mercredi 22 septembre 2010

Citation 20

"Reviens avec ou sur ton bouclier"

Ainsi auraient parlé les femmes spartiates à leurs maris ou à leurs fils quand ces derniers partaient à la guerre. Reviens victorieux les armes à la main ou alors reviens mort transporté sur ton bouclier.

La véracité de cette maxime populaire, qui fait la part belle à l'heroïsation de la mort, repose sur une citation du philosophe Plutarque dans un traité de morale, auteur surtout connu pour ses biographies appelées Vies parallèles des hommes illustres.

mardi 21 septembre 2010

Le KGB en Afghanistan

En janvier 2010, le Collège de Défense de l’Otan a publié une courte et intéressante fiche de lecture sur un livre intitulé Le KGB en Afghanistan. Cet ouvrage collectif est paru à Moscou en 2009. Il compile les témoignages de plusieurs dizaines d’anciens officiers Biélorusses du KGB ayant servi en Afghanistan de 1979 à 1988.


Les difficultés de recrutement des sources, l’emploi de la torture, le contre-espionnage vis à vis des Pakistanais, l’interceptions de communications électroniques, les mission des équipes de forces spéciales du KGB ou la coopération avec le service secret afghan (Khad équivalent du NDS actuel) sont abordés dans ce livre, et dans une moindre mesure dans la fiche.

Alors que la CIA est souvent critiquée pour ses possibles/prétendues difficultés à gérer le volet contre-terrorisme (renseignement, capture, élimination, etc.) ou fait l’actualité lorsqu’une de ses anciennes sources se fait exploser, il est toujours intéressant de se renseigner sur les méthodes employées par l’un de ses anciens adversaires viscérales.

En complément, je conseille la lecture de la Note d’actualité n°223 d’Alain Rodier du CF2R sur L’importance du chef de poste de la CIA à Kaboul.

lundi 20 septembre 2010

Quel fournisseur de sécurité au Niger? (MAJ1)

Suite au récent enlèvement des Français travaillant pour l'entreprise Areva au Niger, les analyses se sont surtout concentrées sur la mise en avant de la menace AQMI, amas d'activistes régionaux (avec de fortes ramifications internationales) labellisé sous la franchise internationale qu'est Al-Qaida et les moyens mis en place pour libérer les otages (ici par exemple).

Un second axe pourrait se concentrer sur la question de la privatisation de la sécurité. Les cas irakien et afghan concentrent les regards par l’ampleur du phénomène, mais depuis l'épopée du mercenariat romantique des "Affreux" et "chiens de guerre", l'Afrique est toujours un marché pour ces sociétés militaires privées (je ne rentre pas dans le débat de l'acronyme à donner à ces entités économiques...).

Ici, les principaux contractants ne sont pas les États souhaitant externaliser des fonctions d’appui et de soutien aux forces mais les multinationales (en particulier celles responsables de l'exploitation des ressources). Dans le cas Areva, les ravisseurs auraient bénéficié de complices au sein du personnel en charge de veiller sur le complexe résidentiel des ressortissants étrangers.

Il serait trop simple de voir ici uniquement les faiblesses de ces sociétés recrutant des employés locaux, moins chers et connaissant l'environnement, mais pas forcément recommandables. Les anti-SMP brandiraient alors la solution miracle qu'est le retour de l'État-modéle dans ses attributions régaliennes qui se doit d'assurer la défense du territoire et la sécurité de ses habitants.

Et le débat n'a pas manqué avec les révélations (démenties par Areva) que la société aurait refusé l'aide des forces de sécurité nigériennes déjà présentes pour assurer la protection des sites d'extraction de l'Uranium. Elle aurait préféré des gardes privés non armés, mesure sans doute un peu légère dans un contexte dégradé connu du fait de nombreux signaux faibles captés sur la menace (quelques infos sur le dispositif et le site de la société EPEE).

Pour modérer cette ardeur, il est bon de rappeler qu'au Nigéria, pays voisin en proie à l'activité de mouvements d'émancipation et à la grande criminalité, les multinationales ont fait le pari de confier leur sécurité aux forces gouvernementales. Le retour de l'État direz vous.

