mercredi 16 mars 2022

Retours et perspectives - Un an après l’exercice Warfighter 21-4 et quasi un an avant l'exercice HEMEX Orion 2023 (+ MAJ)

« L'armée française n'est pas prête pour un combat de haute intensité », « Pourquoi l’armée française ne serait pas préparée pour une guerre contre l’Ukraine », ou encore, de manière plus prudente, sous la forme interrogative, « L'armée française est-elle prête pour les conflits de haute intensité ? ». Les titres d’article et les développements associés ont fleuri ces dernières semaines sur le sujet, suivis de commentaires plus ou moins définitifs. Il serait possible d’apporter de la mesure et de la nuance en évoquant notamment le fait que si le cas se présentait, la question ne serait plus vraiment rhétorique, mais que, puisqu’il aura été décidé d’y aller, cela serait fait, avec ce qu’il y a. Et que les développements observés pourraient apporter des réponses bien surprenantes par rapport aux avis précédemment émis. Du fait même de l’aspect caméléon de la guerre ou de la difficulté à la positiver : la non quantifiable friction, les forces morales, les relations dans l’étonnante trinité peuple/armée/gouvernement, l’apprentissage et l’innovation sous contraintes, etc. En espérant ne pas avoir à connaître, si possible, ce révélateur de l’affrontement des volontés, il est toujours possible de s’en approcher par des voies détournées, bien que parcellaires.


Du cadre général

Il y a quasi un an, du 6 au 15 avril 2021, s’est tenu l’exercice Warfighter (l’édition dite 21.4), durant 10 jours et 9 nuits, menée, notamment pour la partie française, à Fort Hood au Texas (USA), sous la direction de l'US Army’s III Corps (US). La 1st Armored Division (US), la 3rd Division (UK) et la 3è division (FR) ont mené un exercice de simulation multi-sites de postes de commandement, sans troupes déployées. Exercice représentant un effort majeur pour l’armée de Terre française, alors qu’un effort particulier était fait depuis peu pour remettre un pied vers l’exigence de « la haute intensité ». Comprise comme « un affrontement soutenu entre masses de manœuvre agressives se contestant jusque dans la profondeur et dans différents milieux l’ensemble des champs de conflictualité (physique et immatériel) et dont l’objectif est de vaincre la puissance de l’adversaire ». Cet exercice s’intégrait en particulier dans le Strategic Vision Statement (SVS) signé entre les chefs d’état-major de l’armée de Terre et de l’US Army en 2015, donnant une feuille de route pour développer l’interopérabilité. Si l’armée de Terre britannique était à sa 4è participation à ce genre d’exercice, dans le cadre d’une vision stratégique similaire, il s’agissait d’une première pour l’armée de Terre française.

Environ 1.000 militaires français étaient engagés, soit 550 joueurs et 450 pour l’environnement de soutien et de transmissions. Un chiffre et un ratio soutenus/soutenants intéressants en soit quant à la taille d’un PC de division, cf. ci-dessous, qui, en temps normal, compte environ 300 personnels, et fût renforcé, et étayé pour l’occasion pour représenter un environnement représentatif des unités placées sous son commandement. Avec un PC pensé pour commander l’équivalent de 25.000 militaires (échelon de commandement intégré, troupes de manœuvre et soutien national associé). La division française, qui combattait côte à côte avec les divisions américaine et britannique, comptait dans ses rangs une brigade américaine (la 2/4 ID), soit 800 hommes, représentés par leur PC, en plus de la 2è Brigade blindée et de la 11è Brigade parachutiste côté français.

Il s’agissait d’un exercice non mené à un tel niveau par l’armée de Terre depuis de longues années. Les plus anciens se rappelant les ambitieuses manœuvres comme "Moineau Hardi" (Kecker Spatz), "Damoclès", ou "Fartel" dans les années 80/90. Ou plus récemment (et encore), de Joint Sword en 2006, mené en Allemagne (sur le camp de Wilflecken, avec l'Etat-Major de Forces (EMF) n°4 sous commandement d'un corps d'armée néerlandais. Un exercice Warfighter 21-4 qui a demandé 2 ans de préparation côté français, avec 8 mois d’entraînement intensif au niveau division, avec des préexercices notamment en Allemagne, avant l’échéance. Et un exercice qui n’avait pas été joué avec un tel volume de forces (réel et simulé) depuis 35 ans côté américain. Il s’agissait d’un exercice de type Command Post eXercise/Computer Assisted eXercise (CPX/CAX) programmé par l’US Army Forces Command (FORSCOM) et conduit par le Mission Command Training Program (MCTP) pour entraîner, évaluer et certifier des états-majors de corps et de divisions. Avec un scénario s’appuyant sur capacités de simulation, cf. ci-dessous, en plus de l’environnement humain composé d’arbitres et de conseillers, pour opérer face à un adversaire réaliste et à parité : celui-ci détient plus de drones que les forces amies, il maitrise les cyber-attaques, il possède une artillerie nombreuse et avec une très forte allonge, ses blindés sont supérieurs en qualité et en quantité aux blindés amis, la désinformation est permanente, etc. Le scénario choisi visait à réagir suite à un Etat qui avait occupé illégalement une large partie de l’Est de l’Europe, qui souhaitait tenir le terrain, les forces amies devant le reprendre, et le tenir jusqu’à ce que des forces amies simulées viennent relever et/ou renforcer les forces joueuses.

