
Toujours durant ces 6 mois de présence il est fait mention régulièrement de l’avantage apporté par une supériorité aérienne non remise en cause des forces de la Coalition : EVASAN en hélicoptères pour les blessés militaires ou civils (« l'élément santé extrait puis achemine le blessé en direction de la FOB de Tagab en vue de son évacuation héliportée »), aérotransport intérieur lors de mouvements de troupes ou soutien aérien pour le combat aéroterrestre : « rapidement une patrouille de chasseurs A10 ainsi qu'un C130 Gunship sont appelés à la rescousse et participent à la riposte en pilonnant la montagne qui surplombe la FOB. Spectacle lumineux et impressionnant… ». C’est ainsi que sans ennemi en l’air, l’intégralité des moyens aériens est au service des forces au sol. L’absence de moyens type MANPAD à très grande échelle (malgré les précautions à prendre face aux roquettes pour les hélicoptères principalement) permet encore de conserver un avantage certain (malgré aussi les contraintes physiques dues à la chaleur et aux reliefs demandant des moteurs puissants). Néanmoins la simple action de feu se termine bien souvent par l’appel grâce aux TACP des moyens aériens. Mais hélas la théorie voulant que l’on puisse réduire une entité ennemie simplement par l’action de l’aviation a été démenti. Il faut des victoires terrestres avec une présence visible et physique sur le terrain pour contrôler une zone. La Coalition ne se repose t’elle pas trop sur sa supériorité aérienne ? En sachant que la problématique des pertes collatérales nuisible pour la vision positive de la Coalition n’est pas abordée.
Gagner les cœurs ou repousser les Taliban.

La priorité contrainte est évidemment donnée à la riposte et lorsqu’on a un peu de temps on pense alors aux civils. C’est au moins l’impression qui est donnée surtout qu’une stricte différenciation est donnée entre le travail des unités de combat et celles de contacts au sein de la Coopération Civilo-Militaire. Chaque action offensive des Taliban nécessite, en plus des actions offensives programmées de la Coalition, une riposte : « Lundi 17 mars, une section de l'ANA et une équipe de la 3ème compagnie sont misent en place sur un piton pour observer les contre-pentes opposés et la vallée de laquelle les coups de mortiers et les roquettes semblent partir ». C’est un conflit sans front, quoique certaines vallée sont des zones délaissées tenues complètement par les Taliban formant des poches (ou sanctuaires) : « L'arrivée au bâtiment du chef de district marque une réelle victoire, aucune force de la coalition n'avait jamais atteint ce point depuis près de cinq ans ». C’est ainsi que « Rapidement monté, un assaut est donné sur les insurgés qui se voient repoussé dans la vallée. L'assaut s'arrête faute d'ennemis. ». La fuite lorsqu’ils se sentent en infériorité est une des caractéristiques de la guérilla. Mais l’efficacité de l’action de repousser seulement les Taliban est insuffisante car c’est alors un temps de remise en condition, de fortification et de réorganisation pour ces derniers. L’avancée tactique sans remise en cause se fait définitivement (mais pas uniquement: la population étant l'enjeu) par la mise hors d'état de nuire des éléments armées adverses.

Sur la communication, j'avais déjà pris le temps d'émettre quelques analyses
Plus facile à dire qu'à faire, je le reconnais, mais comme le disait la célèbre devise des parachutistes de la France Libre dont leurs parcours au moins militaire et leurs faits d'armes ont montré la portée de l'application: "Qui ose vaincra!".





Entre des informations non exclusives, ou sorties prématurément, et des explications complexes à saisir, les confusions ne manquaient pas entrainant les débats que l’on connait, entre Le Monde et Le Figaro pour ne pas les citer sur le déroulé exact : par exemple, les morts sont issues d’une compagnie du 8ème RPIMa qui faisait partie de la TF 700 arrivée depuis peu ou d’une compagnie du « 8 » toujours, arrivée depuis la prise sous commandement français de la zone de Kaboul (la vérité)? RCC ou GTIA de Kapisa ? Nuance de poids pour ne pas immédiatement donner du grain à moudre pour les reproches… Sans carte, ni photo-satellite, ni croquis de l’embuscade, avec ses deux mains, le CEMA patauge. Et ne donnant rien de très nouveau se permet de lâcher quelques vérités qui hélas ne font que renforcer des mauvaises impressions lorsqu’il annonce que les talibans font preuve « d'une certaine capacité à manœuvrer et ne manquent pas de munitions"… Les planificateurs passent alors pour des doux rigolos avec des scoops comme ça en fin de phrase !!! Ce n’est pas une nouveauté, mais on a l’impression que l’EMA le découvre après tout le monde, alors même qu’un renouveau taliban depuis la fin d’une « trêve » hivernale est annoncé par tous.





