samedi 1 mai 2021

Génie - A propos du franchissement dans l’armée de Terre. Ou de l'effet des LPM successives sur certaines capacités (+ MAJ 2)

Le blog FOB évoque la publication récente d’une demande d’information sur des systèmes de franchissement de coupures humides. Il s’agit de la relance (sans se presser…) du programme SYFRALL (parfois aussi appelé SYFRAL), pour "système de franchissement lourd-léger", non nommé dans la demande mais comme rappellé par l’intitulé du document : "20210428_NP_DGA-DO-S2A-DA-BS_DI-SYFRALL v1.3_OD+CNR cs.docx". Un programme du début du siècle. Une illustration parmi d'autres des enjeux de cohérence physico-financière, et de la gestion des contraintes et des priorités lors de la construction de la programmation militaire.

Cette demande d’information, pour rappel, indique que :
"La présente "demande d’informations" (DI) a pour objectif principal de fournir à la Direction générale de l’armement (DGA) des informations sur la capacité des opérateurs économiques à fournir un système de franchissement de brèches humides. Ce système comprend le moyen de franchissement et le porteur chargé de le transporter et de le mettre en œuvre".
 

Crédits : 1er RI.
 
Apprendre / ré-apprendre
 
Cet effort étape par étape s’inscrit plus globalement dans l’actuel schéma directeur "appui à la mobilité terrestre", avec l'arrivée souhaitée d’une nouvelle trame simplifiée de franchissement attendue "à l’horizon 2023" (du moins, selon le calendrier à ce jour attendu). Avec objectif d'apporter une réponse à des capacités de franchissement dans l’armée de Terre en réduction depuis des années, qui tout en restant aux mains du chef interarmes de niveau brigade, manquent pour fournir, en nombre, des capacités au contact ou à proximité de l’ennemi. Ainsi, il s'agit bien, dans le cadre de la remontée en puissance d'une modernisation, en nombre et en qualité, pour pouvoir répondre au franchissement des moyens d’une brigade Scorpion, "tout en étant mis en œuvre par les sections du génie au plus près des unités de tête" (cf. "Quels sont et seront les apports du génie au combat débarqué ?", par la Direction des études et de la prospective du Génie, Magazine Fantassins n°42, printemps-été 2019).

Le franchissement qu'il soit "continu" (type "pont") ou "discontinu" (type "bac" / "portière"), qu’il soit "sous menace" (c’est-à-dire dans une situation tactique où un ennemi clairement identifié cherchera à s’opposer à la manœuvre, avec une rive déclarée "rive amie" et l’autre "rive ennemie") ou "sous contraintes" (dans une situation tactique où il n’y a pas d’ennemi en mesure de s’opposer directement à la manœuvre de franchissement, et donc uniquement le besoin d'un dispositif de sûreté adapté), revient au 1er plan, notamment dans le cadre de l'adaptation attendue à "la grammaire de la guerre de haute intensité". Un point relevé lors du retour d'expérience du récent exercice Warfighter 21 au Texas (USA) en Avril 2021 (sur 10 jours/10 nuits) pour la 3ème division française, sous la direction de l'US Army’s III Corps avec la 1st Armored Division (US) et la 3rd Division (UK). Sans sous-estimer d'éventuels emplois, par exemple, lors de catastrophes naturelles (inondations, crues, tempêtes, etc.).
 
 
Crédits : 1er RI.
 
Ce programme SYFRAL avait été abordé dans le cadre de l’actuelle LPM par le CEMAT lors d’une audition devant la Commission de la défense nationale et des forces armées en février 2018 : 
"Plusieurs autres programmes s’inscrivent dans le cadre de cette modernisation accélérée : la suite du programme Scorpion, les véhicules blindés d’aide à l’engagement (VBAE), le système de franchissement léger (SYFRAL), le module d’appui au contact (MAC), le mortier embarqué pour l’appui au contact (MEPAC), le véhicule léger tactique polyvalent protégé (VLTP-P), pour lequel nous avons déjà des orientations, voient leurs études accélérées pour anticiper si possible leurs livraisons".
Des moyens comptés, à moderniser en quantité et qualité

La demande d’information le rappelle, et l’article de FOB également, les moyens actuels nécessitent remplacement et modernisation :
"Les armées emploient des moyens de franchissement de coupures humides tels que l’Engin de Franchissement de l’Avant (EFA) et le Pont Flottant Motorisé (PFM). Remplaçant ces moyens tout en augmentant les capacités de franchissement, le [futur] produit devra répondre aux caractéristiques décrites en annexe. La DGA accorde une attention particulière à la capacité du porteur à transporter en sécurité et à mettre en œuvre, selon des caractéristiques variées des berges et de courant, le moyen de franchissement".
Le précédent CEMAT l'indiquait en 2017 en audition à la Commission de Défense et des forces armées de l'Assemblée nationale :
"À l’est, nous pouvons être engagés sur des portions de terrain où il y a une coupure humide tous les dix kilomètres. À ce jour, il ne doit rester que cinq cents mètres de ponts, qui doivent en outre être modernisés". 
A ce jour, les régiments de Génie au sein des brigades interarmes disposent du seul moyen léger de franchissement (MLF), et les moyens dits "lourds" sont concentrés au sein du 6ème RG (et de la compagnie mixte de franchissement avec des moyens PFM et EFA, des militaires d'actives ou des militaires de réserve), au 19ème RG (avec une section d'EFA) et au 13ème RG (avec 2 sections de moyens type SPRAT - 10 exemplaires au total, systèmes conservés au moins jusqu'en 2030).

A l’horizon 2023, avec la livraison et la mise en service de l'attendu système de nouvelle génération SYFRALL (la cible est de 30 exemplaires), il s'agira de permettre l’appui au franchissement des GTIA SCORPION (groupements tactiques interarmes "médians" et "de décision"). Le système est pensé, à ce jour, comme étant un pont en portière de classe 40, et doit apporter une simplification dans la mise en œuvre et le soutien par rapport à l'actuelle génération (avec notamment moins d'opérateurs nécessaires), être transporté en plateau à déchargement rapide (la garantie d’une bonne mobilité terrestre), et mis en œuvre par une SCG (section de combat du Génie). Avec son niveau de modularité, il doit pouvoir constituer indifféremment une portière MLC 40, MLC 85C/100R et un pont MLC 85C/100R ; seule la quantité de matériels changeant pour atteindre ses différents attendus.

Il s’agit, plus globalement (avec un horizon 2030) de redonner une autonomie de franchissement aux brigades, tout en consolidant la capacité de franchissement logistique. L'ambition est que chaque régiment de Génie au sein des brigades interarmes devra pouvoir garantir à leur brigade une capacité de franchissement de 2 points de passage discontinus pour tous les véhicules, jusqu’au Leclerc rénové (dont avec une capacité MLC 85C), comme l’explique dans une présentation intitulée "Franchissement, vers de nouveaux matériels" (Revue Vauban, 2020), la Direction des études et de la prospective (DEP) de l’École du Génie. Le 19ème RG et le 31ème RG, régiments du génie d’appui divisionnaire (RGAD), eux armeront chacun 100 mètres de pont pour des opérations de franchissement logistique.
 