Aux résultats

Beaucoup a déjà été dit sur les satisfécits, légitimes en partie, de l’interopérabilité trilatérale (interopérabilité technique - ce qui n’est pas la moindre des gageures, procédurale et humaine), perfectible mais atteinte au cours de l’exercice. Et cela via notamment une vraie confiance réciproque, où il s’agissait de travailler ensemble et se comprendre, vraiment, avec des officiers étrangers intégrés dans quasi chacune des cellules. « Great success », « we are friends, more than allies », « we are stronger », et autres amabilités non feintes purent être échangées. De plus, la mission assignée a été atteinte, participant à la crédibilité de l’armée de Terre française. L’ennemi a été repoussé, et il a été possible d’apprécier les mécanismes du changement d’échelle engendré par une telle opération d’ampleur.

Dans les phases de préparation, de montée en puissance ou de réalisation, un nombre important d’enseignements ont pu être recueillis, parfois dérangeants (après tout, cela sert aussi à ça), qui doivent encore aujourd’hui soit être capitalisés pour les positifs, soit, pour certains d’entre eux, être corrigés pour les négatifs, afin de vraiment hausser le niveau de préparation opérationnelle. Ainsi, et sans être exhaustif, certains points ont été relevés comme devant être corrigés, en termes d’actions dans la profondeur (notamment pour la partie feux dans la profondeur), de masse de manœuvre, de dimensionnement du soutien logistique, de consommation des munitions, de coordination des effets dans les différents champs, etc. Des faiblesses déjà connues en partie, mais encore mieux identifiées.

Cela venait vérifier que, pour assurer ces responsabilités, la France dispose bien d’un système de PC apte à durer, interopérable avec certains alliés (procédures, matériels, doctrine), s’appuyant sur des processus maîtrisés, et disposant, en propre, de l’équipement nécessaire (systèmes d’information et de communication, appui au commandement, mobilité). La division française était bien en mesure de concevoir la manœuvre aéroterrestre, sous les ordres d’un corps d’armée allié, en étant le niveau de synthèse et de coordination des appuis et des soutiens, au profit des brigades subordonnés (et des éléments de réserves), centrées elles sur « le duel physique ».

Un exercice comme Warfighter, qui dure 10 jours et 9 nuits, sur un rythme soutenu, est particulièrement exigeant (allant au-delà des exercices généralement menés en France). Via notamment, ces rotations (mais également des wargames et des exercices de niveaux inférieurs), l’US Army a identifié 17 Critical Large Scale Combat Operations Gaps en 2019 qui sont à combler d’ici 2028, en termes de matériel, d’entraînement ou de maîtrise tactique et technique. Mettant en œuvre une boucle, relativement classique dans tout travail de retour d’expérience : Analyse-Constat-Entraînement-Prise en compte. Boucle vertueuse dont les enseignements côté français, pour certains développés ci-dessous, ne sont pas dénués d’intérêts.


Du feu qui tue et de l’artillerie

Au cours de la manœuvre, des appuis extérieurs, massifs, ont été réclamés, notamment en artillerie, du fait de capacités françaises, représentatives de celles détenues, sous-dimensionnées pour permettre d’obtenir des effets suffisants pour briser les lignes de défense de l’adversaire. Ainsi, ce n’est pas moins d’une brigade d’artillerie, équipée principalement de lance-roquettes unitaires (LRU) qui aura été mis sous contrôle opérationnel français (OPCON). Le dimensionnement de l’artillerie française, notamment pour les capacités à longue portée, étant une préoccupation ancienne, encore à corriger. L’exercice venant confirmer une nouvelle fois l’aspect décisif des feux dans la profondeur. En moyenne 70% des destructions subies lors de ces exercices le sont via des frappes dans la profondeur (par l’aviation et l’artillerie), 30% des pertes l’étant par des opérations au contact. Surtout que, l’adversaire dispose par convention d’une supériorité technologique, logistique, manœuvrière et de feu, avec notamment une artillerie adverse supérieure en quantité et en qualité, avec des unités de recherche de renseignement (reconnaissance, radars, guerre électronique, drones…), formant un tout cohérent et redondant.

Chez les rouges (l’adversaire, selon les conventions) comme chez les bleus (les amis), le feu tue. Comme dévoilé récemment, « au terme de quatre à cinq heures de combat, on déplorait déjà un millier de morts. Deux bataillons avaient été frappés par un drone dans la simulation, ce qui avait provoqué la mort de 800 soldats ». Après dix jours de combats fictifs, il était question, côté français, de 1.700 morts et 11.000 blessés (sur l’équivalent de 25.000 militaires, faut-il le rappeler), mettant en péril l’existence même de la division dans la durée. En 2020, l’armée de Terre française a perdu 18 militaires, et compte 150 blessés graves en opérations et en entraînement. Illustration, tragique, du changement d’échelle, même pour une armée d’emploi, que cela impliquerait. Ce qui signifierait la nécessaire prise en charge d’un flux extrêmement important par toute la chaine de santé (de l’avant à l’arrière), chaîne qui serait elle-même frappée. Relevant également son besoin d’être fortement « militarisée », et apte à gérer des pics d’activité de la relève / sauvetage au combat jusqu’aux hôpitaux d’instruction des armées. Ainsi, le dimensionnement et la préparation du Service de Santé des Armées (SSA) doivent bien être pensés comme « un facteur de réussite de l’engagement des forces et non un facteur limitant ». Et cela avec des moyens suffisants pour ne pas être contraints à faire des choix, dramatiques dans le domaine...

