250 drones d'attaque HX-2 sont produits actuellement par semaine au sein de plusieurs usines, ou Resilience Factories (RF), pour honorer notamment une commande de 4.000 drones à destination de la Bundeswehr. Une commande qui inclut la possibilité de contractualiser plusieurs autres batchs supplémentaires de 1.000 drones, et ainsi encore plus rentrer dans la logique de la grande série, et des coûts associés.
La qualification est en courte finale auprès de la Bundeswehr, précieux sésame ayant nécessité l’utilisation d’environ 300 drones martyrisés dans tous les sens par les services techniques de la Bundeswehr pour vérifier la sécurité pyrotechnique, la fiabilité des algorithmes de navigation et de guidage, le comportement en vol, la résistance à l’environnement, etc. Les premiers batchs de drones de série devraient être livrés d’ici la fin de l’année, avec quelques mois d’avance sur le calendrier évoqué au début.
En parallèle, les drones HX-2, dans leur dernière version, continuent à être utilisés en Ukraine, avec plus de 500 drones déjà utilisés en opérations, partie d’une commande plus large de 2.000 drones, qui elle aussi mobilise les équipes de production disséminées dans plusieurs usines en Allemagne.
Le drone HX-2 est aujourd’hui considéré comme un système fiabilisé, n’évoluant qu’à la marge sur le plan hardware et uniquement mis à jour sur le plan du software pour intégrer les différentes évolutions rencontrées dans le domaine des communications, du leurrage, de la guerre électronique, etc. Ces différents phases d’itération permettant d'atteindre un produit mature auront nécessité l’emploi de plus de 400 drones, tous financés sur fonds propres par l'industriel grâce aux différentes levées de fonds réalisés ces dernières années. Une grande partie des algorithmes intégrés aura été développée par l’équipe française d’Helsing, qui aujourd'hui compte 100 employés environ.
Autre touche française, l’intégration de fournisseurs français dans la chaine de fournisseurs, comme pour la charge explosive modulaire embarquée, via un accord de partenariat signé avec Eurenco qui, plus qu'uniquement la matière explosive, fournira une charge capable d’être combinée selon les effets recherchés. Ce partenariat couvre un besoin français potentiel, notamment en vue de l’appel d’offres pour une munition téléopérée moyenne portée (MTO-MP) dont les résultats sont attendus dans les prochains mois. Mais aussi d’éventuels besoins à l’export, alors que la traction commerciale est définie comme "assez intense", en Europe et dans le reste du monde. Cette traction est aidée par l’ouverture de plusieurs bureaux de représentation en Asie, en Australie ou encore aux États-Unis, permettant à Helsing d'être physiquement présent dans environ 15 pays à ce jour, pour de la représentation, mais aussi du développement et parfois de la production.
Le drone HX-2 s’intègre plus globalement avec la suite Altra de Command & Control (C2) augmentée par IA afin de raccourcir la boucle détection-frappe à quelques minutes. Attribution des effecteurs, détection malgré la qualité relative de certaines images (effets de l’environnement, du leurrage, du camouflage…), trajectographie optimisée… autant de briques de la chaine fonctionnelle de ciblage qui bénéficient de l’apport d’algorithmes pour le vol et le guidage terminal. Une démonstration a été menée en France en 2025, notamment dans le cadre d’une campagne de tir du 35ème régiment d’Artillerie parachutiste (RAP) à Canjuers. Elle a vu plusieurs séquences de frappe intégrant des images récupérées par un drone de surveillance Delair DT-61, injectées sur Altra et renvoyées vers les drones pour détecter puis verrouiller les cibles.
Helsing dévoile d’ailleurs sur le salon une solution de C2 pour un tel usage usage, avec un véhicule de commandement, type 4x4 plutôt léger, permettant de coordonner une unité de drones. Des opérateurs à l’arrière bénéficient des consoles de travail et des différents systèmes de communication pour recevoir et distribuer les informations aux drones, non forcément d’Helsing d’ailleurs, qui forment le système de reconnaissance-frappe.
A horizon court terme, la suite Altra pourra aussi bénéficier des travaux de développement notamment menés avec l'acteur français du News Space Loft Orbital pour une détection RF depuis l’espace en quasi temps réel. Elle sera réalisée en s'appuyant sur la flotte des premiers satellites de Loft Orbital prochainement mis en orbite. Cette brique pourra être plus globalement intégré dans des constellations plus importantes, comme celle actuellement en cours de réflexion en Allemagne. C’est le sens du partenariat récemment signé avec OHB, Kongsberg et Hensoldt dans le domaine de la détection depuis l’espace rendu disponible à l’échelon tactique.
6666Afin de faciliter l’usage de ce système combinant capteurs et senseurs, et en plus de catapultes de lancement, Helsing développe aussi plusieurs modèles de lanceurs modulaires intégrés dans des conteneurs de 10 ou 20 pieds. Le plus grand modèle permet de lancer jusqu’à 16 drones. En collaboration avec le groupe KNDS pour le développement et la production du conteneur et les lanceurs, Helsing montre à Eurosatory un tel système monté sur un camion 4x4 Zetros de Mercedes-Benz.
Multipliant ainsi les partenariats, notamment en France, Helsing poursuit sa marche en avant, accompagnant notamment sur fonds propres le cycle d’itération nécessaire pour une montée en maturité d'un système de systèmes. Les partenariats signés permettent de plus d'ouvrir aux acteurs français des marchés à l'export en étant quasi nativement intégrés dans certains produits. Si certaines briques sont à ce stade déjà bien matures et commercialisées, les idées ne manquent pas pour renforcer à l'avenir encore plus l’ensemble dans les prochains mois.



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