Crédits : 2è REG.

La manoeuvre est pensée en plusieurs temps, avec un premier temps où les régiments du génie des BIA (1er REG, 3ème RG, 13ème RG, et 17ème RGP) sont dotés (cela est effectif depuis quelques mois) de 300 mètres linéaires de PFM F2 (pour avoir la capacité de réaliser 1 point de passage avec 2 portières). Le PFM F2 (modernisé dans le cadre d'un contrat passé en 2015) a depuis lors été projeté en Côte d'Ivoire au sein du 43è BIMa, à Abidjan. Le 6ème RG, devrait recevoir l'année prochaine de modules PFM F2 permettant de réaliser 100 mètres de pont. 500 mètres au total étant prévus dans les actuels contrats. Alors que le 19ème RG conservera sa capacité de franchissement EFA (l'armée de Terre disposant d'une petite trentaine de ces systèmes, des moyens prévus pour être retirés du service en 2025). Avec donc un risque de rupture temporaire de capacités (RTC) si le système SYFRALL n’arrive pas à temps (et si les actuelles questions de maintien en condition opérationnelle de certains systèmes en dotation ne trouvent pas de réponse...). La rénovation du PFM F1 en PFM F2 consiste surtout en une augmentation de la puissance des propulseurs (de 75 à 90 cv), l'ajout d'une commande à distance et l’incorporation dans les modules de rampes courtes, tout cela transporté par de nouveaux ensembles routiers (tracteurs, pour certains blindés, de la marque Scania et remorques), garantissant une certaine aérotransportabilité. Une nouvelle organisation permet la réalisation de portières de MLC 40 avec moins de modules, d’où un allègement logistique et humain (1 seul opérateur pour gérer tous les propulseurs, par exemple).
 

Sur la lagune abidjanaise. Crédits : 43è BIMa.

MAJ 2 : La DGA préçisant que le contrat de modernisation portait sur 10 systèmes à transformer en PFM Rénové ou PFM F2 (soit la rénovation de 20 modules et 4 rampes longues, et la réalisation de 10 rampes courtes directement intégrées aux modules, facilitant la logistique car les rampes courtes n'ont pas besoin d'être transportés sur des camions séparées, et accélérant le déploiement car elles sont déjà intétégrées aux modules). Et qu'il intégrait notamment le fait d'apporter une meilleure protection par le blindage de 10 des nouveaux camions tracteurs (Scania). Le communiqué préçisait :
"Le premier système de présérie composé de 2 modules avec rampes courtes a été livré en juillet 2020 et a été utilisé avec succès par l’armée de Terre en Côte-d’Ivoire entre août 2020 et mars 2021. Les huit autres modules de série avec rampes courtes viennent d’être réceptionnés par la DGA et livrés au 6e régiment du Génie et à l’école du Génie, tous deux situés à Angers (Maine-et-Loire). Les dix derniers modules rénovés ainsi que les quatre rampes longues rénovées seront livrés à l’été 2021, toujours au 6e régiment du Génie".
A la mise en service du SYFRALL, tous les régiments du Génie seront dotés de ces nouveaux matériels, tout en conservant leurs MLF (au moins jusqu’à 2030), ce qui augmentera la capacité de franchissement de nouvelle génération (39 portières MLC 40R, 24 portières MLC 85C/100R et 300 mètres de pont MLC 85C/100R). Une flotte d'environ 220 camions PPLOG DP (porteurs polyvalents logistiques avec dispositif de protection) est prévu pour transporter l'ensemble.
 

 Vue d'artiste du programme SYFRALL. Crédits : privés.
 
Le retour d'un mort-vivant
 
Lors de la même audition, déjà citée, le précédent CEMAT préçisait le besoin :
"En ce qui concerne les capacités interarmes liées à l’engagement dans le Nord de l’Europe, nous sommes ici confrontés à un nouveau théâtre d’engagement. Les forces en présence sont plutôt de type régulières, préparées pour la haute intensité, et c’est pourquoi nous y avons déployé avec les Britanniques en Estonie des chars Leclerc et des véhicules blindés de combat d’infanterie (VBCI). [...] En Lituanie plus encore qu’en Estonie, les conditions de mobilité sont très réduites du fait de la géographie - il y a une coupure humide, autrement dit un fleuve, tous les dix kilomètres, ce qui nécessite des moyens de franchissement - et du fait de l’hiver – l’importante épaisseur de la neige nécessitant l’utilisation de moyens particuliers. Pour ce qui est en particulier des capacités de franchissement, nos pays [France, Grande-Bretagne et Allemagne] comptaient l’un sur l’autre ; seulement, les restrictions capacitaires ont affecté les mêmes secteurs de chaque armée, si bien que les armées britanniques, allemande et française sont toutes trois fragiles en matière de franchissement et aucune ne peut vraiment aider l’autre. Le système de franchissement léger (SYFRAL) fait par conséquent partie des objectifs de remontée en puissance de l’armée de Terre. Nous avions un peu perdu de vue cette particularité du centre-Europe puisque, depuis vingt ans, nous faisons la guerre plutôt en Afrique subsaharienne où le franchissement n’est pas un facteur déterminant".
Mais comme l’indique par le député Jean-Marc Larsonneur (dans un "Avis sur le projet de loi de finances pour 2018", déposé fin 2017), cela était loin d'être gagnée du fait des priorités à définir dans les volumes donnés :
"Parmi les équipements censés être financés sur ces crédits, faute de ressources financières suffisantes, l’armée de terre a été contrainte de reporter ou de réduire plusieurs opérations d’intérêt opérationnel pourtant certain. […] Il en va de même du programme SYFRAL, qui vise à doter les GTIA SCORPION d’une capacité de franchissement tactique sans laquelle la manœuvre de matériels majeurs comme les Griffon et les Jaguar sera considérablement limitée sur certains terrains. L’armée de Terre n’a pas, pour l’heure, les moyens de le financer"
Ce manque était déjà identifié dans le rapport d’information d’une mission d’information sur l’opération Serval au Mali, par les députés Christophe Guilloteau et Philippe Nauche, de fin 2013. Au titre des "lacunes capacitaires actuelles de l’armée de Terre et les moyens envisageables pour les combler", les rapporteurs notaient :
"S’agissant des moyens de franchissement des véhicules : le franchissement du Niger a été réalisé par des moyens civils locaux, empêchant une pleine liberté d’action et de sécurité opérationnelle. Une véritable autonomie des brigades d’intervention dépendra de l’acquisition du futur système de franchissement léger (Syfral). En effet, les moyens lourds ne peuvent être déployés dans une opération d’urgence d’entrée en premier du type Serval".
 