Dans cette hypothèse, « la plus exigeante mais pas la plus probable », l’attrition opérée par l’artillerie amie et la réaction à l’artillerie adverse sont jugées comme primordiales. Or, si les unités de l’armée de Terre sont de qualité, elles sont réduites en termes d’épaisseur, d’où « l’enjeu de la prochaine Loi de Programmation Militaire (LPM), de pérenniser les capacités, dont le LRU, et de rééquilibrer l’ensemble de la trame artillerie », indiquait le CEMAT. D'où les récents efforts sur le nombre de tubes d'artillerie Caesar, en attendant d'autres programmes, comme CIFS? voire des solutions intérimaires d'ici là. Tout en prêtant une attention particulière à la défense surface-air (avec des menaces, potentiellement combinées, allant des drones aux missiles de croisière, en passant par les roquettes et l’artillerie). Une capacité de DSA détenue aujourd’hui (notamment par l’armée de l’Air et l’armée de Terre) de manière complète et intégrée (bien que manquant parfois de RETEX faute d’un haut niveau de déploiement), mais surtout dimensionnée au plus juste. Et qui se doit d’évoluer (dans la partie détection / C2 / liaisons, comme dans la partie frappes et lutte anti-drones : SAMP, SACP, SATCP, MILAD…). Pour un emploi en défense de points comme en accompagnement d’une manœuvre mobile terrestre offensive. Avec des moyens « échantillonaires » à renforcer : 30 sections de Mistral, 6 sections de Crotale, 8 de Mamba… Et devant être modernisés, avec des munitions en nombre et modernisées. Et, en l’état, devant encore faire face à de possibles ruptures temporaires de capacités à gérer dans les prochaines années, si les programmes ne sont pas accélères : entrée en service des radars GM 60, moyens de frappe, basés sur les mêmes missiles, dits SABC (sol-air basse couche) Heavy et SABC Light, réflexions sur la dualité missile-canon, pluralité de la détection, intégration du brouillage et de la neutralisation, questions de survabilité / discrétion / mobilité, connectivité pas tant en débit mais en latence, veille collaborative effective… Comme dit laconiquement par l’armée de Terre, "le caractère dynamique de la manœuvre aéroterrestre nécessite une capacité d’accompagnement, actuellement dénommée Sol-Air Basse Couche (SOBACO), en amont de la démarche capacitaire Titan" (Titan allant au-delà des programmes phares MGCS et CIFS, en intégrant appui à la mobilité et contre-mobilité, changement de l’échelle du combat collaboratif en le poussant au niveau inter-composantes et interalliés, capacités d’appui électronique, de cyber-tactiques…).

Des postes de commandement

Lors de cet exercice, un exercice d’entrée en premier aussi en quelque sorte, à 8.000 km de la France, les exigences possibles des manœuvres futures, dans les environnements matériel et immatériel, de moins en moins permissifs, ont pu être notées. Notamment en cas de perturbation de liaisons, de destruction de postes de commandement, etc. Par convention d’exercice lors de Warfighter 21-4, le PC n’a pas été pris pour cible (au-delà de l'ambiance Covid qui, de fait, ajouté déjà quelques contraintes bien réelles, et d'une très courte phase en ambiance NRBC), mais la manœuvre des systèmes d’information et de communication (SIC) a été volontairement perturbée : attrition, interdiction d’accès, blocage de nœuds… Relevant le besoin de capacités interarmes / interarmées pour appuyer ces moyens de commandement (en termes de mobilité, de protection…), de nécessaires évolutions des schémas d’actions (face aux attaques cyber, aux drones, etc.) avec des déploiements à envisager dans des environnements pollués (brouillage, NRBC…). Nécessitant des bascules de PC (avec de nécessaires études sur le format des PC – parfois plus importants et complexes que ceux des alliés sur certains aspects), la technologie pouvant apporter des solutions en termes de résilience, mais ne pouvant pas tout pour la souplesse comme principal gage de survie.

Pour pouvoir se parler et commander, pas loin de 500 stations de travail ont été déployées, 155 téléphones analogiques, 20 tentes, environ 60 km de câbles électriques et de fibres optiques pour le PC comme pour les soutiens (avec au final plus de 200 unités représentées à faire travailler ensemble). Interrogeant sur la souplesse de telles structures de commandement (sans parler du niveau corps d’armée, point d’effort également visé par l’armée de Terre, comme échelon de conception et de garantie de la manœuvre d’ensemble dans le temps).

