lundi 2 février 2026

Conférence navale de Paris 2026 - Réarmement naval et opérations en eaux contestées - Un rythme et des exigences qui obligent

Une Marine Nationale au combat aujourd'hui qui en redécouvre en partie dans les faits toutes les exigences, notamment sur la résilience des équipages, la cohésion primaire au combat au sein d’un navire et l’importance de l’esprit d’équipage. Une Direction générale de l’armement (DGA) de combat qui doit tenir son rôle d’expert technique et technologique - en imposant certains choix, en orientant et en animant via certains centres référents : lutte anti-drones hier, drones navals depuis peu, ou guerre électronique demain, et en réinvestissant le temps court au rythme du combat. Ou encore une Base industrielle et technologique de défense (BITD) navale mobilisée qui s’adapte à certaines évolutions des équilibres en vigueur jusqu’alors via des auto-investissements en amorçage de développement de produits ou en phase de production, des exigences d’évolution agile hardware/software et de compatibilité entre systèmes hétéroclites, des moindres logiques propriétaires permettant aux utilisateurs de "bidouiller" (pour comprendre, maîtriser, maximiser l’emploi en limites de spécifications, adapter, voire réparer au cas où).
 

Les sujets évoqués lors de la 1ère journée de la Conférence navale de Paris organisée par l’Institut français des relations internationales (IFRI) étaient nombreux, mais quelques exemples un peu illustratifs peuvent éclairer en partie les grandes problématiques abordées.

Les réflexions furent nombreuses autour du high/low mix, entre le faire au mieux avec ce qu’il y a (principe de base au combat), défense (pas toujours convaincante) par les couts comparés entre absence de réponse et réponse maximaliste ou encore exigences d’approches plus réalistes et soutenables disponibles sans trop tarder. A ce titre, l’intérêt des roquettes guidées laser est salué comme réponse face aux drones de surface et aériens, en plus de missiles Mistral (qui ont connu une multiplication par 3 des cadences de production entre 2022 et 2025), des couches de "mitraille de petits calibres", du brouillage, du canon de 76 mm "qui fait le job", ou encore d'un futur "missile balistique tactique" comme piste pour des capacités de frappe ("sur l'archer plus que sur la flèche"). C'est aussi l'évocation de discussions en cours depuis plusieurs mois pour intégrer le One Way Effector de MBDA à bord de navires de la Marine nationale, en plus de munitions téléopérées (MTO) opérées depuis les navires "en attaque comme en défense". Et des enjeux plus complexes face aux missiles balistiques à capacités antinavires, rencontrés en opérations réelles et à intervalles réguliers lors d’exercices représentatifs, pouvant redonner de l’intérêt au leurrage face à l’interception. En plus de soulever des questions sur une dépendance à éventuellement réduire aux réseaux d’alerte satellitaires Otaniens dans le domaine, face à des projets européens encore à leurs prémices.