mardi 1 juillet 2008

Emotion, réflexion et décision.

L’actualité brulante de ces derniers mois, jours et même heures, au sujet des questions de Défense remettent sur le devant de la scène quelques caractéristiques du processus de décision.

C’est autant décider dans l’incertitude (cf. l’ouvrage du Général Desportes, à mettre dans les mains de tous les corps de métiers) dont il sera sujet, que d’avoir à décider en dehors du coup de l’émotion que l’on ressent soi même, pour répondre à une émotion globale causée par un événement. Cela sans vision à court terme quand les décisions demandent un peu de jugement, avec l’absence de généralisation hâtive (les amateurs se battant en Afghanistan apprécieront certaines remarques), ainsi qu’avec la nécessité du temps de la réflexion (le Livre Blanc par exemple, quoique en disent certains sur le système des commissions, a mis du temps à accoucher, mais a permis de poser au moins certains vrais problèmes et de donner un point sans concessions de la situation. Après les discussions et débats portent plus sur les solutions apportées).

Ce n’est pas aller contre l’audace, la réactivité ou la rapidité d’exécution que de prendre ce temps de la réflexion et de ne pas prendre la décision que les médias et une opinion publique, s’émouvant sur ce que la Presse, la Radio ou la TV lui présente, affamés d’exceptionnel, attendent que les décideurs prennent ou dont l’effet fera taire les critiques et retomber au plus vite le pic émotionnel dans un oubli total pour passer à autre chose (aujourd’hui la Défense, hier l’insécurité, avant les 35 heures).

La recherche du résultat immédiat dans un style économique propre à la gestion actionnariale (il faut que le portefeuille d’actions grimpe le plus vite possible donc on met une pression en ce sens, vers les cadres dirigeants de l’entreprise) empêche alors de voir les solutions qui régleront en profondeur les problèmes qui d’une manière réelle et souvent juste, ont été posés. Trouvant le juste équilibre, allier aussi un mode de décision qui est dans un esprit de promoteur et d’entrepreneur, pour reprendre la comparaison avec les modes de fonctionnement et de direction des entreprises, peut donner des résultats différents, nouveaux et parfois plus bénéfiques. Ce sont des gros frais de départ et un étalement sur le long terme, un certain esprit d’aventure sans toutes les garanties de réussite, qui peut alors donner un résultat et une rentabilité pour plusieurs années et assurer de façon pérenne la survie de l’entreprise. Cela nécessite alors une hausse de la recherche et du développement, des études de prospective, des cycles et organismes de réflexion qui semblent tant faire défaut pour certains dans le microcosme de la Défense française. Les décisions sauront aussi prises dans le présent mais pour longtemps avec alors l'inconnu de la stabilité et du respect des engagements.

La vie au jour le jour ne peut plus être l’unique mode de règlements des problèmes qui ne permet pas un règlement en profondeur surtout lorsque l'on y ajoute l’utilisation sans parcimonie de la science, maniée avec habilité par certains, de l’effet d’annonce où dans une cacophonie sans nom, les intérêts du domaine politique et militaire se mêlent.

1 commentaire:

VonMeisten a dit…

Très bon article. Il est vraie que la vision stratégique n'est plus vraiment à la mode chez nos politiques.