La complexité des opérations oblige aussi à ne pas sous-estimer la gestion des compétences (formations, rythme de rotations…) des personnels appelés à armer ces postes en PC, avec des compétences allant au-delà de la correcte maitrise de l’Anglais et des outils utilisés, permettant notamment de garantir l’interopérabilité (feux, logistique, communications…) et les passerelles – via, pour ce point, l’utilisation d’un nouveau réseau développé pour l’occasion et qui pourra être réutilisé avec d’autres alliés. Mais il sera nécessaire aussi d’avoir une agilité intellectuelle permettant de penser la manœuvre dans toute sa complexité, de se projeter dans les étapes d’après, de gérer l’incertitude et de surprendre l’adversaire, de tenir le tempo de la manœuvre (avec 16H de travail / jour, et la continuité jour/nuit), etc. Les entraînements pré-déploiement notamment les CPX (command post exercice) en Allemagne ayant permis aussi de prendre connaissance de ces exigences.

Encore faut-il pouvoir disposer d’espaces d’entraînement réalistes pour pouvoir le faire (cf. ci-dessous). Avec l’obligation pour le système de commandement aéroterrestre d’assurer sa sureté "par sa légèreté, sa furtivité, son agilité, sa résilience et sa frugalité en ayant recours à une combinaison de moyens partagés, de reach back, permises par les technologies de connexion à distance". Avec une organisation en PC "au contact", proche de l’action en cours pour commander sur le terrain et absorber directement la pression de l’adversaire, un PC "en arrière et en amont" qui commande les actions dans la zone arrière, prépare les actions futures, et peut prendre temporairement le commandement (soit pour permettre au PC "au contact" de faire mouvement soit pour se substituer à lui en cas de neutralisation ou de destruction). Et un PC "tactique", dérivé du PC "au contact", pour permettre au chef de se porter temporairement au plus près de l’action décisive. Un effort d’allégement (sans réduire l’efficacité de la manœuvre et de l’interopérabilité) ne semblant pas pouvoir être occulté.

Au final, un rappel du travail sans cesse renouvelé de gestion et maitrise de l’organisation, des procédures, des pratiques, des connexions (techniques et éventuellement classifiées)… Garanties notamment de l’interopérabilité globale, et via certaines structures ad hoc (Multinational Intelligence Fusion Cell, Multi-Domain Task Force ou Theater Fires Command), pour les différents domaines : commandement, mêlée, appuis cinétiques et non cinétiques, agencement de l’espace terrestre, logistique, renseignement, protection, cyber, simulation, etc. 


De la manœuvre

Malgré « le dieu de la guerre » (l’artillerie adverse), une forme de combat combinant, avec justesse, feu et manœuvre, sans sur-privilégier, l’un ou l’autre, demeure encore possible, et permet d’obtenir des résultats. La manière de faire la guerre « à la française » resterait ainsi pertinente. Comme l’indique, le directeur du centre de doctrine et d’enseignement du commandement (CDEC) de l’armée de Terre, « lors de l’exercice Warfighter 2021, la division française a réussi la performance tactique de bousculer l’ennemi au-delà du fleuve, ce que n’avaient jamais réussi les unités anglo-saxonnes ». Ainsi l’emploi de régiments /unités associés au niveau divisionnaire menant certaines séquences, en déséquilibre avant en termes de risques selon les canons modernes de la sureté et de la protection, sont créateurs d’opportunités pour d’autres éléments dans la manœuvre : face à la réarticulation de l’adversaire pour combler des brèches, face à sa désorientation cognitive suite à certains coups de main, etc. Il s’agit de jouer de l’ADN du combat français en faisant effort sur les opérations de préparation de l’adversaire (le façonner de manière cinétique ou non cinétique), pour permettre aux brigades subordonnées d’arriver dans de bonnes conditions sur les lignes de contact. Les moyens divisionnaires étant utilisés au-delà des 30 km de la ligne de départ, et jusqu’à 96H avant les opérations de la manœuvre principale. Cette action en amont sera menée par de nombreux acteurs : forces spéciales, grande unité aéromobile, frappes interarmées dans la grande profondeur, ou unités conventionnelles spécialisées du renseignement terrestre et de manœuvre.

Le ciblage, encore perfectible (notamment pour envisager les effets anticipés et la structuration de l’adversaire) devient le processus essentiel pour développer ensuite la manœuvre, où il s’agit de neutraliser et de rechercher l’attrition systémique de l’adversaire (et non numérique), en faisant effort (notamment pour la manœuvre des capteurs qui oriente les effecteurs) sur ce qui est le plus mortel pour nos propres forces (d’où l’importance des lignes de coordination des feux, et de l’intégration aux niveaux divisions et corps d’armée de l’armée de l’Air et de l’Espace). La saisie d’opportunités suivra ensuite, les erreurs devant être exploitées (quand, à l'inverse, face à de tels adversaires, les erreurs se paient cache pour les forces amies, une brigade s'en rappelant douloureusement...). L’importance des mesures de sauvegarde (signature électronique, lutte anti-drones, NRBC – avec développement envisagé de capacités hors unités dédiées dans les régiments du Génie pour renforcer le segment, mobilité des cibles à haute valeur, stationnements, etc.) à tous les niveaux étant encore rappelée. Comme résumé, « il semble que le récent exercice Warfighter de l’US Army confirme l’évolution vers cette répartition de tâches entre des forces américaines fournissant le cadre C4ISR intégrateur et les feux longue portée, et une masse de manœuvre distribuée entre les unités américaines et celles des forces alliée ».