Crédits : EMA.
 
Pour reprendre la genèse d'un tel programme, il faut rappeller  qu’un précédent appel d’offres était sorti sur le sujet il y a déjà 10 ans, avec un objectif d’état-major décrivant un tel système léger de franchissement émis en 2004, pour les ces capacités d’Agencement de l'Espace Terrestre (AGESTER). En mars 2011, un appel d’offres était bien lancé avec comme objet "réalisation du Système de Franchissement Leger (Syfral) et du soutien associé". Il était indiqué que, à titre indicatif, "le nombre de système à acquérir est de l'ordre de 30 unités. Le début d'exécution est prévu second semestre 2012".
 
En 2012, il était indiqué lors de l'audition de PME / ETI que, selon Philippe Demigné, alors membre du directoire, directeur général "Systèmes Industriels" du groupe CNIM :
"CNIM, qui est l’acteur principal en France des systèmes de franchissement de brèches - ponts d’assaut et logistiques -, peut témoigner de cette tendance, avec toutes les incertitudes qui planent sur un appel d’offres en cours, le programme "Syfral", système de franchissement de cours d’eau aérotransportable. S’il ne conduit pas à une notification dans les mois à venir, cela remettra en cause la pérennité de notre activité dans le domaine et rayera de la carte l’existence d’industriels français dans le secteur. Avec un contrat tous les dix ou quinze ans, l’activité ne peut perdurer naturellement".
Et la presse (Les Echos) préçisait que :
"Le programme Syfral de ponts de franchissement a été renvoyé aux calendes grecques. Etant donné son expertise sur le sujet, l'entreprise CNIM avait de grandes chances de remporter l'appel d'offres. Au-delà de la perte potentielle de chiffre d'affaires, au moins 100 millions d'€, c'est celle du savoir faire de ses ingénieurs qui préoccupe le PDG, Philippe Demigné. Entre 50 et 80 personnes sont concernées". 
Et selon certaines sources : "Suite à l’appel d’offres, la DGA a  bien étudié, comme prévu, les réponses des industriels au second semestre 2012. L’annonce fin 2012 d’une nouvelle Loi de programmation militaire (LPM) a alors provoqué la mise en attente durant toute l’année 2013 des programmes en cours de lancement". Et le sort du programme a été scellé lors de la publication de la LPM 2014-2019 dans le choix des besoins prioritaires, en le repoussant, potentiellement à l'actuelle LPM.

Différents acteurs (français, et étrangers...)

Plusieurs entreprises, autres que CNIM - Constructions navales et industrielles de la Méditerranée, (société aujourd'hui, en partie, tirée d'affaire suite aux risques récents de démantèlement, déjà sur les rangs d'ailleurs lors du précédent appel d’offres), mentionné dans l'article du blog FOB, sont évidemment intéressées. Avec une nouvelle génération de Pont Flottant Motorisé (parfois appelée PFM F3) récemment dévoilée.
 

Passer d'une capacité de 70 à 85 tonnes (et être en mesure de transporter Leclerc, évidemment, mais également les versions les plus lourdes des chars Leopard, Abrams... et demain les différentes composantes du programme MGCS). Crédits : CNIM.
 
Dont CEFA qui avait présenté en 2019 le système SRB -Steel Ribbon Bridge, un système de franchissement "qui s'inscrit dans la relance de la consultation du marché SYFRAL (Système de Franchissement Lourd-Léger) de l'armée de Terre".
 

Citons également la société Deschamps avec un système de navigation à pont intégré léger (LIBRIS), presenté sur différents types de porteurs (Renault Trucks / Arquus, MAN...).
 
Sans oublier des acteurs étrangers comme Krauss Maffei Wegman (avec une offre éventuellement représentée par Nexter Systems, dans le cadre de la holding KNDS), Rheinemetall, ou encore General Dynamics European Land Systems. Sans rechercher l'exhaustivité parmi les prétendants possibles (le récent appel d'offres polonais étant à ce titre illustratif).
 
Quasi 20 ans après son lancement, l'issue de ce programme SYFRALL est donc, peut-être, prochaine.
 
MAJ 1 : Un des programmes majeurs, parmi d'autres pour l'arme du Génie dans les années à venir :
  • Le programme Moyen d'Appui au Contact ou MAC, pour 70 exemplaires pour l'armée de Terre (avec ou sans remorque...) livrés normalement à partir de 2026, pour lequel les industriels intéressés s'agitent (CNIM / Texelis, Arquus, UNAC...). Le successeur, du moins en partie, de l'EBG (Engin Blindé du Génie, dont 50 exemplaires sont encore officiellement en dotation), notamment dans sa version modernisée dite "Vulcain" (nouveau bras de travail, godet de terrassement, pince à grumes, climatisation, treuil, etc.)  ;

Vue d'artiste. Crédits : privés.

  • L'expérimentation en cours de moyens de bréchage blindés (suite au retour d’expérience des opérations à Mossoul, Irak, le nombre de bulldozers blindés disponibles était un des points clés demandés chaque matin par le patron des forces US durant la bataille de Mossoul, au même titre que la couverture aérienne, notamment en drones). Avec des bulldozers plus costauds que les actuels bulldozers D6K ou TNA déjà perçus, et dont les cabines ne sont que peu (kits adaptables) ou pas protégés, et cela en plus de l'arrivée du SDMAP - système de déminage pyrotechnique contre les mines anti-personnel) ;

 

D6K lors de l'opération Amitié (Liban, 2020). Crédits : armée de Terre.

  • Dans le cadre du programme Titan (suite du programme Scorpion) de modernisation du segment lourd ou "de déçision", des engins à chenilles sont prévus (pour des missions de contre minage, minage, bréchage...), en lien avec le programme Main Ground Combat System (MGCS), notamment pour les plateformes et châssis potentiellement communs, et dans les dates de production et entrée en service ;
  • Mais encore le programme appelé Apogée pour, à terme, remplacer notamment les moyens type MPG, EGAME, EGRAP, EMAD, etc., avec une base de tracto-chargeur blindé avec treuil et accessoires avant (godet, fourches, etc.).

30 commentaires:

Anonyme a dit…

En effet, quand on voit également où en est notre parc d'équipement du génie, c'est une nouvelle fois l'occasion de constater où nous on mener des années, des décennies, d'errances, dans le tout technologique, drone et compagnies, focalisés uniquement sur les conflits asymétriques de faible intensité.

Pour faire face à des combats violents, le principal engin blindé du génie (l'EBG) est un survivant de la guerre froide, conçu sur un châssis d'AMX30 mis en service il y a un demi-siècle, et toujours pas de successeur !!!

