Déployable en une dizaine de minutes, Blaze est capable d’aller jusqu’à 20 km (sans capacité de retour à une telle distance), à plus de 300 km/h, en étant munie d’une charge pyrotechnique de 800 grammes. Son guidage terminal repose avant tout sur une piste fournie par des systèmes radars externes, complétée par un verrouillage visuel de la cible (« pixel lock ») grâce à une caméra EO/IR. Ce système permet un fonctionnement réellement « full auto », (ce qui garantit un usage simplifié au-delà des unités spécialisées), contrairement à bon nombre de solutions proposées.
De quoi assurer pour DSV une multiplication anticipée de son chiffre d’affaires entre 2024 et 2026, et une forte croissance de ses effectifs, aujourd’hui d’une dizaine d’employés. Faisant plus que de la simple distribution en France de solutions opérationnelles éprouvées, DSV se positionne comme un acteur assurant certes la distribution, mais aussi la customisation (charges emportées, liaison de données, packaging…), la fabrication en France pour des commandes d’ampleur, la maintenance et la formation (en s’appuyant notamment sur des partenariats forts avec des zones d’évolution de drones).
Les solutions retenues doivent avoir été commandées par au moins 3 pays OTAN différents et le fournisseur doit avoir livré (et non seulement avoir en commande) au moins 200 systèmes. C’est le cas pour Origin Robotics, société repérée sur les salons professionnels dans les pays baltes, très présente aussi en Ukraine, et dont les solutions comme Blaze ont aussi été adoptées par déjà 3 autres pays, dont la Lettonie, l’Estonie et la Belgique (qui a déjà reçu ses premiers systèmes il y a quelques semaines).
Face à l’urgence pour combler un trou capacitaire dans le domaine de la lutte anti-drones, la multiplication des essais menés actuellement dans différents centres étatiques français permet aux autorités (forces et DGA) d’avoir un aperçu précis, dans des conditions parfois complexes, des capacités des différentes solutions existantes sur le marché. De quoi avoir une idée allant au-delà de certaines déclarations marketing tonitruantes ne se concrétisant pas toujours sur les terrains d’essais.
En plus des produits d’Origin Robotics (Blaze et Beak pour les drones de frappe), DSV propose d’autres solutions, ITAR-free toujours, à la fois dans le terrestre, le naval et l’aérien. Cela va des drones bi-charges moyenne endurance (Evo Tactical de DeltaQuad - Pays-Bas) en passant par les drones filaires avec retour vidéo crypté (Fotokite Sigma - Suisse), les drones à longue élongation (RQ-35 de Skywatch - Danemark), les drones in-door (Asio-X de Flybotix - Suisse), les drones de surface, les drones sous-marins, le système de suivi de plongeurs, les drones opérant en réseau via technologie Mesh et rechargement autonome de batteries (gamme Atlas d'Atlas UAS - Lettonie) les détecteurs primaires portatifs de drones (Dronetag Rider - République Tchèque), les drones FPV (gamme Eraser - Lettonie), les radars de détection et tracking (Robin – Pays-Bas)...
Depuis plus de 2 ans, de nombreuses démonstrations ont été menées dans plusieurs unités en France, historiquement auprès des forces spéciales et plus largement ces derniers mois, notamment dans les régiments de l’armée de Terre où la dronisation avance. De quoi bien écouter les besoins des opérationnels pour permettre d’aller sourcer les meilleures solutions, surtout après des prêts, que la société n’hésite pas à réaliser pour faire martyriser par des opérationnels les solutions envisagées. Et se faire des idées sur quelles solutions proposées pour un futur appel à innovation Elisa (Équipement léger d’interception de système autonome).
Au final, Origin Robotics est aussi l’illustration de plusieurs mouvements de fonds que connaissent actuellement certaines BITD européennes en dehors de la France. La rentabilisation pertinente de différents outils et mesures conduit à voir émerger, assez rapidement, des acteurs aux qualités certaines, dont les solutions ont été utilisées en conditions réelles.
En profitant des zones d’essais mises à disposition par les autorités lettones, en s’appuyant sur les instruments mis en place en soutien à l’Ukraine (comme la Coalition Drones sous double direction britannique et lettone), en itérant à haute fréquence en se pluggant sur les retours d’expérience en provenance des zones d’opérations, ou encore en finançant une partie de ses développements via des fonds européens (drone portable MPortISTAR via le Fonds Européen de Défense), Origin Robotics propose aujourd’hui des solutions technologiques jugées matures, ayant un équilibre coûts-performances décrit comme intéressant par rapport à la concurrence.
Il y a encore peu, répondre à une urgence opérationnelle obligeait souvent à devoir choisir entre une solution américaine ou une solution israélienne (drones, brouilleurs, radios, radars…). Cette commande passée ces derniers jours est un signal parmi d’autres que les équilibres évoluent actuellement quant aux compétences maîtrisées par certaines BITD européennes. Difficile de ne pas s’en réjouir, tout en s’en inspirant.

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