Alors qu’un escadron de chasse (EDC) de drones est actuellement en fin de phase de montée en puissance au 1er régiment d’Infanterie de Marine (RIMa), il a été acté la création de 5 autres EDCs au sein de l’armée de Terre d'ici 2027, a annoncé le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill lors d’un récent débat réunissant représentants de l’armée de Terre, de la Direction Générale de l’Armement (DGA), et industriels du secteur aéroterrestre. Débat que le rédacteur de ce blog a eu le plaisir d’animer.
D’autres escadrons de la Cavalerie Blindée notamment (mais pas seulement), anciennement sur chars, seront donc transformés pour le passage de la phase d’expérimentation de cette capacité (validée notamment par différents exercices, dont l’exercice Hedgehog en Estonie, une rotation au Centre d’Entrainement au Combat (CENTAC), les premières phases de l’exercice Orion 2026...) à la phase d'industrialisation. Le tout avec l'aide du Commandement du combat futur (CCF) pour intégrer cette innovation venue plutôt du bas dans la planification capacitaire pensée plutôt par le haut.
Ce passage à l'échelle se fera avec la commande de plusieurs milliers de drones en 2026, en plus de l'acquisition de capacités de production internalisées, pour pousser encore plus loin les effets possibles. Cela participera à la densification de la trame de drones de l’armée de Terre, avec le passage de 4.000 drones environ en service début 2026 à environ 14.000 drones fin 2026. Des réflexions se poursuivent, dans le cadre de la compétence amphibie de la 9ème Brigade d’Infanterie de Marine (BIMa), pour y adjoindre d'éventuels drones navals pour ces opérations. La 9ème BIMa, auquel appartient le 1er RIMa, a en effet comme mandat d’être le pôle exploratoire de l’armée de Terre pour le combat fluvial et littoral, notamment par la dronisation, et par l’emploi de drones de surface.
Il s’agit d’un exemple parmi d'autres de cette industrialisation de l'innovation en cours, avec le passage d'un démonstrateur unique à un passage à l’échelle avec un certain volume. Il ne s’agit pas d’innover pour innover, mais bien pour répondre à la finalité opérationnelle de l’armée de Terre, en entrant dans la boucle d’adaptation de l’adversaire dans un tempo qui s’accélère, rappelait alors le CEMAT. C’est passer de la bonne idée à sa généralisation, au plus grand nombre, en lien avec les partenaires industriels adéquats, pour obtenir de réels gains opérationnels.
