mardi 28 octobre 2008

Partie 1. Présentation du Livre blanc sur la politique étrangère.

Comme promis, je m’attelle à une rapide analyse personnelle (en 4 à 5 parties) du Livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France 2008-2020. La France et l’Europe dans le monde. Pour se rapprocher de quelque chose que je connais un peu mieux, il y aura dans mes propos l’utilisation du Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale comme référent. Les rédacteurs de ces deux documents ne cachant pas que leur conception a été faite de façon concertée en parallèle des travaux portant sur la RGPP : comment faire des économies d’échelle en gagnant des capacités et sans en perdre (est-ce possible d’ailleurs réellement malgré les efforts de rationalisation ?).


Ce LB a été donc fait au profil du MAEE (Ministère des Affaires étrangères et européennes) voulu comme « un ministère de le mondialisation » suite à une lettre de mission de juin 2007 donnant comme objectif « d’identifier de manière opérationnelle : les missions prioritaires assignées à notre appareil diplomatique dans le contexte d’un monde en pleine évolution; les aménagements à apporter à l’organisation et aux structures du MAEE, pour qu’il se concentre sur ces missions; les conséquences à en tirer sur les métiers spécifiques de ce ministère». La commission de rédaction était présidée par Alain Juppé, maire de Bordeaux, épaulé par Louis Schweitzer, président de la HALDE et ancien patron de Renault.


Résultat d’auditions et de séances de travail (listes consultables en annexe), le document répond à la question du positionnement de la France et de l’Union européenne (France en tête bien sur) mis côte à côte, dans le monde. Il se présente en trois grandes parties : tout d’abord un constat et une prospective à travers le prisme de « la mondialisation », ensuite une définition de l’action que doit être celle de la France au sein « du multilatéralisme » et enfin 12 propositions visant à répondre à cette nécessité de réforme de l’outil français (que l’on sent entre lignes, déjà dépassé et qui doit changer pour suivre les nouvelles perspectives).


Dès l’introduction, en fond, l’héritage français, où la France était à une autre place que celle où elle est actuellement, est rappelé régulièrement : pour vaincre les peurs d’un possible déclassement ? La problématique est ensuite soulevée : « Notre diplomatie a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Alors que nous vivons une situation paradoxale - avec d’un côté, un monde concurrentiel, fragmenté et dangereux, particulièrement exigeant pour notre action extérieure, et de l’autre, un ministère des Affaires étrangères et européennes dont les moyens n’ont cessé de se réduire - il n’est plus possible de différer la réponse à cette question essentielle. »


Les pages qui suivent doivent alors répondre à l’équation : Comment faire avec moins de moyens (les contraintes budgétaires étant admises) pour garder une présence efficace et planétaire ? Avec déjà l’annonce par des mots pour cacher les maux: « la concentration des moyens du réseau diplomatique, où les plus petits postes seraient réduits à une mission de présence allégée ». Car malgré l’optimisme affiché : « Ce Livre blanc doit contribuer à un processus de modernisation et de transformation de l’outil diplomatique de la France, où adaptation à l’environnement stratégique et réforme publique ne s’opposent pas, mais se complètent », une posture pragmatique et réfléchie par rapport à la composante économique est nécessaire. Car si le recentrage de l’action diplomatique sur des priorités (action culturel, Union européenne, Aide au développement, défense des Droits de l’Homme, réponse aux crises, gestion de l’interministériel, services aux expatriés,…) est indispensable et contraint, autant ne pas se tromper sur le choix de ces dernières.

3 commentaires:

Frédéric a dit…

Merci pour ses analyses, ce Livre Blanc est passé totalement inaperçu par nos médias.

tomate a dit…

Bonsoir !

je prends connaissance , petit à petit, de ce document.
A mi - parcours, une réflexion :
Sur certains aspects, c'est une usine à gaz ( mais bon, je m'en doutais , et j'ai acheté , par anticipation et précaution , une boîte d'allumette - provenance finlande - ), et je m'interroge :
il est louable de réaliser une photo à T . Toutefois, le double objectif de la simplicité et de l'efficacité , concernant certaines recommandations, est absent. De facto, soit je n'ai compris le contenu de la lettre de mission de Mr le président, soit il y a comme un delta, qui subitement, est apparu ( Mon dieu !!! Pardon... Mes DIEUX!!! Te r'vlà P'tit Moise !!! ).
Hum...Humm... Pour le reste, certaines recommandations sont pertinentes, concrètes et appelle une action immédiate... Même si le budget ne conrrespond pas aux besoins, Une "perquisition" bien coordonnée et argumentée chez les LECLERC, CARREFOUR, LAROUSSE, HACHETTE, CLAIREFONTAINE, MAPED, TOUT A 5 EUROS, XEROX ( et son RANK...), FUJITSU-SIEMENS ET HP devrait apporter des résultats immédiats et salvateurs!
Bien sur, il faut se présenter avec les vieux SIMCA, et les vieilles vestes 70's et cravates associées...

Bonne soirée !!! Moi, je poursuis la lecture.

F. de St V. a dit…

Le silence dans les médias a été vraiment criant pour cela en effet. Sans doute avait il plus important: ce n'était pas l'époque du mariage de notre président?

Mauvais langue!!!