Au titre des adaptations de structures, des unités de manœuvre ont fait leur preuve, celles déjà connues comme les groupes d’aide à l’engagement des brigades, mais aussi l’échelon de découverte (précisé en 2021 et 2022 lors de la publication de la doctrine Scorpion en version expérimentale pour le GTIA-S et la BIA-S), et le retour des RBCA (Régiment Blindé de Corps d'Armée) et RICA (Régiment d’Infanterie de Corps d’Armée). Le 3è régiment de Hussards et le 1er régiment d’Infanterie ayant reçu mandat exploratoire de la 1ère division d’expérimenter l’apport de ces unités, chargées notamment de la reconnaissance et du modelage de l’adversaire au loin. L'objectif étant de tirer les conséquences d'avoir à travailler dans la profondeur (comme échelon réservé / de réserve) au profit de la Grande Unité (Corps d’Armée ou Division). Avec des modes d’action, pas inédits en soit mais revus (à l'aune des nouvelles capacités détenues), de couverture et de flanc garde de l’effort principal, de saisie de points clés, de nasse anti chars, d’harcèlement sur les arrières, de combat de freinage, de raid (ciblant éléments logistiques ou de commandement), etc. Et des points d’amélioration possible dans le domaine de l’autonomie logistique, de la masse (un GTIA dédié correspond au niveau division, une unité plus importante semblant nécessaire au niveau corps d’armée), etc. Et, en termes de moyens, l’importance des capacités de franchissement, problématique centrale pour le rythme de la manœuvre lors de l’exercice (les corrections étant elles aussi en cours afin d’augmenter les capacités).

De l’intégration des effets

Si la division britannique arrivait avec une expérience certaine et d’importants moyens dans le domaine des effets non cinétiques (avec un information manœuvre group), l’exercice a été, côté français, l’occasion d’expérimenter dans ce domaine, afin d’éventuellement réfléchir sur une future unité multi-capacités "effets dans les champs immatériels", capables de coordonner et mettre en œuvre des procédés comme des actions de brouillage afin d’appuyer une manœuvre de franchissement, la génération d’émissions électromagnétiques couplée à un déploiement de leurres physiques pour simuler la présence d’une unité, etc.

Et permettant d’intégrer les efforts faits à tous les niveaux, du plus haut, jusqu’au plus bas. A l’exemple de ceux expérimentés lors du récent exercice Falcon Amarante de la 11è BP, avec des moyens de déception déployés dans un contexte haute intensité, avec haut-parleurs utilisés pour diffuser des messages de type "branle-bas de combat !" mettant le doute dans les rangs amis, se demandant si c'était bien un ordre réel, des messages diffusés durant la nuit, privant les troupes joueuses de sommeil, des leurres comme un char gonflable déployé pour simuler un ennemi doté de capacités non prévues, obligeant à repenser la manœuvre, etc.

Ainsi, un bureau « influence » (comprenant tout particulièrement la guerre électronique, le cyber, les actions civilo-militaires, les opérations psychologiques, la lutte informatique d’influence et la communication opérationnelle, avec le rôle de premier plan des unités du Centre Interarmées des Actions sur l’Environnement - CIAE) a permis, notamment, de simuler l’action d’un régiment avec une opération de déception, soit une forte concentration de l'effet (une 1ère dans les ECIM - effets dans les champs immatériels). Mais aussi de discréditer l’adversaire, de faire baisser le seuil de violence en certains points, etc. Avec encore des efforts à fournir dans la synchronisation, l’intégration et l’identification (en planification comme en conduite) des effets dans les différents champs et dans la manœuvre. Et aussi dans le domaine des moyens, les prêts américains (comme des leurres de PCs) étant particulièrement utiles pour assurer une manoeuvre crédible... Tout cela rendant peut lisible pour l'adversaire la manoeuvre, point souligné par l’animation de l'exercice.


Des arrières

Dans le cadre de l’hypothèse de l’engagement majeur, des logiques de fronts réapparaissent avec la manœuvre des grandes unités, avec des avants, mais aussi des arrières (en France comme chez les Alliés). Un point qui n'est pas simple à aborder, notamment en organisation des PCs, plus concentrés sur les manœuvres devant, que sur ce qui se passer derrière. Des espaces tactiques à ne pas sous-estimer, malgré l’habitude des opérations en milieu permissif jusqu’alors menées. Avec des questions de protection / sauvegarde de ces arrières, notamment pour les aspects logistiques (surveillance, gestion, sécurisation…) face aux drones, aux coups de mains, etc. Cela explique par exemple la présence lors de l’exercice Orion (cf. ci-après) en 2023 du 24è régiment d’Infanterie, unique régiment de réserve de l'armée de Terre, qui sera déployé à cette occasion pour la 1ère fois en un GTIA constitué. Et plus globalement de l’engagement anticipé de réserves, notamment pour tenir le contrat opérationnel 10.000 hommes sur le territoire national en simultanée des autres hypothèses d’engagement. Ou encore de la présence de la Gendarmerie nationale lors de ce même exercice.