Il était jeune... pendant la guerre du Golfe en 1991:
http://experiencecombattantelafaye.blogspot.com/2019/04/histoire-du-genie-combat-contemporain_23.html

Un peu comme si dans les années 70, on utilisait des équipements conçu durant la Première Guerre mondiale, ou comme ci nos matériels militaires principaux auraient été dans certaines catégories ceux de Seconde Guerre mondiale, jusqu'au début des années 2000.
Aujourd'hui, entre le VAB, l'EBG, l'AUF1, le GBC, et autres encore, on en est bien là malheureusement en 2021.


Il en est de même en terme de capacité de franchissement : Il nous reste une trentaine d'EFA, la plupart sous cocon car du même âge... vénérable.

Là aussi, le "tout-roue" a encore durement frappé: ce n'est en effet pas nos pauvres dix malheureux "SPRAT", qui risquent de beaucoup nous servir.

Puisque en la matière, outre leur nombre carrément ridicule, (là encore elle où la sixième armée du monde) on a encore à faire à une superbe démonstration de totale errance doctrinaire, du tout-roue en l'occurrence porté jusqu'à l'absurde :
17,50 mètres de long, plus de 4 mètres de haut, et autant de large, un engin qui ne peut se déplacer qu'en convoi exceptionnel, un comble pour un véhicule sensé permettre une plus grade mobilité.

Cela d'autant plus qu'à roues, cinq essieux quand même pour un poids de près de soixante tonnes, c'est à dire avec une mobilité déplorable, qui le contraint à n'emprunter que des routes, sélectionnées à l'avance, et déjà suffisamment solides pour le porter, et qui exclue bien évidemment d'office ce monstre dimensionnel et en surcharge permanente pour le moindre tout terrain.

Cela alors qu'un tel engin, dit d'aide à la mobilité, est précisément et plutôt conçu -partout ailleurs- pour poser des ponts hors des itinéraires prévisibles (avec les risques d'IED et autres, notamment).

C'est à dire, encore une parfaite aberration opérationnelle, et conceptuelle. Ajoutez-y encore, un MCO infernal, de plus de 300 000 euros annuel pour "couronner" le tout.

Ce peu de moyens de franchissement, réduits à la portion plus que congrue, et en l'absence presque du moindre véhicule amphibie aujourd'hui (seulement entre 15 et 20% des berges dont exploitables pour un véhicule amphibie), nous rend désormais extrêmement tributaire des ponts et infrastructures à la moindre opération.

Anonyme a dit…


En matière de pontage classique, ce n'est pas mieux, puisqu'aujourd'hui, tous les (vieux) moyens de toute l'armée française, s'ils étaient réunis, seraient incapables de nous faire franchir le moindre fleuve un peu important.

Globalement, nos moyens du génie sont tombés, suite aux "réformes" de 2008 (une des armes parmi les plus massacrées, avec les appuis en général et la logistique: on pourrait faire à peu près le même descriptif, lamentable, pour l'artillerie, ou la logistique en général, qui plus est pour une armée que l'on prétend moderne !).
https://raids.fr/2019/10/08/bientot-200-m-de-pfm-f2-fournis-a-larmee-de-terre/

Cela fait de jolies images:
https:/youtu.be/C-7sOxOW8oc

Avant cela prennait plus de soldats, mais on faisait des franchissements plus long que la totalité des moyens français actuels, notamment sur le Rhin:
https://youtu.be/nCNN-ooZ25s


Actuellement, npour cette capacité, nous sommes en-dessous du niveau d'armées moyennes comme celle de l'Espagne ou de la Pologne, je dis bien, en dessous, et que ce soit au niveau quantitatif que même qualitatif, avec des équipements en moyenne plus récents, et moins usés, jusqu'à la corde, pour ces dernières.

C'est à dire, que nous nous enfonçons toujours plus dans le paradigme d'une armée de seconde zone, devenant toujours plus impropre et devenant peu à peu incapable de la moindre opération réelle de "haute intensité", alors que c'est notre cantonnement à un rôle de flanc-garde pendant la guerre du Golfe en 1991 qui avait incité à faire la professionnalisation.

Une armée de seconde zone, que nous sommes en train de devenir, toujours plus engluée dans notre seul tropisme africain qui est en train de devenir de plus en plus notre alpha et d'oméga en matière d'intervention, quoi qu'en disent certains.

À noter également, qu'il ne peut y avoir de forces de projection conséquentes, de l'ordre de 30 à 50 000 hommes pour une sixième puissance mondiale respectant son rang, sans moyens de projection conséquent.

C'est à dire en particulier naval, seule façon de transporter et de déployer du lourd au delà d'une simple petite brigade mi légère mi médiane.

Près d'un quart de siècle après la professionnalisation et la transformation de l'armée française en une armée de projection, nous en sommes toujours là !!!

Anonyme a dit…

La société française CNIM qui travaille dans le projet ITER, pour Ariane, dans de nombreux projets pour les armées (sous-marins, barges de débarquement, PMF, Bertin Technologies,...) et d'autres encore, mise en danger mortel par la défaillance d'un partenaire au Royaume-Uni pour... un contrat de valorisation des déchets!

La banque Rotschild a bien su négocier le prêt de l'État-Sauveur.
https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/la-restructuration-financiere-de-cnim-fait-flamber-le-cours-de-ce-fleuron-industriel-sauve-recemment-du-demantelement-1955112.php

En échange, la société doit céder des petites choses, sur un secteur pas du tout porteur...
https://www.forcesoperations.com/cnim-en-negociation-pour-ceder-ses-activites-de-cybersecurite/

C'est vrai que l'interdépendance, ça joue parfois des tours...
https://www.lefigaro.fr/international/scandale-greensill-l-ancien-premier-ministre-britannique-david-cameron-admet-des-erreurs-20210411

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/pourquoi-lavenir-nucleaire-dedf-se-joue-au-royaume-uni-1250184

Anonyme a dit…

Dans certains cercles de gens très sérieux, on ne croit pas au retour de la guerre en Europe (pourtant l'Ukraine est bien en Europe):
http://www.societestrategie.fr/actuel-59-concept-de-securite-et-haute-intensite/

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/la-guerre-sera-toujours-la-guerre-mais-autrement-13-04-2021-2421892_53.php

Ce serait des dégâts bien trop considérables pour être envisageable, tout simplement.
Cela relève de l'impensable et donc de l'impensé (même si CEMA et CEMAT font le taf de le dire)...
https://www.areion24.news/2020/10/05/leurope-et-la-guerre-le-retour-du-refoule/

Voilà pour le pourquoi du comment cela se faisse...