Pas vraiment en fait. Elles ont en effet mis la main à la poche pour fournir des bateaux, des hélicoptères et des véhicules dont les forces gouvernementales se servent pour patrouiller, en particulier autour des infrastructures pétrolières (terminaux et plates-formes). Ni nouveaux corsaires, ni armées en leasing, mais un curieux mélange.

jeudi 16 septembre 2010

La nouvelle revue DefNat presque 2.0


L'antique et vénérable revue Défense Nationale créée en 1939 bénéficie récemment d'un nouveau site internet (www.defnat.com) qui l'a fait rentrer un peu plus dans une nouvelle ère et une nouvelle dimension.

En plus de retrouver les sommaires de tous les anciens numéros, de pouvoir les acheter en ligne, de consulter les annonces des Cahiers numériques, il est possible de consulter de nombreux articles librement (une trentaine).

Le petit plus réside dans la parution de deux tribunes chaque semaine. Vous y découvrez déjà des propos sur Suchet comme maître en pacification ou la présentation du modèle du "mobile" pouvant aider à prendre en compte et comprendre la complexité.

mardi 14 septembre 2010

Ce qu'il ne faut pas faire

Si les méthodes de représentation de l'information ne sont pas le domaine de prédilection de ce blog, je me suis parfois penché sur les outils issus du monde de l'entreprise et adoptés par les militaires. Ainsi, de récentes affaires ont mis en avant l'usage déraisonné du logiciel PowerPoint.

La vidéo qui suit me semble particulièrement didactique et surtout pleinement représentative des dérives souvent observées. Elle est l'œuvre de l'Américain Don McMillan, ingénieur informaticien qui aujourd’hui est surtout connu pour ses one-man-show humoristiques sur le monde de l’entreprise.


samedi 11 septembre 2010

Lecture - Guerre des chiffres et chiffres de guerre

Immense vanité personnelle, je me permets de signaler la récente parution d'un de mes articles dans l'incontournable revue stratégique française qu'est le mensuel DSI.

Dans le numéro 62 de septembre (sommaire), je traite des metrics, ces indicateurs de performance issus du monde civil et qui inonde la manière de mener la guerre depuis la Seconde Guerre Mondiale et plus récemment le Vietnam, l'Irak ou l'Afghanistan.

D'outils premiers d'aide à la décision facilitant le néfaste micro-management, ils sont devenus de plus des objets politiques à part entière qui empêchent une véritable réflexion sur les buts poursuivis.

Je suis ouvert sur ce blog à toutes les critiques, félicitations, contradictions, commentaires, etc.

jeudi 9 septembre 2010

Lecture - Le fait aérien en Afghanistan

Le Centre d'études stratégiques aérospatiales(CESA), en charge de "la réflexion air et spatiale" au sein des forces françaises, a mis en ligne les actes d'un colloque intitulé "Le fait aérien en Afghanistan" qui s'était tenu le 1er décembre 2009 à l'École Militaire. Cette rétrospective "Air" de ce conflit mérite d'être lu.


Les amoureux de technique trouveront leur compte avec des détails précis et du retex sur l'emploi de l'arme aérienne (largage de matériel, appui-feu, gestion de la 3D, les drones, les hélicoptères). Les interventions du chef d'état major de l'armée de l'Air afghane et de l'ambassadeur afghan en France apportent un petit plus.

Je laisse à votre réflexion cette citation du général commandant le CESA sur l'importance politique de l'arme aérienne non sur le plan sécuritaire mais sur celui de la construction étatique, de la gouvernance presque.
De fait, la puissance aérienne constitue la condition sine qua non d’une progression de la souveraineté de l’Etat afghan dans un pays humainement morcelé et géographiquement accidenté qui ne laisse aucune autre alternative que le combat asymétrique.
Quelques billets sur l'arme aérienne en Afghanistan:

mardi 7 septembre 2010

Dix principes de la propagande militaire (+MAJ)

MAJ 1 (04/09/2013) : en Syrie comme ailleurs, la guerre est la dialectique des volontés entre - au moins - 2 acteurs, où les uns comme les autres usent de ressorts assez similaires...

Au détour de lectures d’été (merci F-B Huyghe), j’ai redécouvert les travaux du travailliste et pacifiste britannique sir Arthur Ponsonby (1871-1946) sur les mensonges développés par tous les camps lors de la Première Guerre mondiale. Un de ses pamphlets sur les histoires d’atrocités censées avoir été commises est librement disponible sur Internet.

