lundi 23 juin 2008

Le livre blanc (chap. 1).

Plutôt quelques remarques en passant qui arriveront petit à petit, en parallèle d’une lecture du Livre Blanc.

« Le volume de forces terrestres projetables, nécessaires pour répondre à ce besoin est évalué à environ 30 000 hommes déployables en six mois pour une durée d’un an, sans renouvellement » Page 209.

« En permanence, la France conservera en outre une capacité de réaction ou de renfort autonome, avec un dispositif d’alerte opérationnelle de l’ordre de 5 000 hommes pour les forces terrestres. » Page 209.

« Avec un format général de 131 000 personnes, les forces terrestres constitueront une force opérationnelle de 88 000 hommes. » Page 222.

Sans faire des comptes d’apothicaire et en évitant de les faire à la manière de l’Avare de Molière dans la scène d’introduction. Si je comprends bien ce qu’il est écrit.

Le nombre de 30 000 hommes projetables pour les forces terrestres revient comme un couplet lancinant pour une période d’un an maximum. De plus, peu d’opérations ont duré un an lors de ces dernières années que cela soit la Côte d’Ivoire, l’Afgha, le Kosovo, la Bosnie, le Liban… principalement du fait que les périodes dite de stabilisation ou les opérations de COIN demandent le facteur temps pour un retour à une norme définie et donc les temps de présence s’évaluent plutôt en dizaine d’années qu’en mois. Si l’on se base sur le fait qu’une année fait 12 mois, vérité quasi admise de tous. Ensuite que le cycle de projection des relèves se fait à la louche tous les 4 mois pour les OPEX, ce qui a été plus ou moins confirmé de manière détournée par le vote de l’amendement présenté à l’Assemblée Nationale par Guy Tessier, décrétant la volonté de confirmer, par le Parlement, une opération extérieure au bout de 4 mois, sur le fait que le besoin de 30.000 hommes sur le terrain en Opex, demande au moins que 30.000 soient prêts à partir pour la relève et que 30.000 soit en phase d’instruction après un retour d’OPEX, en additionnant totu cela on arrive plus à un besoin de 90.000 hommes que du quota de 88.000 indiqué dans ce Livre Blanc. Surtout qu’il a été indiqué qu’ un renfort nécessaire de 5.000 hommes (est il sur les 30.000 prêts à partir, sur les 30.000 qui reviennent ?) que l’on pourrait décrire comme en alerte sur des délais courts à la mode 2ème REP pour Kolwezi.

Calculettes déficientes, erreurs de retenues, problèmes algébriques, dons d’ubiquité du nouveau fantassin Felinisé pouvant être sur deux OPEX en même temps, en tout cas mystère et boule de gomme….

4 commentaires:

Frédéric a dit…

Entre la théorie et la pratique, il y a une grosse différence; Peut être que les auteurs de ce rapport compte que quelques milliers d'hommes restent sur place pendant les rotations ? Certains GI's sont resté plus d'un an pendant leur tour d'opérations en Irak.

F. de St V. a dit…

Après une diminution de 6 à 4 mois pour les OPEX (au moins pour l'Armée de Terre, les ronds dans l'eau utiles du Charles de Gaulle durent plus longtemps plus 5 à 6 mois par exemple), alors que tout le monde brandit à corps et à cris la sacro sainte "condition militaire", je vois mal le gouvernement revenir sur cette baisse de la durée. Si augmentation il devait y avoir, cela passerait alors plus dans des séjours style unités tournantes en Outre Mer ou postes dans les bases avec les accords de Défense pour 2 ans comme Djibouti, Abidjan...

Tout ceci en tout cas, n’éclaire pas vraiment la vision et les moyens prônés en accords avec les volontés.

Frédéric a dit…

Mon beau frère est officier dans le génie, 6 mois au Kosovo lors des émeutes, 4 mois en Nouvelle Calédonie en 2001, plus de 5 mois en Guyane et un tour d'un mois ou deux en Norvège pour des exercices, et lui et sa famille déménage tout les 4 ans d'un bout à l'autre de la France... Quand on à besoin de vous, la hiérarchie se moque bien de la ''condition militaire''...

F. de St V. a dit…

La "condition militaire" sur certains côtés n'est pas au mieux (absence, déplacement géographique,...), mais certains efforts ont été tentés, le retour en arrière me semble compliqué sur les axes d'effort de disponibilité, surtout au moment où les voix s'élèvent...