Le choix de la légèreté et les contraintes budgétaires font que nous en sommes là.
https://blablachars.blogspot.com/2020/03/ca-roule-pour-larmee-de-terre.html

Après, il peut y avoir des petits irritants avec la réalité, comme par exemple en plein exercice OTAN (avec déploiement de VHM en catastrophe):
http://www.opex360.com/2018/02/28/otan-moment-vbci-groupement-tactique-francais-deploye-lituanie-ont-ete-mis-hangar/

Cachez ces VHM que l'on ne saurait voir...
https://blablachars.blogspot.com/2020/12/barkhane-range-ses-chenilles.html

Mais qui sont tout de même vachement pratiques!
https://www.forcesoperations.com/de-nouveaux-vehicules-chenilles-attendus-en-guyane-en-2021/

https://www.forcesoperations.com/les-vhm-du-2e-regiment-etranger-de-genie-formidables-betes-de-somme/

Même dans l'histoire des "petites guerres", les guérillas mettent à mal en premier les voies de communication:

1/ Le Génie avec des engins à roues comme cela est prévu va redevenir l'esclave de la route, ce qui dans l'histoire a été assez meurtrier:
http://experiencecombattantelafaye.blogspot.com/2019/03/histoire-du-genie-combat-contemporain_22.html 

Sans remonter aussi loin, les MPG étaient en Afghanistan en 2011 dans la vallée d’Halasay et de prouver que cet engin avait encore sa place dans notre armée, les EGAM des EGRAP qui n’ont absolument rien avoir...

Avec le treuil du MPG, on peut découper des murs en terre, créer des plateformes pour des postes avancés, créer des passages où il n’y en avait pas.

Il est dommage qu’encore une fois on essaye de tout réinventer, et au lieu de partir de l’existant et de le faire évoluer.

Constat simple, sur quel chantier du monde vous avez vu un 8×8 en chargeur ?

Sur quel chantier du monde, avez-vous vu un buldozer à pneu ?

2/ Quel est le coût de développement de ces futurs engins qui n’existent que pour l’armée et dont l’efficacité peut clairement être remise en cause ?

3/ Concernant la "haute intensité", le RETEX de la bataille de Mossoul montre l'importance des moyens du génie, même peu onéreux comme le bulldozer sur le théâtre urbain dévasté et jonché d'obstacles et de snipers:
http://www.opex360.com/2017/06/01/mossoul-le-bulldozer-une-materiel-essentiel-pour-les-forces-irakiennes-engagees-contre-daesh/

Et aussi que le format actuel de l'armée de terre française n'y suffirait pas:
https://theatrum-belli.com/la-bataille-de-falloujah-ou-les-conditions-geographiques-de-la-victoire-moderne/


Terminons sur une boutade:

À quoi cela servirait-il de donner des milliards d'euros pour améliorer la mobilité militaire en Europe, si une éventuelle guerre commencerait par la destruction prioritaire des infrastructures de transport ?
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/04/29/mobilite-militaire-22094.html

http://www.opex360.com/2021/03/09/lotan-se-penche-sur-les-investissements-de-la-chine-dans-les-infrastructures-de-transport-en-europe/


C'est vraiment trop injuste...

Anonyme a dit…

Une armée de poche comme l'est l'armée française n'est pas faite pour faire de la DOT, on l' bien vu l'année dernière:
https://www.franceinter.fr/info/les-troupes-du-genie-militaire-ne-reviendront-pas-dans-la-roya

Ce matériel est prévu pour la guerre en Europe, de préférence très loin vers l'est:
https://blablachars.blogspot.com/2020/05/les-francais-pourraient-faire-le-pont.html

Même si la saison des pluies en Afrique, notamment sahélienne, pose de gros problème en terme de mobilité et visiblement cela ne va pas s'arranger dans les années à venir:
https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/environnement-africain/changement-climatique-le-sahel-bientot-du-manque-d-eau-au-trop-plein_3059231.html

La hausse des températures va créer de très nombreux conflits externes et internes:
https://www.radioclassique.fr/magazine/articles/le-rechauffement-climatique-enjeu-majeur-pour-les-militaires/


Pour en revenir au matériel tout court, le concurrent allemand a des arguments:
https://blablachars.blogspot.com/2020/08/boxer-poseur-de-pont.html

Anonyme a dit…

L'heure pour les savoir-faire valorisés au sein du Génie est plutôt à l'ouverture d'itinéraires, savoir-faire redécouvert en Afghanistan:
http://experiencecombattantelafaye.blogspot.com/2019/12/exemple-de-contre-insurrection-la.html

C'est ce qu'on demande aux sapeurs au Sahel:
https://www.bruxelles2.eu/2021/01/les-ied-outils-robustes-menace-continue-au-sahel-une-vingtaine-par-an/

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/mali/les-engins-explosifs-improvises-le-pire-ennemi-de-barkhane-au-mali_4244221.html

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/05/17/au-nord-du-mali-l-operation-barkhane-face-aux-mines-artisanales_5463181_3212.html


Pour ce savoir-faire de franchissement de coupure humide par des véhicules, on voit bien que pour le moment, c'est très regroupé:
https://www.bienpublic.com/defense-guerre-conflit/2021/03/10/saone-et-loire-le-regiment-du-genie-de-besancon-deplace-des-camions-militaires-sur-la-saone-sans-pon

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/angers-49000/angers-tous-les-ponts-flottants-de-larmee-de-terre-regroupes-au-6e-genie-0233acd8-5446-33af-9ecc-a14794a8cead

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/03/25/a-angers-le-6e-rg-teste-la-nouvelle-doctrine-de-combat-fluvi-21995.html

L'armée américaine a choisi de mettre des stocks pré-positionnés de matériels, gardés par des entreprises privées, qui seront vidés et rechargés en fonction des manœuvre en Europe.
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/03/25/regionally-aligned-readiness-and-modernization-model-21999.html

C'est rationnel et comptable, mais ce n'est ni résilient, ni compréhensible du point de vue militaire.
Enfin, sauf si l'on estime que les dépôts qui sautent sont dee accidents et qu'il n'y a rien à craindre de ce côté-là...

Ce sera peut être la fin des grandes manips habituelles d'ordinaire effectuées en Belgique et aux Pays-Bas, dont a pu apprécier la mécanique à la Rochelle et à Dunkerque dernièrement...
https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/l-us-army-debarque-a-dunkerque-et-se-renforce-face-a-la-russie-7171308

Enfin, cela aura montré le rôle des gendarmes, qui ont eu en charge la sécurité de la manœuvre:
https://www.gendinfo.fr/sur-le-terrain/immersion/operation-mousquetaire-comment-la-gendarmerie-assure-t-elle-la-securite-des-forces-armees-americaines/

Il est clair que personne ne pense sérieusement à ce que ce type de matériel soit employé en réel, sauf en exercice.

Anonyme a dit…

"Nous participons aujourd’hui à des conflits de type hybride.

Or, les concepts même de guerre asymétriques, dissymétriques ou classiques, sont déjà totalement dépassés. Les guerres que nous menons sont multiformes face à des menaces multidirectionnelles mêlant à la fois des moyens sophistiqués avec d’autres d’apparence plus simples mais hautement complexes dans les manières de les combattre.

Nous avons perdu quatre-vingts VAB et VBL depuis notre engagement en Afghanistan, aucun par combat direct, quasiment tous ont été touchés par des mines ou des IED. 