 
Des ses travaux de pionnier, les spécialistes de la communication et de l’information en tirent communément dix articles applicables à de nombreuses situations, aux dernières guerres (Kosovo, Irak, Afghanistan, Liban, Gaza, etc.) mais aussi à d’autres situations d’oppositions dans le domaine sportif, économique, social.
  1. Notre camp ne veut pas la guerre.
  2. L’adversaire est responsable de son déclenchement.
  3. L’adversaire est moralement condamnable (c’est « l’affreux » de service).
  4. La guerre que nous menons à de nobles buts.
  5. L’ennemi commet des atrocités délibérés, nous pas.
  6. Il subit plus de pertes que nous.
  7. Dieu est avec nous.
  8. Le monde des arts et de la culture nous approuve.
  9. L’ennemi utilise des armes illicites.
  10. Ceux qui mettent en doute ces neuf points sont des traîtres ou des victimes des mensonges adverses.
C’est aussi à lui que nous devons en partie la réactualisation de la célèbre sentence : « Quand la guerre est déclarée, la vérité est la première des victimes », proclamée auparavant en 1917 par le sénateur américain Hiram Johnson.


Célèbre affaire de désinformation dite des couveuses.

Ce décalogue du parfait menteur pour certains ou du communicant réaliste et efficace pour d’autres peut servir de grille d’analyse simple dans de nombreux cas. Il serait surement utile pour l’allié Charles Bwele, actuel pourfendeur de mensonges (merci de m'avoir donné de l'inspiration pour le sujet du billet!).

jeudi 2 septembre 2010

De la liberté de ton de l'autre côté de l'Atlantique

Ayant fait moins de bruit que « l’affaire » Desportes (lire à ce sujet l’excellente analyse de ce bon vieux Carl, intemporel auteur caustique à succès du mensuel DSI), le récent retour à la maison d’un colonel réserviste américain permet de relativiser de nombreux propos entendus à ce moment là.

Le colonel Lawrence Sellin n’a pas critiqué lui l’attitude renfermée des USA, le plus grand actionnaire de la coalition internationale en Afghanistan qui a donc une voix au chapitre en conséquence et qui prête une oreille peu attentive aux appels des petits porteurs (comprendre les Autres qui n’ont pas la masse critique pour peser).

Ce réserviste, qui en était à son deuxième tour en Afghanistan et qui est diplômé d’un PhD, a critiqué la manière dont agit l’IJC (ISAF Joint Command), une xième structure créée il y a un an et commandée par une général américain triplement étoilé. Elle a la charge avec une équipe, à l'origine réduite mais qui enfle de plus en plus, de gérer l’ensemble des opérations au quotidien (dans un créneau de 12 à 24h).

Ces critiques (voir les propos en question) sont hélas symptomatiques de maux visibles dans d’autres état-major. L’usage jusqu’à la nausée du PPT (se remémorer le bol de nouilles censé simplifier la compréhension de la situation), leur préparation devient l’activité structurante des rats d’état-major, le message doit correspondre aux attendus, les rapports sont routiniers et redondants, etc.

Alors aux États-Unis, les militaires ont-ils réellement l’opportunité de pouvoir critiquer le Système sans risque sur le fond ou la forme ? Est-ce réellement un modèle pour notre bonne dictature franchouillarde de la pensée stratégique unique ? Si Gentille et consorts existent encore, ne seraient ce pas parce qu'ils ne sont pas réellement à contre-courant ?

L'affaire a plus fait parler d'elle sur les blogs anglophones qu'en France, of course. Lire donc à ce sujet les analyses de Ghosts of Alexander (qui est de retour) ici ou .

mercredi 1 septembre 2010

Citation 19


Les choses ont-elles tant changé depuis 250 ans et les régiments étrangers au service d'une Nation ?
Le soldat étranger vaut trois soldats à lui seul: un enlevé à l’ennemi, un gagné pour l’armée française, un Français épargné qui peut réserver ses forces à un avenir productif.

Par le duc Étienne-François de Choiseul, secrétaire d'État aux Affaires Étrangères puis secrétaire d'État à la Guerre et à la Marine de Louis XV.

mardi 31 août 2010

Embrigadement via les jeux vidéos

Arrivant à la fumée des cierges, je n’ai pas la possibilité de rédiger de grandes digressions sur le thème d’août de l’Alliance Géostratégique : Jeux Stratégiques. Je me contenterais donc de quelques remarques sur les jeux vidéos développés par ou pour certains mouvements islamiques du Proche-Orient.

