la dimension historique des sociétés militaires privées (SMP), de la Rome antique à la guerre du Viêt-nam en passant par la cour des rois de France et les casernes de la Légion étrangère d’Aubagne et permet de vérifier que le mercenariat est présent à toutes les époques.
En effet, l’espace du mercenariat n’a cessé de s’étendre. Hier circonscrit aux conflits oubliés d’Afrique et d’Amérique latine, il s’est élargi aujourd’hui à la planète entière.
Les auteurs abordent le mercenariat au fil du temps et de l’histoire, en contournant les idées reçues et en analysant de façon académique et scientifique ce phénomène qui fascine de nombreux journalistes ou écrivains.
Le lecteur pourra aussi se rapporter à l'étude de cas fort bien traitée par Geroges-Henri Bricet des Vallons sur les armées privées en Irak.

samedi 5 juin 2010

La logistique, fonction opérationelle oubliée

L’Alliance Géostratégique parraine le colloque organisé par le club de réflexion Participation et Progrès sur « La logistique, fonction opérationnelle oubliée ».

Le colloque se déroulera le mardi 29 juin à l’École Militaire (Paris 7ème) dans l’amphithéâtre Lacoste. L’entrée est libre, mais nous vous demandons de vous inscrire auprès d’AGS : alliancegeostrategique@gmail.com

Entre permanences et mutations, la logistique est au cœur de nombre de réflexions menées afin d’adapter cette fonction majeure au monde d’aujourd’hui. Loin de reposer uniquement sur l’aspect managérial de la gestion de stocks, de flux, etc. , la logistique s’inscrit dans un cadre plus complexe traitant de la stratégie des accords de passages, d’approche multi-acteurs, de procédures en zone de combats, etc.

Autant d’aspects qui seront traités par des chercheurs et des praticiens, des militaires et civils, des institutionnels ou des industriels. Avec en prime, plusieurs interventions de membres les plus imminents de l’Alliance géostratégique. La journée sera organisée en quatre tables rondes intitulées :

1ère table ronde : Comprendre la logistique dans les conflits modernes
2ème table ronde : La logistique moderne : ce que l'on garde et comment on l’organise
3ème table ronde : La logistique et l'industrie
4ème table ronde : Quel partage entre logistique militaire et civile ?

En espérant vous voir nombreux lors de cet événement.