Cette constatation de la vulnérabilité de nos blindés a conduit à privilégier la protection au détriment de la mobilité, surtout stratégique, car la conséquence directe est l’alourdissement de ce que l’on continue à dénommer léger. 

Un VBCI pèse aujourd’hui environ trente tonnes, alors qu’un AMX10P pesait quatorze tonnes, soit deux fois moins.
 
Un Griffon pèsera vingt-cinq tonnes, alors que le VAB, qu’il est censé remplacé, pèse entre treize et quatorze tonnes.

Quant au Jaguar qui remplacera les AMX10 RC et autre Sagaie, pèse vingt-cinq tonnes aussi, soit dix et quinze de plus que ses prédécesseurs et le VBMR d’appui léger (les 978 VBMR léger, qui viendront en complément du VBMR lourd Griffon et de l’Engin blindé de reconnaissance et de combat (EBRC) Jaguar et qui remplacera une partie des VAB), pèsera tout de même, douze tonnes.

Pour mémoire, l’A400M Atlas ne peut transporter que 25 tonnes ;  soit un seul VBCI sur 4 500 km ou 17 tonnes sur 5 800 km, sa charge maximale transportable est de 37 tonnes.

Or, le choix du renforcement de la protection, principale raison de l’alourdissement et celui de la roue sur la chenille fait par l’armée française a aussi ses limites, on l’a vu dernièrement dans les pays Baltes, où nos VBCI ont eu des difficultés. Car en théorie, plus un sol est sec et dense, plus la mobilité sera favorisée pour un véhicule à roues, plus celui-ci est mou et boueux, plus le chenillé aura l’avantage.

Anonyme a dit…

Mais le sol d’une partie de l’Europe, et singulièrement de l’Europe de l’est ou des Balkans, se prête plus aux déplacements des chenillés à large chenille plutôt que des véhicules à roues.  

(D'ailleurs dans les Balkans, ça hurle en ce moment:
https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/michel-silent-over-unofficial-document-mulling-border-changes-in-western-balkans/

https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/slovenia-suspected-of-seeking-peaceful-dissolution-of-bosnia-herzegovina/

Le hobby des traceurs de cartes a encore frappé...
https://theatrum-belli.com/un-proche-orient-a-remodeler/

https://www.letemps.ch/monde/laurent-murawiec-faut-desaoudiser-larabie-saoudite

cela marche à condition que cela ne soit pas dévoilé trop tôt).

Souvenons-nous de ces unités entières de la Wehrmacht qui se sont totalement enlisées en 1941 en Russie dans cette terrible « raspoutitsa », une boue poisseuse qui se forme au dégel et dans laquelle s’enfoncent hommes et véhicules.

Si le choix apparait judicieux en raison de nos engagements actuels, il reste hasardeux si demain nous devions nous engager dans un conflit majeur, même limité,  sur un terrain bien moins favorable. Il faut donc faire avec, et cela demande des ajustements.   

A ce constat, il faut rajouter que nous avons fait l’impasse sur les capacités de franchissement  de coupure humide, puisqu’aucun de nos engins, y compris ceux dédiés à la reconnaissance,  ne possède la capacité amphibie, alors qu’en Europe on rencontre une rivière, un canal ou un fleuve environ tous les vingt kilomètres;

Or ce choix capacitaire n’est pas totalement compensé par le renforcement des moyens pontage du génie dont la contrainte et la mise en place doivent faire l’objet d’une véritable manœuvre tactique à elle seule avec des délais incompressibles. Aucun blindé d’accompagnement et de pontage de type AMX30H poseur de travure (qui n’existe plus) mais qui était pourtant bien utile.


Le dernier exercice CIADA 2019 de franchissement sur la Seine qui a engagé 2200 combattants et 349 véhicules en a démontré toutes les difficultés ; il a fallu pas moins de 10 heures pour franchir le fleuve, de quoi attiser l’intérêt de tout ennemi normalement constitué.   
 

Nous sommes et nous serons donc essentiellement tributaires des ponts, tant que ceux-ci existeront, et des routes ou des bonnes pistes ce qui donne à l’ennemi une prévisibilité de nos actions"

Tiré de cet article:
https://www.athena-vostok.com/armee-de-terre-projection-2030-comparaison-nest-pas-raison

Visuellement, ce matériel est beau à voir évoluer, à condition que le débit du fleuve soit suffisant pour assurer la flottabilité des engins les plus lourds censés être transportés:
https://blablachars.blogspot.com/2020/06/le-pont-flottant-motorise-en-evolution.html

Anonyme a dit…

Bizaremment, les allemands vont, eux, continuer à faire des engins du Génie à chenilles:
https://blablachars.blogspot.com/2021/04/larmee-allemande-commande-44-engins-du.html

Par ailleurs, ils parlent de mutualisation avec les anglais pour cette Arme.

Dernièrement, "MM. Zimmer et Quin ont également évoqué le projet de faire du Panzerpionierbataillon 130 [une unité de la Bundeswehr relevant du génie] une formation germano-britannique à compter du 1er octobre 2021."

Tiré de cette source:
http://www.opex360.com/2021/04/24/berlin-discute-du-futur-char-de-combat-franco-allemand-avec-londres

Anonyme a dit…

Autrement dit une demande d'information éventuelle, mais qui n'engage à rien pour des matériels que l'on sortira des hangars toutes les morts d'évêques...

On préfèrerait avoir des camions, c'est plus utile!
https://forcesoperations.com/pas-de-successeur-poids-lourd-avant-2022

F de St V a dit…

D'ailleurs il en faudra des camions pour transporter ces systèmes...

Quand à la sortie des hangars, quelques récentes crues ou autres font dire que pas forcément...

Anonyme a dit…

En tout cas merci pour ce clin d'œil photo aux sapeurs (ainsi qu'à l'équipage du PHA Tonnerre et ceux du CEPPOL, ceux de l'escadron Bretagne qui convoyait une cinquantaine de membres de la sécurité civile l'UIISC1 de Nogent-le-Rotrou, aux membres des SAMU, ainsi que quelques spécialistes du centre de crise du MAE, sans oublier les gendarmes) pour l'opération "Amitié":
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/09/25/ops-amitie-21475.html

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/09/28/a-beyrouth-avec-le-21479.html

Les dégâts étaient et sont toujours énormes.
https://www.lemonde.fr/international/video/2020/08/07/explosions-a-beyrouth-ce-que-les-video-revelent-de-l-onde-de-choc_6048425_3210.html

Anonyme a dit…

On a du nouveau pour les ponts motorisés flottants du 6ème RG:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/05/06/quatre-systemes-renoves-du-pont-flottant-motorise-livres-a-l-22122.html

Anonyme a dit…

Concernant les camions, on attendra encore un peu et ne parlons pas des DOM-TOM:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/02/18/requiescat-in-pace-la-seconde-vie-des-trm-2000-grace-au-prog-20908.html

Par rapport à l'armée d'appelés, le matériel a juste vieilli...
https://youtu.be/VIj_7S3h5fo

Anonyme a dit…

Ça a le goût des manœuvres militaires de grand-papy avant la chute du mur de Berlin...
Dire que dans les soldats qui s'engagent aujourd'hui, il y en a qui n'ont jamais connus l'Afghanistan et l'Irak sans soldats américains.