Comme indiqué par le CEMAT, « la couverture de cette action principale, la protection des lignes de communication permettant le soutien logistique depuis la métropole et l’accueil des blessés, ainsi que la régénération des pertes demanderont des forces complémentaires robustes. L’ennemi cherchera à s’en prendre à nos arrières. Il mènera des actions sur notre sol. Dans le scénario d’un engagement majeur, l’armée de Terre aura donc aussi à répondre simultanément au besoin de protection du territoire national, contribuant à la résilience de la Nation ». Avec la nécessaire sécurisation des segments sol des autres composantes (approches des ports et aéroports, convois logistiques, sites de lancement spatiaux, zones d’antennes, fermes de serveurs…) pour diminuer la vulnérabilité globale.

L’apport de la Gendarmerie, pour mener des actions conjointes, étant démontré, ayant conduit à la signature d’un premier accord de coopération en mai 2018, reconduit en août 2021. L’objet vise à « renforcer et à élargir la coopération institutionnelle » dans : les ressources humaines, les partenariats, l’interopérabilité et la préparation opérationnelle. L’HEM conduit à réaffirmer l’importance des forces armées "dans le cadre de la défense opérationnelle du territoire (DOT), donc hors réquisition, pour, en cas de menace extérieure ou d’agression, participer à la protection des installations sensibles, assurer la couverture générale du territoire et la continuité de l’action de l’État, et s’opposer à des actions ennemies sur le Territoire national". Cet emploi repose sur une meilleure appropriation des déploiements au sol (via un Common Ground Picture), permise par l’infovalorisation et des procédures de coordination, de type Land Space Management géré par la composante terrestre. A ce jour, le degré d’intégration varie encore en fonction du domaine et du temps de l’action (entre 3D, très abouti, et de la 2D encore à travailler, en termes d'outils et de procédures).


De la logistique

Le directeur du CDEC, déjà cité, indique que « La division française n’aurait sans doute pas pu tenir sa ligne de défense dans la durée, faute de stocks, ce qui soulève la problématique de la capacité de la BITD terrestre à générer les flux adaptés au soutien des forces en haute intensité », où, dans l’affrontement des volontés, c’est à celui qui arrivera à tenir 15 minutes de plus que l’adversaire, qui emportera la décision. Avec des problématiques de stocker (malgré les conditions contractuelles fondées sur les résultats conduisant à les limiter, et ce malgré les possibles pics de besoins), mobiliser, régénérer, et régénérer rapidement.

D’où des questions sur l’épaisseur en matériels, munitions et en hommes (flux et stocks). Un travail sur les questions d’autonomie initiale pour rejoindre (sans contraintes de soutien RAV/MEC/SAN - ravitaillement, soutien mécanique et soutien sanitaire) la zone d’engagement puis débuter leur engagement est mené, avec le renforcement du nombre de jours de combat sur véhicules (rations, carburant, munitions et la réévaluation des consommations théoriques journalières (CTJ), eau de consommation humaine) plus ceux du train de combat régimentaire. Ou encore d’articulation entre la logistique de l'arrière (qui doit être capable d’un effet « booster capacitaire » en cas de pics d’activités de régénération et de re-complétement – loin des délais, mêmes pour les pièces simples aujourd’hui connus, faute de structures contractuelles adéquats, de processus industriels modernisés, etc.), en partie confiée à des industries privées, la logistique de l'avant, celle qui manœuvre et évolue en forte zone d'insécurité, et la logistique intégrée, celle des trains de combat, qui participe directement au combat. L’équilibre entre agilité tactique et capacité à durer étant là aussi un chantier ouvert.

Avec un complément à prévoir de lots de réactivité, et des capacités renforcées de transport autonome pour les unités (d’où l’importance du renouvellement des parcs de camions logistiques). Pour pouvoir gérer à la fois, avec la bonne mesure, les flux poussés (selon les abaques anticipés) et les flux tirés (à la demande des consommateurs). Et cela sur des distances rarement vues pour de tels volumes (l’expérience du théâtre de l’opération de Barkhane étant d’intérêt pour la taille des élongations, moins pour les volumes transportés) : plusieurs centaines de kilomètres entre le point d’entrée de théâtre et l’échelon logistique opératif, encore quelques centaines pour aller jusqu’au groupement de soutien divisionnaire, lui-même en retrait des opérations. Néanmoins, en l’état des ressources et des formats, il ne devrait pas être possible d’assurer simultanément l’appui au mouvement, la protection rapprochée des convois et la régulation des mouvements sur l’ensemble du réseau de communications. D’où des éventuels renforts à prévoir dans les régiments du Train.
 

