jeudi 26 août 2021

France / UK - Crunch blindé en Estonie

Parce qu'un peu de contexte fait généralement pas de mal, avant de voir se déchainer les fanboys "hystèriques" et se déverser des tonnes d'hypocrisie... 

Une vidéo d'une course entre un char français Leclerc et un char britannique Challenger 2 a connu un petit succès (sur les réseaux sociaux : Twitter, Reddit, Facebook...) ces derniers jours..., accompagnée de son lot (de bord) de commentaires, surtout suite au succès visible du britannique sur le français.

Une vidéo qui oublie (comme de par hasard...) une partie de l'histoire.


Ces vidéos ont été tournées à l'occasion de défis qui ont eu lieu le 23 août (quelques jours après la date anniversaire de la bataille d'Amiens, offensive franco-britannique victorieuse en picardie en 1918 avec le Corps expéditionnaire britannique soutenu par l'artillerie française).

Des défis entre le 501è régiment de chars de combat (RCC), français, et le Royal Tank Regiment (RTR), britannique, tous 2 déployés en Estonie dans le cadre de l'eFP - enhanced Forward Presence. Mandat 10 de la mission opérationelle Lynx pour les éléments français (via 300 militaires, formant un sous-groupement tactique interarmes à dominante blindé, avec notamment 12 Leclerc, et un élément de soutien national logistique).

Lors d'une 1ère course (la vidéo qui déchaine les foules), le départ moteur se fait moteur éteint ("cold start"). Le Challenger a un démarrage (beaucoup) plus rapide que le Leclerc (moteur diesel). Le char français a donc pris beaucoup de retard au démarrage, et n'a pu que rattraper son retard ensuite grâce à son accélération... offrir un (très) beau freinage (les cervicales de l'équipage doivent s'en souvenir...)... mais finir quelques secondes derrière le Challenger.

Sur la 2ème course, le départ se fait moteur allumé ("hot start"). Le rapport poids / puissance du Challenger ne tient pas la comparaison face à la bonne motorisation du Leclerc (56 tonnes / 1.500 ch). Le char britannique est plus lourd (plus de 60 tonnes), moins motorisé (1.200 ch), et avec un moins bon couple. Le char britannique est donc arrivé bien... bien... derrière le char français (de très longues secondes après...). Merci la turbine conventionnelle de Turbomeca qui suralimente le moteur V8 hyperbar du Leclerc.

D'autres défis ont ponctué la journée "bon-enfant" de ce partenariat franco-britannique.
 
Les tankistes français du 501è RCC n'ont pas laissé beaucoup de victoires à leurs homologues britanniques du RTR. Pour ne pas dire aucune hormis la 1ère course. Saine émulation et partage d'expériences, pour au final une meilleure interopérabilité.

Il est possible de citer le fait que le Challenger est particulièrement pratique pour faire des omelettes... les œufs posés sur le frein de bouche du canon ont la fâcheuse tendance à tomber très fréquemment, tant la stabilité en mouvement (liée à la conduite de tir) est moyenne...

Dernier point, les opérations de combat (avec tirs, évitements, déplacements....), cela se fait plutôt moteur chaud... que moteur froid... CQFD.

Sorry, good game.

PS : maintenant, il y a surtout à tout autant réussir la suite du char Leclerc (la rénovation, dans un premier temps, puis rapidement le successeur, qu'il soit appelé MGCS ou autres.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Il faut bien passer le temps...
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/06/03/epf-des-bataillons-dissuasifs-ou-sacrifies-22189.html

Et pour s'entraîner il faut des créneaux et des budgets:
https://www.forcesoperations.com/preparation-operationnelle-les-deficits-ne-seront-pas-resorbes-avant-fin-2023/