On parle beaucoup de Scorpion, pas encore de Titan, mais l'armée de terre française est toujours en train de projeter ses personnels avec les véhicules prévus pour la guerre froide.
Les derniers VAB seront mis au rencard vers 2030, comme les EBG...

Ce sont ces véhicules tellement à bout de souffle que l'on retrouve au Sahel ou dans les pays baltes et cela représente même une part non négligeable du chiffre d’affaires de la BITD française :
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/02/04/la-renovation-de-500-vehicules-30-de-la-charge-industrielle-21859.html

À part quelques Mistral, il n’y a pas de défense anti-aerienne rapprochée pour l’armée de terre pour protéger ce genre de manœuvre:
https://www.areion24.news/2021/01/19/spaag-et-defense-aerienne-langle-mort-de-la-c-dram%e2%80%89

Concernant le maintien en conditions opérationnelles, il va exploser en 2021, car il va falloir déverminer les véhicules Scorpion:
https://www.forcesoperations.com/vers-une-explosion-des-couts-du-mco-terrestre/

Le programme Scorpion est basé sur la communication, il faut donc que cela communique :
https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/17/le-programme-scorpion-pour-une-guerre-robotisee_6043165_3210.html


Le déploiement en Afrique est d'ailleurs en cours:
https://www.forcesoperations.com/la-triple-mission-du-13e-bca-au-sahel/

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/03/30/groupement-de-transmissions-22008.html


Pour le moment, nous avons:
➤0 véhicule sur 978 Serval (première livraison en 2022, engin qui peut embarquer jusqu’à 10 soldats, rouler à une vitesse de 100 km/h et parcourir 900 kilomètres avec un seul plein).

➤ 0 véhicule sur 300 Jaguar (première livraison en 2021, engin blindé, spécialisé dans la reconnaissance et le combat).

➤ Zéro Griffon MEPAC sur les 54 commandés (première livraison fin 2023, Griffon doté d’un mortier semi-automatique).

➤ 36 chars Leclers en état opérationnel principalement pour le 14 juillet, dont zéro sont des chars Leclerc "rénovés" sur les 200 prévus (première livraison en 2022, rendre ce char de 3e Génération compatible avec le programme Scorpion).

➤ 606 VBCI (22 sont à ajouter une fois qu'ils seront reconstruits suite à "l'usure du Sahel") avec un magnifique taux de disponibilité de... 58%.

➤ 250 sur 1872 véhicules blindés Griffon (les premiers ont été livrés en juillet 2019), à la date d'hier,

➤ En attendant la proclamation de la commande de 32 CAESAR, nous avons officiellement 77 CAESAR avec une disponibilité de 65%

➤En ce qui concerne le Tigre, en nous basant sur 2019, on en dénombre 21 disponibles sur 67 (31 %). 

Donc cette magnifique illustration n'aura qu'une valeur d'oeuvre figurative pour un bureau de Balard ou de la DGA, pour "la haute intensité".
https://mobile.twitter.com/RemyHemez/status/1016984779495858176

Enfin, ce que l'on appellera se préparer à la "haute intensité" en 2023:
https://lemamouth.blogspot.com/2021/03/orion-quand-larmee-de-terre-planifie-un.html

Avec une information qui dépote:
https://orientxxi.info/magazine/comment-israel-developpe-scorpion-futur-coeur-de-la-defense-francaise,4616

En attendant une autre...
https://blablachars.blogspot.com/2020/11/protection-balistique-turque-pour.html

PS: Les chiffres pour la disponibilité mentionnés sont tirés de cette source :
https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-25691QE.htm

FSV/MA a dit…

Pour la participation israélienne au programme Scorpion, cela reste encore à prouver... Pas très probante la démonstration.

Anonyme a dit…

En fait j'ai un autre dessin en tête: celui où l'on voit un pauvre char ennemi tout seul face a l'armada des véhicules Scorpion, à un Caesar et un hélicoptère Tigre...

Il n'y a pas de Leclerc rénové dans ce dessin, mais le char de bataille français ne sera rénové qu'a minima et ce sera plus cher que prévu :
http://www.opex360.com/2020/10/27/scorpion-la-renovation-des-chars-leclerc-risque-detre-beaucoup-plus-couteuse-que-prevue/

Étant donné que les véhicules Scorpion arrivent au compte-gouttes, on va compter sur le vieux matériel un peu plus longtemps:
https://forcesoperations.com/top-depart-pour-linfovalorisation-des-vbci-et-amx-10-rc/

Question économies de bouts de chandelles, les Griffon sont le parfait exemple, 30% seront livrés sans tourelleau:
https://blablachars.blogspot.com/2020/11/petites-nouvelles-et-considerations-sur.html

Pour le Maintien en Conditions Opérationnelles, aussi, c'est une belle illustration:
https://lemamouth.blogspot.com/2020/10/lamendement-de-moulins.html

Une fois le label « utilisé par l’armée française » tamponné, on reparlera du volume de Barkhane, certainement à l'été prochain…

Continuons sur les véhicules dont on parle moins:
➤ Le PVP, affectueusement surnommé « petit véhicule pourri »…
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2013/11/06/pvp-pour-petit-vehicule-a-problemes-10595.html

Le VBL renforcé" va arriver au Sahel, alors que pour la version Ultima, ce n'est pas avant 2022...
https://www.forcesoperations.com/les-premiers-vbl-mieux-proteges-attendus-fin-mai-debut-juin-au-sahel/

En attendant l'arrivée hypothétique, un jour peut-être d'un éventuel VBAE européen:
https://www.forcesoperations.com/vbae-la-piste-europeenne-se-concretise/


➤ Le seul contrat qui se déroule normalement, c’est celui des VT4, des véhicules de liaison pas prévus pour la bagarre…
https://www.forcesoperations.com/les-livraisons-de-vt4-pratiquement-a-mi-parcours/


Enfin, pour finir le tableau, même si ce n'est pas Scorpion, on attend des nouvelles au niveau des vehicules peu ou pas blindés d'Arquus pour le COS. Il y aurait une piste pour les fameux véhicules que l'on attend depuis des années:
https://lemamouth.blogspot.com/2021/03/vfs-le-debut-de-la-fin-du-tunnel.html

Sinon, heureusement, il y a toujours Technamm:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/04/08/les-technamm-22031.html

Terminons sur une note positive, pour les petits équipements, c'est beaucoup mieux!

FSV/MA a dit…

Ok. Et ?

Anonyme a dit…

Scorpion arrive avec 10 ans de retard sur le calendrier prévu au départ d'où cet entre-deux que nous allons vivre ces prochaines années...
Ce qui était dans la droite ligne de votre article.