Dans le domaine conjoint du maintien en condition opérationnelle - terrestre (MCO-T), les enjeux, au-delà de la répartition entre les acteurs, sont nombreux. Avec des axes d’amélioration couvrant la manœuvre tactico-logistique permettant le relevage et l’entretien au plus proche des lignes de contact, via le développement et l'entrée en service d’éléménts légers d’intervention (ELI) sous blindage sur blindés Griffon, de moyens de dépannage et logistique (issus de la Flotte tactique et logistique terrestre - FTLT), de drones lourds et légers de livraison des pièces, d’extracteurs de l’avant (sous  blindage et sur chenilles) pour les systèmes MGCS et pour d’autres systèmes si besoin, etc. Mais aussi sur les capacités liées aux acteurs et métiers du MCO-T, incluant l’impression 3D, les exosquelettes, les robots de maintenance, les ateliers projetables revues, etc. Sans oublier les capacités de diagnostic (facile et rapide), à base de capteurs type HUMS (Health and Usage Monitoring Systems), de maintenance prévisionnelle, etc. Ou l’enjeu de l’interconnexion des systèmes d’information des différents acteurs et la transformation numérique (notamment le système SIM@T nomade).

De la simulation et de l’entraînement

Des moyens de simulation de premier ordre ont été utilisés pour représenter la complexité des opérations. Les moyens mis à disposition type Warfighter Simulation (WARSIM) sont sans commune mesure avec ce qui est habituellement utilisé. Avec différents scénarios possibles : Caspienne, Corée, Baltique… Et des phases défensive, offensive ou stabilisation, dans un environnement et des méthodes associés d’After Action Reviews, 2 fois sur les 10 jours, avant des rapports finaux d’analyse après action.

Le CAC-T, et notamment le Mission Command Training Program, de Fort Leavenworth propose des capacités dites live-virtual-constructive (LVC) pour de la simulation collective (des PCs des niveaux corps, divisions et brigades) au sein d’Integrated Training Environment (ITE). Incluant notamment un mission partner environment (MPE), permettant l’intégration d’alliés, et un Army Interoperability Measurement System (AIMS), associant données, observateurs, analystes, ou compte-rendus, pour permettre d’évaluer le niveau d’’interopérabilité obtenu et les voies à encore développer. Dans la pratique, il s’agit, comme pour d’autres unités, de noter de 0 à 3 les forces impliquées selon leur niveau d’interopérabilité : 0 : Incompatibilité, 1 : Déconflictées, 2 : Compatibles, 3 : Intégrées. Avec des efforts à fournir notamment dans les systèmes de communication, le renseignement, les feux, etc.

Un environnement de simulation en voie de modernisation côté américain (après 30 ans d’utilisation) via la Synthetic Training Environment Cross-Functional Team, notamment pour pousser encore plus loin les aspects multi-domaines, permettre une mise en réseau simplifié, réduire la charge RH pour le faire fonctionner, intégrer de nouveaux systèmes de liaison de données, etc. Avec des points d’efforts sur les aspects guerre électronique (même si déjà des premières capacités de simulation de liaisons dégradées sont disponibles…), logistique (les contraintes n’étant pas assez marquées et « trop automatiques » dans la fourniture de ravitaillement, les passerelles trop réduites avec les actuels systèmes logistiques, l’aspect distances pas assez marqué, l’environnement logistique au final « trop facile », etc.), cyberespace ou combat urbain.

Néanmoins, les aspects humains demeurent toujours aussi complexes à mettre en logiciels : comme le reconnait récemment le général Berger (patron de l’USMC), "If one were to run a virtual wargame knowing how Russian forces were postured and understanding their capabilities, the computer model would have said Russia would be victorious in a matter of 72 to 96 hours. But those models don’t — and can’t — account for the Ukrainian people’s will to fight on behalf of their homeland. The discipline, the leadership, the fighting spirit, whatever you want to call it, models don’t account for that. They can account for a weapon system, they can do [calculations]. They cannot explain why Ukraine is still hanging on”.

Côté français, il s’agira de faire monter en gamme des capacités, notamment celles du Centre d’entrainement et de contrôle des postes de commandements / 3e régiment d’artillerie (CECPC / 3e RA) de Mailly-le-Camp, qui est en charge de la préparation opérationnelle des postes de commandements. Plutôt centré sur les régiments et brigades, il a vocation à devenir le lieu privilégié pour mettre en place des exercices de niveau multi-échelons comme Orion 2023. Pour cela, un effort est fait sur le théâtre d’opérations hybrides partagées (TOHP), qui comprend et combine dans un tout cohérent trois types d’animations d’exercice, selon son actuel chef : la simulation (ou CAX, computer assistant exercice), la liste d’incidents et évènements injectés (le « carré vert »), et l’entrainement réel sur le terrain (FTX, field training exercice). Pour ne déployer, par exemple, « que » 1.500 hommes au lieu de 25.000. Fournir des exercices réalistes et complexes pour les postes de commandement est une vraie compétence qui nécessite un investissement en amont, et qui peut s’appuyer sur de réelles compétences françaises (comme les outils toujours plus développés de MASA Group). Le site de Mailly-le-Camp accueillera bientôt un bâtiment d’entrainement aux postes de commandements pour l’exercice Orion 2023, à livrer en temps contraint, pour agrandir le centre d’entraînement aux techniques d’état-major (centre qui, pour l’anecdote, sera équipé de plus de 700 prises électriques…).