Le Hezbollah (ainsi que d’autres organisations palestiniennes se présentant comme « pacifistes ») ont régulièrement recours au support qu’est le jeu vidéo, conscients que par ce canal, ils peuvent atteindre efficacement leurs cibles : avant tout la jeunesse, l’opinion locale plus généralement, leurs soutiens extérieurs par ricochets.

Après la guerre de Juillet en 2006, le Hezbollah diffuse dans ses boutiques et au Musée de la Résistance : Special Force 2: Tale of the Truthful Pledge (fiche wiki). Comme dans le 1er volet de ce First-Personn Shooter islamique, le joueur incarne un milicien qui combat les troupes israéliennes dans un univers reproduisant les environs de Bint Jbeil. Version FR dispo sur place...

Développés quelques années avant par une entreprise syrienne (tous liens hâtifs avec certains mouvements étant à proscrire...), Under Hash et Under Siege ont pour scénario la vie d'une famille palestinienne. Le joueur doit se méfier des traîtres renseignant les services secrets israéliens, prendre conseil auprès des anciens résistants et surtout ventiler des postes israéliens.

Ainsi, les conflits contemporains ne sont pas seulement des sources d’inspiration sans fin pour des scénaristes jamais apolitiques. Pour certains mouvements politiques, ils sont des moyens efficaces dans le cadre d'un storytelling des événements et de l'éclairage des masses en particulier infantiles, creuset de recrutement des futurs membres. Entre propagande et défense de SA vérité, la frontière n'est jamais loin...

Lire aussi : Digital Intifada par Vit Sisler, chercheur à l'université Charles de Prague dont les analyses sur l'Islam vu à travers les nouveaux médias méritent le détour.

Remise sur les rails

De retour de vacances, je suis frais et dispo pour redémarrer progressivement mes activités sur Mars Attaque. Reprenant les études cette année, je ne connais pas à l'avance le temps dont je disposerais pour la rédaction de courtes "attaques de Mars" mais je tâcherais de garder un rythme correct.

Durant ces deux mois d'absence, j'ai raté plusieurs événements marquants des papiers Wikileaks, au départ agité du Gal Desportes, en passant par le rappel à nos bons souvenirs d'AQMI, le départ d'Afghanistan des Néerlandais, etc. Heureusement toute la blogosphère stratégique n'était pas en vacances...

De plus, j'ai remis à jour mon blog : ajout de nouveaux liens dans ma blogliste, réponse aux commentaires abandonnés (ici ou ), nouvelle présentation (envie de changement et d'une plus grande aération) et de nouvelles pages en haut à droite. J'attends les critiques éventuelles sur la nouvelle version.

lundi 16 août 2010

Lecture de l'été - Gagner les coeurs et les esprits

Le Centre de Doctrine et d'Emploi des Forces a récemment publié une analyse critique du mantra bien connu "gagner les coeurs et les esprits". Volet français, d'un débat qui a déjà pris de l'ampleur de l'autre côté de l'Atlantique...

Interrogeant le concept, son origine, son emploi, la manière de le mettre en place en Afghanistan, l'auteur s'attache à décortiquer cette expression souvent plaquée à tort et à travers sur de nombreuses situations.

samedi 14 août 2010

Lecture d'été - La coopération civile en Afghanistan

L'IFRI, toujours très bonne boîte française de recherche, a mis en ligne le numéro d'août de ses Focus Stratégique. Il est consacré, à la souvent citée mais rarement comprise, coopération civile sur le théâtre afghan.


Il est rédigé par Amaury de Féligonde, ancien chef de projet Kapisa et Surobi au sein de la cellule interministérielle Af/Pak. S'intéressant à une micro partie de l'Afghanistan, l'étude a le mérite de soulever des problématiques pertinentes pouvant être néanmoins facilement transposées.

lundi 9 août 2010

Lecture d'été - La Bundeswher en Afghanistan

Souvent moquée, critiquée, sous les feux des projecteurs, l'armée allemande est pourtant bien présente en Afghanistan dans le Nord du pays, zone pas toujours très calme...


L'IFRI publie en Français une courte note d'analyse sur l'action méconnue de cet important contingent qui s'est musclé avec le temps. L'oeuvre de Markus Kaim est à lire pour combler un manque de connaissances sur ce sujet de ce côté du Rhin...