Avec la désindustrialisation de la France et la dépendance des chaînes logistique aux produits asiatiques, tel que les semi-conducteurs, produire en France quelques centaines de véhicules blindés est "un défi"...
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/les-six-defis-majeurs-de-nicolas-chamussy-a-la-tete-de-nexter-881664.html


Le programme Scorpion est même qualifié d'"une grosse marche" en attendant Titan selon la DGA TT:
https://www.leberry.fr/bourges-18000/actualites/emeric-wininger-de-la-dga-tt-a-bourges-le-programme-scorpion-est-une-grosse-etape-a-franchir_13913687/


Puisque les 30 ans de Daguet sont fêtés, revenons sur l'évolution dee l'art de la guerre à la française:
https://theatrum-belli.com/il-y-a-25-ans-la-guerre-du-golfe-dans-la-genealogie-de-la-strategie-par-lucien-poirier/

Les 12 000 pax de Daguet ont été cantonnés à un rôle de flanc-garde, bien loin de ce qu'on fait les britanniques et nous étions plus qu'à fond...

D'où le choix d'une professionnalisation qui allait aussi dans le sens de faire des économies, puis ensuite de la diminution des effectifs pour pouvoir s'offrir du matériel militaire de plus en plus onéreux avec le budget alloué aux armées.

Et le fait de ne plus pouvoir agir qu'en coalition...
https://www.areion24.news/2019/04/02/quelles-fonctions-pour-les-coalitions-dans-lart-de-la-guerre/

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/03/06/africom-21934.html


Contrairement aux intérêts bien compris de certains (et à leurs ISSE pléthoriques qui en découlent), la France est une puissance moyenne qui n’a pas à supporter les fléaux du monde, car nos ressources sont comptées et doivent être employées à bon escient.

La mission d’assurer la sécurité du pays n'intéresse pas car elle est considérée comme sanctuarisée par la Bombe et des voisins amicaux... et peu lucrative à titre personnel.
Les soldats anglo-saxons, surtout après le refus d'alker en Irak en 2003, nous traitaient de "mercenaires" (en plus de singes capitulards bouffeur de fromage, mais cela nous a aussi coûter une mise à l'amende de 4 milliards de francs).

Les menaces nouvelles, liées à l’invasion numérique, dues à la haine destructrice des terroristes, sans doute bientôt aux bouleversements climatiques, sont suffisamment pressantes et graves... mais de là à abandonner les rêves de Fort Saganne et abandonner les lointaines aventures désertiques, resserrer les rangs et se consacrer à l’essentiel... Il y a un pas qui est loin d'être franchi!


En 2020, seul les retards colossaux de livraison des véhicules ont permis de dégager les crédits pour ne pas sacrifier les petits équipements, ce qui ne sera peut être pas le cas en 2021:
"Le programme 146 « Équipement des forces » représente à lui seul près de 750 M€ de moindres dépenses, montant qui s’explique en partie par des retards de livraison."

Tiré de cet article:
https://www.forcesoperations.com/un-nouveau-marche-pour-approvisionner-les-armees-en-masques-de-protection/

Les efforts de la Loi de Programmation Militaire 2019-2025 sont pour l'essentiel portés à partir de 2023, avec 3 milliards d'euros supplémentaires à trouver chaque année.

C'est à partir de cette date que l'on sera réellement fixé, car pour le moment, seul la moitié du programme Scorpion est signée.


Quand à l'éventualité de la participation de la société israélienne Elbit Systems dans ce qui constitue le coeur du programme Scorpion, c'est une problématique très XXIème siècle qui pourrait être posée:
https://www.air-cosmos.com/article/australie-accus-despionnage-le-groupe-isralien-elbit-est-black-list-24836

Anonyme a dit…

Il y a des pays où l'on dit "l'intendance suivra" et puis il y a les autres...
https://www.dhnet.be/actu/societe/des-pontons-du-d-day-toujours-utilises-77-ans-apres-leur-utilisation-60c518e6d8ad581ce1669711

Anonyme a dit…

"L'armée de terre française est taillée pour la gestion de crise, pas pour la guerre":
https://croixdeguerre-valeurmilitaire.fr/2021/04/08/armee-de-terre-de-la-gestion-de-crise-a-la-guerre-future/

Tout est dit, non ?

F de St V a dit…

Sur ce sujet, une vue d'un connaisseur outre atlantique connaissant bien les armées françaises : https://www.rand.org/pubs/research_reports/RRA231-1.html

Anonyme a dit…

Le renouvellement des camions et les livraisons de Patroller seraient différées... entre autres:
https://www.forcesoperations.com/inquietudes-senatoriales-sur-limpact-budgetaire-de-lactualisation-de-la-lpm/

Anonyme a dit…

Quand on veut jouer à la "haute intensité", la masse est aussi une qualité et je ne parle pas du poids des véhicules Scorpion...
https://www.ifri.org/fr/publications/etudes-de-lifri/focus-strategique/masse-armees-francaises-un-defi-haute-intensite

La Bombe ne préserve pas de tous les malheurs.

Anonyme a dit…

@ notre hôte
Le point de vue de l'interlocuteur de la RAND est intéressant, même si au niveau opératif, il a un point de vue très américain.

Pour des sociétés où la mort et la souffrance sont des tabous, l'aspect médical de la haute intensité est logiquement évité.
https://theatrum-belli.com/le-soutien-medical-dun-engagement-de-haute-intensite-dossier-n26-du-g2s/


Quand on envoie des soldats, on prévoit pas que l'on peut perdre, c'est de tous temps une évidence dont il faut se méfier...
https://youtu.be/jxadfRbYx50

Anonyme a dit…

La mission DTO a été bien oubliée ces dernières années, que ce soit au niveau du SSA, du NRBC ou du Génie.

La logistique en fait.

Des engins à roues pour le Génie, on va avoir l'air fin et pas qu'en "haute intensité"...
https://blablachars.blogspot.com/2021/07/larmee-allemande-engage-des-moyens.html

Anonyme a dit…

Il faut espérer que les ponts flottants ne serviront pas en réel pour la France, mis à part pour les exercices...
https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/23/intemperies-en-chine-cernes-par-les-eaux-des-habitants-evacues-par-un-pont-flottant_6089280_3244.html

Anonyme a dit…

La guerre à l'âge de la bombe atomique existe toujours et elle est toujours très sale pour les civils:
https://www.revueconflits.com/perception-et-essence-de-la-guerre-eric-pourcel/

Anonyme a dit…

Quand le terrain est impraticable, les véhicules à roues ne servent à rien.
https://blablachars.blogspot.com/2021/07/larmee-allemande-engage-des-moyens.html

Anonyme a dit…

Tiens, un article qui tombe à point:
https://www.forcesoperations.com/preparation-operationnelle-les-deficits-ne-seront-pas-resorbes-avant-fin-2023/