mardi 16 juin 2026

A400M – Le début avec la France d’une feuille de route ambitieuse pour le développement des capacités de l’appareil

La France est le client de lancement des efforts de co-développement lancés avec le constructeur pour faire de l’A400M bien plus qu’un simple appareil de transport. L’annonce de la commande de kits dits "Parallel Mission System" pour l'armée de l'Air et de l'Espace et d’une évolution du cœur numérique de l’appareil (jusqu'au software du cockpit) n'est qu’une étape dans l’effort fait pour intégrer pleinement l’A400M dans le combat collaboratif multi-plateformes et multi-domaines.
 
 
En misant sur les capacités 'physiques' existantes de l’appareil (allonge, charge utile transportable, taille de la soute…), des kits centrés plutôt sur des missions ISR et C2 seront développés, permettant d’être intégrés facilement sur palettes au sein de la soute (dont 2/3 resteront disponibles pour permettre le transport d'autres charges). Il s’agira d’une demi-douzaine de consoles d’opérateurs pouvant servir plus particulièrement les senseurs à disposition de l’appareil (radars, boules optroniques, communications…), tout en coordonnant avec les niveaux hauts et bas via des capacités de communication nouvelles et avec les senseurs eteffecteurs évoluant autour, et parfois largués par la porte arrière de la soute.

S'appuyant sur des briques déjà maîtrisées voire déjà utilisées sur des appareils de mission ou dans des postes de commandement, le calendrier est plutôt ambitieux, avec des développements devant être terminés pour 2027, afin de réaliser des premiers vols dès 2028. Il s'agira alors de livrer une demi-douzaine de kits pour commencer qui pourront être installés, dans un premier temps, à bord d’une partie de la flotte détenue rétrofitée en conséquence. Une éventuelle harmonisation de la flotte n’est pas exclue à l’avenir.

Au-delà de ce point particulier, l’évolution de l’A400M est envisagée à la fois à court terme mais aussi à plus long terme. La Direction Générale de l’Armement (DGA) a ainsi pris à bras le corps sa mission de facilitatrice en réalisant une approche par le haut afin de confirmer la compatibilité de l’appareil avec certaines réflexions en cours : compatibilité électromagnétique entre les liaisons de données des drones et des systèmes de communications de l’appareil, études technico-opérationnelles de levée de risques quant au stockage des batteries de drones au sein de la soute, analyse physique des flux d’échappement de l’appareil et de leurs conséquences sur les profils de vols des drones largués, etc.


Autant d’études permettant de faciliter les expérimentations envisagées. L’armée de l’Air et de l’Espace, et plus particulièrement l’A400M, ont ainsi rejoint le Pacte Drones Aériens de Défense, initiative coordonnée par le GICAT et la DGA, pour permettre de faciliter les expérimentations de largage de drones depuis cet appareil de transport. Tout cela évidemment en liens avec les opérationnels, notamment les Forces Spéciales Air dans un premier temps, puis les forces conventionnelles. Après des premiers tests étatiques très initiaux ces derniers mois, d’autres créneaux de campagnes d’essais sont planifiés après l’été 2026 pour un panel plus large de dronistes.

Au-delà de la partie senseurs et effecteurs divers (leurrage, ISR, guerre électronique…) et munitions téléopérées, un intérêt important est porté au largage de drones mules logistiques depuis la porte arrière de la soute afin de réaliser des ravitaillements complexes tout en conservant l’appareil à distance de sécurité. A bien plus long terme, et dans le cadre d’une approche incrémentale étape par étape (avec une architecture contractuelle permettant de couvrir ces différentes étapes), des largages depuis des points d’emport sous les ailes de l'A400M sont même envisagés.

Dans cette même temporalité de long terme, soit à horizon post 2030, une feuille de route progressive est déjà envisagée pour faire de l’A400M un pion (offrant certaines capacités, comme éventuellement du brouillage localisé) puis un nœud (notamment de communications longue portée via SATCOM) puis une brique essentielle du combat collaboratif.


Après l’apport de ces PMS faisant l’objet d’une commande ferme annoncée ce jour, l'étape suivante sera d'en faire un nœud de communications renforcé en ajoutant de nouvelles capacités, notamment satellitaires, de liaisons L16 ou avec le protocole JREAP entre inter et intra-théâtre, avec des bulles de communications enivsageables. Arrivera ensuite la partie effecteurs (du drones aux missiles, en passant par les One Way Effectors). Puis enfin le combat collaboratif complet allant des avions de combat aux hélicoptères en passant par les ravitailleurs, les drones, les relais de communications type ballons, les troupes au sol, etc.

De quoi se projeter à long terme dans un appareil disposant de quelques spécifications bien pratiques pour réussir à le faire évoluer. 

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