De la suite

Selon le chef d’état-major de l’armée de Terre en juin 2021, devenu chef d’état-major des armées depuis lors : « Cet exercice a constitué une étape importante dans notre marche vers la préparation à un conflit à haute intensité. La 3e Division s’est très bien comportée. Nous avons beaucoup appris dans cet exercice, qui a été identifié comme un moyen de faire gagner à l’armée de Terre deux à trois ans d’expérience en matière de conflit à haute intensité ». Il a ainsi participé au franchissement d’une première marche (et l’expression de « première marche » est d’importance) vers la Haute Intensité (notamment pour l’Hypothèse d’engagement majeur), et cela malgré une Situation opérationnelle de référence (SOR) tenue (toutes les autres opérations, postures et alertes en cours), mais contraignant ce recentrage vers la Haute Intensité.

Il ne fait pas de doute que ce type d’exercice est amené à se répéter dans les années à venir, gagnant en taille et en complexité. Prochain rendez-vous, l’exercice divisionnaire Orion 2023 (Projet 10 de la vision stratégique du CEMAT), en France, sur plusieurs mois et en plusieurs étapes (planification, focus sur l’échelon national d’urgence, posture interministérielle, engagement en coercition, avec campagne aérienne, en Région Champagne-Ardennes), sous la direction de la 1ère division. Avec un contrat opérationnel complet joué. Puis une nouvelle édition de l’exercice Warfighter normalement prévue en 2025 (qui devrait permettre de voir le chemin parcouru depuis les premiers états des lieux…), et potentiellement d’autres exercices dans l’intervalle. Orion sera la première édition d'un nouveau cycle d'exercices triennal HEMEX (HEM pour Hypothèse d'engagement majeur). 

Orion (pour "Opération d’envergure pour des armées Résilientes, Interopérables, Orientées vers la haute intensité, et Novatrices") sera un exercice « multi-milieux, interarmées, interalliés, de niveau divisionnaire, et qui impliquera entre 17 000 et 20 000 hommes et 500 véhicules, deux porte-hélicoptères amphibies, le porte-avions Charles-de-Gaulle et 40 aéronefs », selon l’ancien CEMA. La part des moyens en simulé et en déployé étant encore en cours d’affinage dans les mois à venir (tout comme l’exacte disponibilité des matériels déployés, représentant toute la palette des capacités détenues). Il en est de même pour les alliés présents, avec évocation d’un bataillon belge, un état-major britannique, des appuis et du soutien américains (artillerie longue portée, franchissement, etc.). Avec une convergence souhaitée des évolutions des différentes chaines (logistique, renseignement, etc.), permettant l’expérimentation lors de cet exercice à grande échelle, de structures ad hoc comme les bataillons de reconnaissance divisionnaire, par exemple, d’équipements comme les robots, des procédés comme la maintenance 2.0, etc.
 
Crédits des illustrations : privés, armée de Terre, CDEF ou 3ème division.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

On verra bien quelle place sera occupée par les sociétés privées dans les soutiens d'une telle manoeuvre inter-alliés:
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/12/14/location-de-tentes-21705.html

Ainsi que celle de la simulation.
https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/angers-49000/angers-400-militaires-pour-un-entrainement-d-une-grande-ampleur-au-sein-de-l-ecole-du-genie-9001dd9a-8447-11ec-8ed3-a057c5cdc844

Anonyme a dit…

Dans le cadre d'un combat info-valorisé, le cyber est une menace très concrète!
https://blablachars.blogspot.com/2022/02/larmee-americaine-se-preoccupe-de-la.html

Anonyme a dit…

Nos chefs parlent bien mieux américain que leurs aînés...
https://mobile.twitter.com/UKFightClub1/status/1430620562393600001

Anonyme a dit…

En France, on a tellement l'habitude de se plaindre que beaucoup ne réalisent pas dans quel confort opérationnel ont eu lieu les 60 dernières années en OPEX de l'armée française.
https://www.lopinion.fr/international/ladieu-des-generaux-francais-au-confort-operationnel

Anonyme a dit…

La guerre moderne a un coût épouvantable, l'uberisation des conflits à base de mercenaires et d'envoi d'armes aux civils semble avoir un grand avenir.
https://www.ouest-france.fr/politique/defense/ukraine-mali-afghanistan-peut-on-encore-gagner-une-guerre-de325ec6-a531-11ec-b955-ae7721570234

Il n'y a pas que le terrorisme qui sait faire ce genre de transfert de risques, la realpolitik aussi...
https://lavoiedelepee.blogspot.com/2019/03/publie-dans-defense-et-securite.html


Ce qui se passe en Ukraine, n'est que le dernier épisode d'un choix politique cynique qui a fait ses preuves.
https://www.ege.fr/infoguerre/les-limites-du-cynisme-dans-la-realpolitik

Anonyme a dit…

L'épisode ukrainien aura eu le mérite de montrer le véritable niveau des armées russes et les limites de ses réformes:
https://blablachars.blogspot.com/2022/02/les-btg-russes-des-formations-aux.html